Journal en ligne - [n°140 du 25 novembre au 1er décembre 2010 ]
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Côte d’Ivoire : analyse stratégique d’un deuxième tour complexe Version imprimable
24-11-2010

Cette analyse stratégique impartiale des résultats du premier tour a pour objet de présenter les perspectives de victoire des deux principaux partis. Bien avant, il est important de tirer les leçons du premier tour.

La Côte d’Ivoire a effectué sans grandes difficultés le premier tour de ses élections présidentielles. Le FPI du président Laurent Gbagbo (38,3%) et le RDR d’Alassane Dramanne Ouattara (32,08%) sont les protagonistes du second tour. Le PDCI-RDA, avec 25,24%, est au centre d’une chasse aux voix.

 

Résultats régionaux

La carte électorale de la Côte d’Ivoire est le point de départ de notre analyse. Selon la carte, sur dix-neuf régions électorales (dix-huit nationales plus l’étranger), le RDR l’a remporté dans six régions (Denguele-Savanes-Bafing-Worodougou-Vallée du Bandama-Etranger). Le PDCI quant à lui a dominé dans trois régions (Lacs-N’zi Comoé-Bas-Sassandra-Lacs), quand le FPI l’a remporté sur les onze autres régions qui sont Sud-Comoé-Sud-Bandama-Moyen-Comoé-Moyen-Cavally-Marahoué-Lagunes-Lagune (hors district Abidjan) Haut Sassandra-Fromager-Dix-huit Montagnes-Zanzan.

A travers la carte électorale, il se révèle que le candidat Laurent Gbagbo domine sur 57,89% du territoire national, quand Alassane Dramanne Ouattara sort vainqueur sur 31,57% et Bédié 15,78% du reste du pays. A part le FPI, qui a gagné plus de voix hors du groupe ethnique de son leader, la répartition des voix a suivi un caractère ethnique très poussé. Au nord, Alassane Dramanne Ouattara a dominé en maître avec une moyenne de 72,84% des voix. Le V Baoulé et la région « mythique » du Bas-Sassandra offrent à Bédié 58,67% de son électorat. Dans la région des dix-huit Montagnes, Albert Mabri, fils de la région, arrive avec 35,98% en deuxième place derrière Laurent Gbagbo.

 

La conquête du V Baoulé

Le deuxième tour, qui est prévu pour le 28 novembre 2010, met indirectement le PDCI au centre de toutes les stratégies de victoire. A cause de son alliance au sein du RHDP, le RDR semble être sur la bonne voie, du moins statiquement si le mot d’ordre du PDCI est suivi. Comment se présente la situation selon les résultats du PDCI ?

 

Du tableau ci-dessus l’on peut retenir que la région du N’zi Comoé est une zone très fragile pour le RDR. C’est en effet la seule région du V où le RDR a perdu face au FPI. Pour accéder à la présidence, le RDR doit viser les 69,03% de la région des Lacs. Yamoussoukro est le seul département des Lacs ou ADO est venu en tête par rapport à Laurent Gbagbo.

Le N’Zi Comoé est, pour le FPI, la région à conquérir à tout prix ! Laurent Gbagbo a reçu 24,24%. S’il réussit à s’octroyer les 2/3 des 65,53% où le RDR est en dessous des 10%, cela pourrait consolider sa marche pour la présidence.

La région mythique du Bas-Sassandra

Le Bas-Sassandra est la région mythique qui pourra déterminer le prochain président de la République de la Cote d’Ivoire. C’est le 4ème département en nombre d’inscrits (349 325). La particularité de cette région vient du fait que le PDCI, avec 41,45%, n’est pas sorti dominateur comme dans le V Baoulé. Il doit donc sa victoire à l’armée de planteurs baoulés émigrés dans la région de Soubre. Le Bas-Sassandra est donc à la portée du RDR et du FPI, avec un léger avantage pour le FPI qui a raflé 34,68% des voix après le PDCI. Le RDR, dans le Bas Sassandra, est très loin de sa base et il est entouré par le cordon-bleu du FPI. La bataille de Soubre sera donc épique !

Le RDR peut espérer glaner l’électorat baoulé de Soubre à condition que l’alliance avec le RHDP soit sans faille. Avec un taux de participation de 58%, le département de Sassandra sera aussi sans doute un enjeu capital pour le FPI qui a été au coude-à-coude avec le PDCI. Après le Bas-Sassandra, la région des Dix-huit Montagnes est aussi d’une importance capitale. Le candidat Gbagbo l’a remporté, mais sous la pression du Dr Albert Mabri (35,35%) qui, lui, est membre de l’alliance du RHDP. Comme on le constate, la bataille de l’ouest sera aussi rude.

Quelque soit le résultat du 2ème tour, il faudrait que les Ivoiriens se retrouvent de quelque bord qu’ils soient pour la reconstruction du pays. Malgré les effets pervers de cette crise qui a laminé notre économie, la Côte d’Ivoire doit reprendre sa place de plaque tournante de l’Afrique. Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

Francis Konan

 

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