Colonel Mangly : la crise ivoirienne n’a pas affecté la Douane Version imprimable
27-06-2008

En poste depuis quelques mois, le nouveau directeur général des Douanes ivoiriennes, le colonel Mangly Alphonse, estime que la crise politique n’a pas affecté son service.

Propos recueillis par Mamadou Lamine Diatta, Dakar

Les Afriques : Comment se portent aujourd’hui les douanes ivoiriennes ?
Colonel Mangly Alphonse : Vous savez, j’ai été nommé le 31 mars dernier à la tête des Douanes ivoiriennes. Je peux vous affirmer d’ores et déjà que nous avons des douanes suffisamment modernisées et mon prédécesseur a fait un travail remarquable. Il s’agit pour nous de conserver les acquis et de les améliorer. En 2007, nous avons fait au moins 800 milliards FCFA de recettes (environ 1,2 milliard d’euros). Aujourd’hui, on veut continuer sur cette lancée car notre système informatique est très performant. Nous l’exportons même dans toute l’Afrique, même si beaucoup de choses restent à faire. Outre cette phase accélérée de modernisation, il nous faut insister sur la réorganisation des ressources humaines, parce que tout part des hommes et tout se termine par eux. Les machines ne sont qu’au service des hommes. C’est pourquoi le volet renforcement des capacités sera au cœur de notre combat. Nos Etats, qui sont déjà en difficulté, ont besoin de l’assistance de tous les services. Nous avons des industries qui s’installent et il faut donc faire leur promotion en leur donnant les moyens d’évoluer, d’être compétitives tout en préservant les intérêts de nos Etats. Ensuite, les Douanes ivoiriennes vont accentuer leur politique de lutte contre la fraude sous toutes ses formes pour que l’Etat dispose de recettes conséquentes.

LA : Face à la crise alimentaire mondiale, avez-vous réduit vos droits de port sur les denrées alimentaires importées ?
MA : Cette crise, nous ne la maîtrisons pas. Elle est internationale. Par conséquent, nous ne pouvons pas réduire les droits de port du jour au lendemain. Cependant, la Côte d’Ivoire essaie de s’adapter à cette crise en réduisant les taxes sur les prix des produits de première nécessité. Cela nous a d’ailleurs occasionné un manque à gagner de près de 14 millions d’euros sur les trois derniers mois. Nous sommes en train de réfléchir pour aboutir à des mesures plus générales et étalées sur une période beaucoup plus longue.

LA : La Côte d’Ivoire est affectée par une sévère crise politique qui a conduit à sa partition. Comment cette situation s’est-elle répercutée sur la Douane ?
MA : Il n’y a pas eu d’impact négatif comme on pouvait le craindre. C’est pendant cette crise que nous avons réalisé nos meilleures performances. Il faut comprendre que pendant les guerres les hommes se surpassent, font preuve de plus d’imagination et réfléchissent beaucoup plus pour trouver des solutions à leurs problèmes. C’est ce que nous avons fait.

Pendant les guerres les hommes se surpassent, font preuve de plus d’imagination et réfléchissent beaucoup plus pour trouver des solutions à leurs problèmes. C’est ce que nous avons fait.
Actuellement nous sommes en plein dans une phase de pacification du pays et nous continuons de travailler. Il nous reste juste à assurer la sécurisation des frontières. Le travail principal des douanes au niveau des postes frontaliers, c’est la surveillance. Nous sommes en train de redéployer nos éléments dans les zones nord, centre et ouest du pays. Et dans ce cadre précis, l’apport de l’Organisation mondiale des douanes (OMD) ne sera pas de trop. L’OMD est, il faut le dire, très importante pour nos pays en développement. Elle nous apporte toute la base juridique du travail que nous abattons au quotidien.
S’agissant des recettes, nos principaux pourvoyeurs sont le Port autonome d’Abidjan et le Port de San Pédro, qui fournissent 90% de nos rentrées. Tant qu’ils continuent d’être performants, nos recettes resteront bonnes.

 
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