Le Mali veut devenir un « top reformer » Version imprimable
11-02-2009

Mécontent de son classement Doing business 2009, le Mali va mettre les bouchées doubles pour être parmi les « top reformer » en 2010.

Par Hance Guèye, Dakar

 

Le Mali se mobilise pour figurer en meilleure place dans le prochain classement de Doing business. Le Ministère de l’économie, de l’industrie et du commerce a organisé à cet effet un atelier du 12 au 14 janvier derniers.

La concertation entre le gouvernement et le secteur privé s’est conclue par plusieurs recommandations. L’institution d’un passeport de transparence pour les entreprises, la large implication du secteur privé, des ordres professionnels dans l’identification des goulots d’étranglement et des propositions de solutions, l’activation du Numéro d’identification nationale (NINA) et le guichet unique de création d’entreprises au premier trimestre 2009.

 

En recul

Selon le rapport Doing Business, le pays a reculé de plusieurs rangs sur huit indicateurs : la création d’entreprises (-10), l’octroi de permis de construire (-2), l’embauche des travailleurs (-1), le transfert de propriété (1), l’obtention de prêts (-4), la protection des investisseurs (-2), le paiement des impôts (-6) et la fermeture d’entreprises (-4). La réforme sur l’étude d’impact environnemental a été jugée négative.

Selon les autorités, plusieurs réformes déjà effectives sont ignorées par le rapport qui n’a comptabilisé que la réforme sur le commerce transfrontalier.

Seul le commerce transfrontalier a trouvé grâce dans le rapport. Le pays y a gagné deux places. Mais il stagne en ce qui concerne l’exécution des contrats. La 158e place est conservée.

 

Classement contesté

Ce classement est contesté par le Mali. Selon les autorités, plusieurs réformes déjà effectives sont ignorées par le rapport qui n’a comptabilisé que la réforme sur le commerce transfrontalier. Le gouvernement relève que le délai d’obtention du permis de construire a été ramené de 39 à 19 jours, que la patente est supprimée pour la première année de création d’une entreprise, que le délai de dédouanement a été réduit dans une proportion toutefois non précisée, que le droit d’enregistrement a été ramené de 15% à 7%.

La position malienne a toutefois été contestée par la SFI. Sylvia Solf indique que toutes ces réformes ont bien été prises en compte, prenant en exemple la création des entreprises. « Deux procédures suffisent pour créer une entreprise. Ce qui n’est pas le cas au Mali. »

Le Ministère de l’économie met en cause la diffusion de l’information. Il va donc axer ses efforts également sur la diffusion des informations et la formation des ressources humaines. Une campagne va être menée à cette fin. Toutes ces réformes doivent être bien connues des opérateurs et de l’administration pour être prises en compte par le prochain rapport, dont la collecte des informations aura lieu en juin prochain.

L’enjeu est important pour le Mali. Son plan de développement est axé sur une stratégie de croissance accélérée avec cinq objectifs prioritaires, dont notamment la promotion du secteur privé qui suppose l’amélioration du climat des affaires. L’ensemble des pays en développement sont lancés dans une compétition serrée pour attirer les investissements directs étrangers. Chacun se doit donc de rendre la mariée aussi belle que possible. Mais il ne suffit plus qu’elle soit belle. Elle doit aussi se faire voir.

 
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