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Algérie : le patronat réclame une révision de la démarche de mise à niveau des PME Version imprimable
21-12-2011

Annoncé par le gouvernement le 11 juillet 2010, le programme quinquennal 2010-2014 de mise à niveau des PME est destiné à « préparer les entreprises nationales à affronter la compétition internationale et à permettre la diversification de nos exportations ».

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Reda Hamiani, patron des patrons algériens.

L’Etat algérien, qui fixe un objectif de mise à niveau de 20 000 petites et moyennes entreprises durant la période 2010-2014, est disposé à « engager, à cette fin, plus de 380 milliards de dinars (plus de 5 milliards de dollars) de ressources publiques en concours directs et en bonification sur les intérêts des crédits bancaires. »

L’organisation patronale estime que « pour offrir les meilleures conditions de succès au nouveau programme, le nombre d’entreprises à cibler devrait se situer aux environs de 5000 ».

Après 18 mois de mise en œuvre, les résultats ne semblent pas au rendez-vous et, dans un document adressé au gouvernement de la principale organisation patronale du pays, le Forum des chefs d’entreprises (FCE) relève le peu d’engouement provoqué jusqu’ici par le programme. Il propose une révision de la démarche et met en garde contre la tentation de « faire du nombre ».

 

L’irréalisme des objectifs

Selon le FCE, le programme de mise à niveau des PME court le risque de connaître de sérieuses difficultés d’exécution : « Il nous paraît difficile, eu égard aux conditions qui président actuellement à la réalisation du programme de mise à niveau en cours et au chiffre pour le moins ambitieux de 20 000 entreprises, fixé comme objectif à atteindre en 2014, d’être au rendez-vous de cette échéance, alors que déjà on enregistre plus d’une année de retard dans la mise en œuvre, à moins de lancer des actions tous azimuts sans objectifs précis et sans rechercher l’efficacité qui en est attendue, ce qui évidemment n’est pas souhaitable. »

En avril dernier déjà, les patrons algériens s’étaient inquiété du peu de moyens techniques et humains dont dispose l’Agence chargée de piloter le programme et de l’irréalisme des objectifs qui lui étaient assignés. Des inquiétudes justifiées, puisque les bilans établis récemment font état d’à peine 400 entreprises intéressées et de seulement quelques dizaines d’actions mises en œuvre.

 

Une démarche plus qualitative

L’organisation patronale relève « les appréhensions perceptibles déjà chez beaucoup d’opérateurs économiques quant à l’efficacité attendue de ce programme, ce que vérifie d’ailleurs la faiblesse des adhésions enregistrées à ce jour ». Elle se dit « soucieuse de voir les moyens dégagés par l’Etat se traduire en un véritable plan de relance de l’entreprise algérienne » et souhaite « proposer des correctifs au programme préconisé, ainsi qu’au dispositif de mise en œuvre mis en place ».

En réalité, c’est une révision complète de la démarche et des objectifs que propose le FCE, qui insiste sur l’importance d’une approche plus qualitative que quantitative : « L’objectif premier d’une mise à niveau est de faire émerger des champions. La mise à niveau doit cibler des entreprises structurées et viables, elle ne doit pas donner la primauté au quantitatif au détriment du qualitatif. »

Selon le FCE, le nombre d’entreprises visées par le programme de l’Etat devrait être révisé en baisse au profit d’un meilleur ciblage. L’organisation patronale estime que « pour offrir les meilleures conditions de succès au nouveau programme, le nombre d’entreprises à cibler devrait se situer aux environs de 5000 ». Dans le même esprit, les critères d’éligibilité devraient en conséquence être révisés et exclure les entreprises de moins de dix salariés, dans le but d’éviter le « saupoudrage », tout en prenant en considération les demandes d’adhésion des entreprises de plus de 250 salariés, actuellement exclues des actions de mise à niveau.

Renforcer l’attractivité du programme

Plus resserré et plus ciblé, le programme se donnerait également les moyens de renforcer son attractivité et d’augmenter les ressources mises à la disposition des entreprises sélectionnées. Le FCE considère de ce point de vue que « le versement d’une avance (par exemple de 30%) sur les primes à payer pour la réalisation du plan de mise à niveau est un élément important dans le processus de motivation et d’adhésion des entreprises au programme ». Dans sa version actuelle le programme ne prévoit aucune avance, ce qui peut expliquer le succès très mitigé qu’il a remporté jusqu’ici.

Les propositions du FCE visent surtout à augmenter très sensiblement le niveau de l’aide apportée par l’Etat aux différentes actions de mise à niveau. Dans ce domaine, les patrons algériens dénoncent les « confusions et les amalgames » qui caractérisent le dispositif actuel et proposent de porter l’aide de l’Etat à 80% pour les diagnostics, 70% pour les investissements immatériels et 20 à 30% pour les achats d’équipements, tout en relevant significativement les plafonds concernant ces différentes actions. Pour donner une idée des révisions du dispositif proposé par le FCE, les plafonds d’investissements matériels éligibles à l’aide de l’Etat prévus par le dispositif actuel ne dépassent pas 30 millions de dinars (300 000 euros). Le FCE propose de les porter à 200 millions de dinars (2 millions d’euros). Un changement d’échelle de l’aide de l’Etat qui suppose une évolution de la doctrine des pouvoirs publics algériens, plus attentifs aujourd’hui aux « performances » statistiques qu’à l’efficacité réelle des dispositifs mis en place.

Pour l’heure, les patrons algériens ont obtenu satisfaction sur un seul point. A la suite des premières critiques formulées en avril dernier, la réunion tripartite gouvernement-patronat-syndicat a retenu au cours de l’été dernier le principe de la participation de représentants du patronat dans les comités de mise à niveau, qui n’étaient constitués jusqu’ici que de fonctionnaires et d’experts désignés par le gouvernement.

Hassan Haddouche, Alger

 
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