Pots-de-vin : classement défavorable aux pays émergents Version imprimable
06-01-2009

Les entreprises de la Russie, de la Chine, du Mexique et de l’Inde championnes des pots-de-vin. C’est le résultat d’une enquête menée auprès de plus de 2700 cadres et dirigeants de 26 pays différents.

D’après l’indice de corruption des pays exportateurs (ICPE) 2008 de Transparency International, le versement de pots-de-vin à l’étranger est une pratique courante pour les entreprises des puissances économiques émergentes comme la Chine, l’Inde et la Russie. Selon ce classement rendu public mi-décembre, les entreprises les moins susceptibles de corrompre sont belges et canadiennes, honorées respectivement des scores de 8,8 et de 10. Viennent ensuite celles des Pays-Bas et de la Suisse, troisièmes ex-æquo avec un score individuel de 8,7. La Russie clôture le tableau avec un score de 5,9, derrière la Chine (6,5), le Mexique (6,6) et l’Inde (6,8).

 

Le bonnet d’âne aux secteurs du bâtiment et de l’immobilier

L’enquête de l’ICPE est menée auprès de 2742 cadres dirigeants d’entreprises de 26 pays, développés et en voie de développement, sélectionnés en fonction du volume de leurs importations et des afflux d’investissements directs étrangers.

Les domaines où les acteurs s’adonnent le plus aux pots-de-vins sont le bâtiment et les travaux publics, l’immobilier, le pétrole et le gaz, l’industrie lourde et l’exploitation minière.

Des 19 secteurs spécifiques qui ont été balayés par les enquêteurs, il ressort que les domaines où les acteurs s’adonnent le plus aux pots-de-vins sont le bâtiment et les travaux publics, l’immobilier et la promotion immobilière, le pétrole et le gaz, l’industrie lourde et l’exploitation minière. A l’inverse, les secteurs les plus propres en termes de corruption sont l’informatique, la pêche, le secteur bancaire et financier.

Un second classement sectoriel s’intéresse spécifiquement aux versements occultes à de hauts fonctionnaires. Là aussi, le bâtiment et les travaux publics, le pétrole et le gaz, l’exploitation minière ainsi que l’immobilier s’illustrent comme les domaines dans lesquels les entreprises sont les plus susceptibles d’avoir recours à des paiements, légaux ou illégaux, en vue d’influencer l’Etat. Ce deuxième volet de l’enquête montre que le secteur bancaire et financier peut exercer une très forte pression sur les organismes de régulation, un résultat révélateur dans le contexte de la crise financière internationale actuelle.

Enfin, bien que la convention de l’OCDE sur la lutte contre la corruption ait été ratifiée par un grand nombre de pays, l’enquête révèle, par ailleurs, que peu d’acteurs semblent avoir connaissance du texte lui-même.

MBF

(reprise de l'article du journal numéro 57 du 18 décembre 2008 au 14 janvier 2009)

 

 
< Précédent   Suivant >
 
×
×
Votre Nom :
Votre Email :





×