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Vers l’amélioration sensible des performances économiques Version imprimable
28-10-2013
Le climat des affaires, les enjeux futurs de l'économie nigérienne, dont les soubresauts balbutiants de l'industrialisation polarisent le devenir de la sous-région, ont été passés au peigne fin par Sérigne Mbacké Sougou, représentant résident de la Commission de l'Uemoa au Niger. Décryptage.
 
Les Afriques : Le Niger dans l’Uemoa, quels défis, opportunités, et perspectives ?
 
Sérigne Mbacké Sougou : L’histoire du Niger est étroitement liée à celle des ensembles sous-régionaux et régionaux construits en Afrique pour favoriser l’intégration des peuples et la promotion du développement économique. C’est dire que ce pays qui figure parmi les fondateurs de plusieurs organisations et institutions d’intégration en Afrique dont l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) a compris très tôt la nécessité pour les Etats africains, en particulier ceux de l’espace ouest africain, d’unir leurs forces dans la quête du bien-être des populations.
 
Au demeurant, l’intégration économique à travers un espace aussi homogène que celui formé par l’Uemoa constitue une formidable opportunité pour le Niger. Il s’agit seulement de relever certains défis pour assurer au pays des perspectives radieuses.
 
LA : Quid des potentialités du Niger et les opportunités du marché régional de l’Uemoa ?
 
S.M.S. : Les richesses naturelles dont dispose le Niger, notamment en ce qui concerne des produits de base stratégiques comme le pétrole, l’uranium, le fer et le charbon, confèrent au pays un potentiel de production important, qui dans le contexte du marché commun de l’Uemoa constitué de près de 100 millions de consommateurs, est un atout majeur.
 
La croissance moyenne de 7% enregistré par l’économie du Niger au cours de ces trois dernières années dont (11%) en 2012 a été essentiellement tirée par les secteurs des mines et du pétrole même si la bonne campagne agricole en 2012 est notable. La mise en oeuvre de grands projets hydroagricoles comme ceux du barrage de Kandaji, ou des aménagements de forages et de bas fonds, ainsi que les infrastructures de transports, à savoir la Boucle ferroviaire les routes et ponts prévus au Programme Economique Régional (PER) de l’Uemoa, permettra sans doute au Niger d’améliorer sensiblement ses performances économiques et le bien- être des populations.
 
Les réformes, réalisées au sein de l’Uemoa, en vue de la libéralisation des échanges, de la suppression des barrières non tarifaires et des distorsions de concurrence ainsi que de l’application effective du droit d’établissement offrent l’opportunité au Niger d’inverser la tendance de sa balance commerciale vis-à-vis des autres pays de l’Uemoa. L’amélioration de la gouvernance économique et financière qui a permis au Niger de respecter en 2012, six (06) des huit (08) critères de convergence dont quatre (04) de premier rang est un élément appréciable dans l’amélioration de la coopération du pays avec les Partenaires Techniques et Financiers. Aussi, l’engagement de la Communauté des bailleurs à soutenir le Plan de Développement Economique et Social (PDES) du Niger est le signe de la confiance dont jouit le pays et constitue un gage certain pour l’attraction des investissements directs étrangers.
 
LA : Quels sont, selon-vous, les défis à relever dans la perspective de l’émergence économique ?
 
S.M.S. : Pour tirer profit durablement des atouts évoqués ci-dessus et se placer sur la voie de l’émergence, trois défis devraient être relevés, à savoir l’exploitation efficace du potentiel de ressources naturelles et l’aménagement du territoire autour de pôles économiques, la réalisation d’infrastructures économiques et sociales et la poursuite des réformes de gouvernance économique et financière. La mise en valeur des nombreuses ressources, dont est doté le Niger et qui sont réparties dans les différentes régions, favoriserait la création de grandes agglomérations. Celles-ci pourraient être reliées entre elles par des infrastructures de qualité, articulées à une organisation sociale et économique basée sur les potentialités nées de l’exploitation des ressources naturelles de chacune des zones concernées. La croissance de l’économie nigérienne pour 2013 est projetée à 6,4%, au- dessus du taux moyen attendu pour l’Afrique subsaharienne (5,6%). La transposition des directives communautaires en matière de finances publiques amorcée en 2012 et la poursuite des réformes en vue du renforcement des capacités des administrations en passation de marché public devraient conduire à une amélioration des taux d’absorption des crédits et des financements mis à la disposition du Niger.
 
LA : Comment voyez-vous l’avenir du pays ?
 
S.M.S. : Au total l’espoir est permis quant aux perspectives de l’économie nigérienne sur la période du PDES (2012-2015) et au-delà eu égard aux potentialités et à la détermination des autorités à réaliser les réformes macroéconomiques nécessaires.
 
Propos recueillis par I.A.
 
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