D’ouest en est, les douanes africaines dans tous leurs états Version imprimable
12-09-2008

Baisse des recettes au Cameroun, fraude et contrebande en Afrique de l’Est, mais belle performance au Sénégal. Les douanes africaines ont décidément des fortunes diverses.

Par Aliou Diongue, Dakar

Les recettes douanières au Sénégal ont franchi le cap des 200 milliards de FCFA (306 millions d’euros) au cours du premier semestre 2008. Cette performance a été réalisée par deux postes de douane du Port autonome de Dakar qui font 1 milliard de FCFA de recettes par jour.

15% de baisse
L’administration des douanes du Cameroun n’a pas eu la baraka de son homologue sénégalaise. Bien au contraire. Elle pourrait en effet enregistrer cette année un manque à gagner de 46 milliards de FCFA. Perte d’autant plus lourde que la douane camerounaise doit contribuer en moyenne pour 435 milliards de FCFA au budget du pays qui est de 1275 milliards de FCFA. Cette perte serait imputable à la suppression, en mars, des droits de douane sur certains produits de grande consommation pour atténuer l’effet de la flambée des prix des produits alimentaires.
Il faut également rappeler qu’en 2006 la contrebande et les fraudes douanières ont entraîné pour les entreprises camerounaises une perte de chiffre d’affaires estimée à 57,9 milliards de FCFA, la suppression de 551 emplois directs et un manque à gagner pour l’Etat d’environ 10,13 milliards de FCFA. Les secteurs les plus touchés ont été le sucre, avec des méventes de l’ordre de 11%, le textile, avec une baisse de production de 50%, le ciment et la farine. Ces deux phénomènes sont considérés comme un véritable boulet pour l’économie camerounaise, à côté de la corruption et du harcèlement fiscal. Cette même année, les douanes occupaient en effet le premier rang des secteurs ou services les plus corrompus, selon une étude réalisée auprès des entreprises par l’ONG Transparency International.

Système décloisonné
Plus à l’est du continent, des transactions non déclarées, d’une valeur estimée à 14 milliards FCFA (31,6 millions de dollars), ont lieu dans les villes frontalières de l’Afrique orientale, selon une étude réalisée par le Conseil des affaires de l’Afrique de l’Est (EABC) et publiée le 11 août. Ce manque à gagner est sans doute l’une des raisons qui ont poussé la Communauté est-africaine (EAC) à envisager de mettre en place un système d’échanges « décloisonné » qui permettrait de dédouaner toutes les importations et exportations en un seul point.
L’objectif final est de renforcer la mise en œuvre de l’union douanière. La Banque africaine de développement (BAD) a mis à la disposition de l’EAC une somme de 1,55 millliard de FCFA (3,5 millions de dollars américains) pour financer les études nécessaires à la création d’un système central de dédouanement pour les cinq pays membres de l’EAC (Burundi, Kenya, Ouganda, Rwanda et Tanzanie).

La solution à ces problèmes de fraude et de contrebande pourrait venir de la mise en place de marchés communs et d’unions douanières.

Marché commun
Ces pays sont confrontés à « des difficultés de recouvrement des taxes ». S’il est mis en place, le système envisagé permettra que toutes les marchandises dédouanées dans un port soient acceptées dans tous les pays membres de l’EAC. La solution à ces problèmes de fraude, de contrebande et de baisse des droits de douane pourrait venir, selon plusieurs responsables des questions d’intégration, de la mise en place de marchés communs et d’unions douanières.

* 1 dollar américain = 442,70 FCFA

 
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