Une dizaine de facteurs répertoriés par les entreprises comme freins à l’investissement Version imprimable
23-12-2008

A moins d’un mois de l’entrée en vigueur de la nouvelle loi de Finances, le climat des affaires au Cameroun n’est pas particulièrement fluide. De multiples goulots d’étranglements subsistent et entravent l’investissement public et privé, freinant ainsi la relance économique.

Par Achille Mbog Pibasso, Douala

 

Malgré le franchissement du point d’achèvement de l’initiative Pays pauvres très endettés (PPTE), en avril 2006, la relance économique peine toujours à retrouver ses marques, au point qu’on assiste plutôt à l’effritement du tissu industriel. Visiblement, le discours optimiste des autorités butte sur la réalité du terrain. L’étude menée conjointement par le Groupement inter-patronal du Cameroun (GICAM) et l’organisme allemand de développement GTZ, portant sur « la perception des entreprises sur le climat des investissements et des affaires au Cameroun » est implacable et dénombre pas moins d’une dizaine de griefs majeurs, et dont le facteur le plus limitant serait lié à la pression fiscale.

Le budget 2009, qui s’élève à 2231 milliards de francs CFA, a déjà reconduit les impôts et taxes en vigueur depuis deux ans.

Près de 90% des entreprises estiment que les impôts et autres taxes constituent des freins à l’essor économique du pays. Aussi, recommandent-elles une simplification des procédures administratives et un allègement de la fiscalité pour stimuler la consommation. Une attente difficile à satisfaire. Le budget 2009, qui s’élève à 2231 milliards de francs CFA, a déjà reconduit les impôts et taxes en vigueur depuis deux ans. C’est peut-être la raison pour laquelle le patronat préconise un élargissement de l’assiette afin que que tout le monde participe à l’effort du développement national.

 

Pari

En dehors des impôts, l’étude dénombre huit autres freins à l’essor économique du pays : la mauvaise gouvernance publique et la corruption, les difficultés de financement, le coût élevé et la rareté des facteurs de production, la concurrence déloyale, le faible pouvoir d’achat des consommateurs, l’insuffisance des infrastructures, le manque de personnel qualifié et les difficultés imputables à l’administration douanière. Tous ces facteurs ont empêché le risque global d’investissement de s’améliorer significativement ces trois dernières années. Conséquence, près de 60% des entreprises estiment qu’investir au Cameroun est un pari assez risqué. Le dernier classement du Doing business, où le Cameroun a perdu quelques places, est révélateur du chemin à parcourir pour gagner la confiance des investisseurs, notamment des étrangers.

L’étude préconise trois principales priorités pour inverser la tendance actuelle : l’amélioration de la gouvernance publique et la lutte contre la corruption, l’assouplissement en matière fiscale et la facilitation d’accès au financement.

(article du numéro 56 du 11 au 17 décembre 2008)

 
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