Cameroun : le patronat dénonce la pression fiscale Version imprimable
31-10-2008

Le patronat camerounais vient d’adresser un mémorandum au gouvernement dans lequel il préconise une réforme profonde de l’administration fiscale pour réduire les impôts et relancer l’investissement.

Par Achille Mbog Pibasso, Douala

 

La relance de la production et le maintien d’une croissance soutenue au Cameroun passent par la promotion de l’investissement privé. Malgré une embellie observée depuis quelques temps avec le retour à la croissance et une inflation maîtrisée, les milieux d’affaires pensent qu’il ne pourrait s’agir que d’une embellie de courte durée en raison notamment d’une pression fiscale oppressante de nature à décourager l’investissement privé.

Débusquer des opérateurs qui échappent jusque-là au contrôle de l’administration fiscale, et qui, à terme, pourrait déboucher à la réduction des taxes sans pour autant déséquilibrer les recettes de l’Etat.

Le Groupement patronal du Cameroun (GICAM), la plus importante organisation d‘employeurs privés du pays, avec plus d’un demi-millier d’entreprises, vient d’adresser un mémorandum au gouvernement, où il préconise la réforme de l’administration fiscale, et réclame la réduction des impôts dans la prochaine loi des finances. La baisse des impôts devrait permettre de stimuler l’investissement et d’augmenter la croissance. Le patronat, qui n’est pas à sa première proposition du genre, n’a jusque-là pas encore réussi à atteindre les objectifs escomptés. Au cours d’une rencontre, le 4 octobre dernier, avec la direction générale des impôts (DGI), sur « les réalités et enjeux de la fiscalité et de la parafiscalité au Cameroun », le patronat, qui a réitéré cette demande, dit avoir dénombré près d’une dizaine d’impôts et taxes à problèmes. Ces taxes devraient être purement et simplement supprimées pour les unes, tandis que d’autres méritent une profonde réforme, dans l’optique de les adapter au contexte économique actuel.

 

Impôts à problèmes

Les taxes à problèmes, les plus représentatives d’après le patronat, sont, entre autres, la patente, l’impôt sur le revenu des capitaux immobiliers (IRCM), la taxe spéciale sur les revenus (TSR), la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), les droits d’enregistrements, les contributions à la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), et des impôts sur la fiscalité spécifique et des impôts locaux. Le GICAM en vient donc à conclure que « l’environnement fiscal reste trop pesant pour la promotion de l’investissement et des affaires et toutes les promesses du gouvernement de réduire les impôts restent et demeurent des bonnes intentions ». Conséquence, la situation se complique davantage pour les entreprises, d’autant que « seuls les contribuables identifiés du secteur formel supportent une charge fiscale dont la tendance est malheureusement à l’augmentation ». Le patronat espère que ces propositions seront prises en compte par le gouvernement et qu’elles feront l’objet d’une étude au mois de novembre prochain lors de la session de l’Assemblée nationale, essentiellement consacrée à l’adoption du budget, et que, naturellement, la réduction des impôts sera effective, dès le démarrage le 1er janvier 2009. Il s’agit d’une « nécessité pour une économie compétitive », a conclu le patronat, car c’est « la seule condition pour relancer l’investissement et espérer une croissance soutenue ». Sur un budget total de 1275 milliards de francs CFA en 2008, la part des impôts se situe autour de 700 milliards de francs CFA. Malgré cette place prépondérante dévolue au fisc pour le renflouement des caisses de l’Etat, l’administration fiscale a dit comprendre les préoccupations des contribuables, raison pour laquelle elle vient de lancer un vaste programme national visant à détecter des « ruches d’impôts » et d’élargir l’assiette fiscale. Une stratégie qui devrait permettre de débusquer des opérateurs qui échappent jusque-là au contrôle de l’administration fiscale, et qui, à terme, pourrait déboucher à la réduction des taxes sans pour autant déséquilibrer les recettes de l’Etat.

 
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