Les importateurs dénoncent l’obligation de dédouaner au Port d’Abidjan Version imprimable
28-01-2009

La décision des Douanes ivoiriennes d’interdire les importations par voie terrestre de marchandises non originaires de la CEDEAO suscite une large réprobation des importateurs.

Par Hance Guèye, Dakar

 

La direction des Douanes de Côte d’Ivoire soulève un tollé des importateurs à la suite de sa décision de dédouaner exclusivement au Port d’Abidjan les marchandises non originaires de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, CEDEAO.

La mesure a été prise en réaction contre la perte de trafic du Port d’Abidjan. Les importateurs jugeant les procédures au Port d’Abidjan coûteuses, tatillonnes et longues, ont commencé à importer via les ports de pays limitrophes, Togo, Bénin, Ghana, et ensuite à acheminer les marchandises par la route.

Le président de la Fédération nationale des industries et services de Côte d’Ivoire (FNISCI), Joseph Désiré Biley, notait déjà en mai 2007 « de graves dysfonctionnements dans les contrôles par scanner des marchandises conteneurisées au Port d’Abidjan ». Les opérateurs économiques accusaient les agents du scanner de retarder volontairement le travail à des fins de racket. Au lieu de faciliter les formalités, le scanner devenait le principal obstacle à l’accomplissement des formalités d’importation des marchandises.

La Fédération nationale des commerçants de Côte d’Ivoire, FENACCI, vient de se joindre au concert de récriminations. Elle dénonce violemment l’interdiction des importations des marchandises non originaires de la CEDEAO par les frontières terrestres.

Dans un communiqué de presse, la FENACI estime que « du point de vue du droit, le dédouanement forcément au port n’a pas de sens quand la marchandise provient d’un pays frontalier avec un axe routier répondant aux normes de la circulation sécurisée et doté d’un poste douanier frontalier ».

Le premier vice-président, Farikou Soumahoro, demande si les douaniers exerçant dans ces zones frontalières ne sont pas assermentés à dédouaner les marchandises et pourquoi les commerçants sont « les plus rackettés, les plus traqués ».

Pour le leader syndical, il n’y a pas d’argument juridique qui fonde la décision des Douanes. « Il s’agit purement et simplement d’un abus. »

La FENACI exige en conséquence la levée immédiate de la mesure et entend, si son appel « n’est pas entendu et suivi de réformes adéquates », mener « des actions concrètes ».

(reprise de l'article du journal numéro 58 du 15 janvier 2009 au 21 janvier 2009)

 
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