| Douanes sénégalaises : 40% de pertes de recettes avec les APE |
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Pertes de recettes douanières, démantèlement des industries, ralentissement de l’intégration. Les APE, une calamité pour les économies africaines selon le directeur des douanes sénégalaises.
Propos recueillis par Souleymane Niang, Dakar
Les Afriques : Quel pourrait être l’impact de l’éventuelle signature des APE ? Jean Jacques Armand Nanga : J’aborderai la question sous l’angle technique parce qu’il y a des aspects du débat qui dépassent le cadre et les fonctions de l’administration des douanes. Déjà que les échanges entre les pays et zones économiques africaines sont à un niveau très bas, les APE les annihileraient. L.A. : Quelles sont les autres conséquences à craindre de ces accords? J.J.A.N. : Au plan économique, on sait que chacune de ces parties de l’Afrique est en train de mettre en place un processus d’intégration. Si chacune discute séparément avec l’Union européenne, qu’adviendra-t-il du processus d’intégration de l’Afrique ? Assurément, il subirait un grave préjudice. Cela voudrait également dire que le commerce Sud-Sud subirait un grand tort. Déjà que les échanges entre les pays et zones économiques africaines sont à un niveau très bas, les APE les annihileraient.
L.A. : Les partisans des APE évoquent pourtant des avantages ? J.J.A.N. : Moi, je veux bien y croire. Mais ils nous disent qu’il y a des avantages parce que les produits européens reviendraient moins chers aux consommateurs africains. C’est normal s’il n’y a plus de droits de douane. Or pendant ce temps, il n’y a plus d’économie. Dans ces conditions, comment pourra-t-on acheter ces produits-là, même à moindre coût ? Que l’on ne nous dise pas qu’un accord comme les APE va accroître la compétitivité de nos produits, parce que les conditions structurelles actuelles de nos économies ne le permettent pas. L.A. : Que préconisez-vous pour régler ce problème ?J.J.A.N. : On nous a souvent reproché le fait que notre intégration est une intégration de marché et non une intégration par la production. Donc, il faut que nous réglions ce problème. Mais il faudrait qu’on nous en laisse le temps. Et de ce point de vue, je pense que le traitement spécial et différencié de l’OMC doit jouer. Peut-être n’avons-nous pas assez travaillé sur la question – parce que depuis l’an 2000 on savait que le 1er janvier 2008 on aurait les APE – mais qu’est-ce qui a changé dans la structure de nos économies ? On a réussi à attirer des investisseurs au Sénégal par exemple, mais on ne change pas la structure d’une économie en sept ans. |
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