«Nous faisons 1,5 million d’euros de recettes par jour» Version imprimable
17-07-2008

L’interconnexion des réseaux informatiques des douanes de la CEMAC est une perspective heureuse pour la directrice générale des Douanes du Cameroun, Minette Libom Li Likeng. Entretien.

La directrice générale des Douanes du Cameroun, Minette Libom Li Likeng

Propos recueillis par Mamadou Lamine Diatta, Dakar

Les Afriques : Comment se portent les douanes camerounaises ?
Minette Libom Li Likeng : Nos douanes se portent bien et font de bonnes recettes. Nous en sommes d’ailleurs à des résultats d’un million et demi d’euros de recettes par jour et nous voulons atteindre les 3 millions d’euros par jour. Pour cette année 2008, nous avons des objectifs globaux de 664 millions d’euros, que nous comptons atteindre malgré les récentes mesures à caractère social prises pour juguler les impacts négatifs de la crise alimentaire mondiale.

LA : Justement, comment vos douanes se sont-elles adaptées à la crise alimentaire mondiale ?
MLLL : Comme vous le savez, le Cameroun n’est pas épargné. Le chef de l’Etat Paul Biya a pris des mesures d’urgence en défiscalisant les produits de première nécessité, et cela se répercute sur les recettes douanières puisqu’on a constaté un manque à gagner d’environ 7,6 millions d’euros par mois depuis quelque temps. Au delà de cet aspect, il faut que nos pays produisent ce que nos populations consomment. D’autre part, il urge de relancer la croissance par le travail, qui est un facteur de création de richesses au lieu de dépendre toujours des aléas du marché international. Cette crise, on ne l’a vraiment pas vue venir. Le Sénégal peut cultiver le riz qu’il consomme, comme nous, les Camerounais, pouvons bien changer nos habitudes alimentaires en consommant le manioc au petit-déjeuner. C’est vrai qu’il faut que nos Etats mènent des campagnes de sensibilisation et d’explication parce que nos consommateurs ont des habitudes alimentaires introduites par le colonisateur, avec notamment le pain ou le lait, alors que le manioc est aussi nourrissant que le pain, sans compter les produits dérivés comme l’amidon.

Nos consommateurs ont des habitudes alimentaires introduites par le colonisateur, avec notamment le pain ou le lait, alors que le manioc est tout aussi nourrissant.

LA : Où en est le Cameroun dans le processus d’interconnexion des douanes africaines ?
MLLL : Les interconnexions du système informatique sont en cours. C’est une préoccupation majeure, du moins pour les pays de la CEMAC, d’autant plus qu’on utilise le même système informatique. Cette interconnexion va faciliter le suivi des cargaisons, particulièrement pour le Cameroun, un pays ouvert sur la mer et qui doit gérer le transit des marchandises à destination des pays de l’hinterland. A travers l’interconnexion, on saura si la marchandise a été prise en charge d’un bout à l’autre. Le projet est bien engagé. Une réunion de mise à niveau a déjà été tenue. Chaque pays de la communauté s’organise.

 
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