Journal en ligne - [No 133 du 7 au 13 octobre 2010 ]
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Etats-Unis : le spectre du chômage plane toujours Version imprimable
06-10-2010

L’Amérique, moteur de l’économie mondiale, est toujours grippée. Réduire le taux de chômage de 9 à 6% peut prendre du temps. D’où un risque d’arbitrage budgétaire défavorable à l’aide au développement.

Aux USA, les files de demandeurs d’emploi ne se réduisent toujours pas.

Aux USA, les files de demandeurs d’emploi ne se réduisent toujours pas.

Officiellement, selon le NBER, la récession aux Etats-Unis a pris fin en juin 2009. Proclamez cette conclusion au public américain, il vous pointera du doigt le chiffre douloureux du taux de chômage qui est 9,6%. Pour l’Américain de la rue, la fin de la récession signifie réduction du chômage, lorsque le voisin est embauché dans une ancienne usine et que la mère de famille décroche un boulot de caissière dans le supermarché de la place, ou que le promoteur immobilier se voit submergé de tant de contrats qu’il ne peut que faire appel à une main-d’œuvre supplémentaire.

La réalité est autre chose. Malgré la fin de la récession, le taux de chômage reste élevé. La mauvaise nouvelle, c’est que ce taux a la vie dure. L’économie américaine doit commencer donc à s’habituer à cette nouvelle atmosphère. Réduire le taux de chômage de 9 à 6% peut prendre du temps.

 

La demande des ménages reste encore fébrile

La récession qui vient de prendre fin a été la plus longue (dix-huit mois) et la plus sévère de mémoire d’Américain. La demande des ménages, au bout du compte, reste fébrile et a du mal à rebondir, avec un indice de confiance des consommateurs (Reuters/Université de Michigan) chutant de 68,9 à 66,6, niveau le plus bas depuis le mois d’août 2009. Devant cette situation, les entreprises ne sont pas pressées d’augmenter leur production. Dans le pire des cas, celles-ci vont même réduire la production, et donc remercier des travailleurs. Si cette dynamique continue, à la fin, c’est le taux de chômage qui augmente. Ce dernier peut commencer à diminuer si et seulement si les employeurs anticipent une reprise économique à l’horizon. C’est donc l’autre moitié du puzzle, à savoir comment les entreprises anticipent le lendemain économique.

 

Les principaux partis politiques assistent impuissants à la montée du « Tea Party Movement », force de mobilisation de l’extrême droite. Leurs médias d’opinion bombardent les auditeurs de messages politiques faisant croire qu’avec un fils de Kenyan à la Maison-Blanche, le pays part à la perdition.

Aussi longtemps que les consommateurs ne veulent et ne peuvent pas dépenser et que les entreprises ne veulent pas produire, et donc engager de la main-d’œuvre, transformer le taux de chômage de 9 à 6% serait un véritable exercice de patience.

 

La hausse de la productivité de la main-d’oeuvre

La productivité est élevée quand peu de travailleurs arrivent à produire une quantité assez importante de biens et de services. La « fin de la récession » a été possible grâce à une hausse de la productivité, passée de 1,1% en 2008 à 3,5% en 2009. En effet, pendant que le taux de chômage restait élevé, la productivité du travail ne cessait de croître à chaque trimestre à un rythme assez élevé, évitant l’économie de la zone de rouge. Qu’est-ce que cela implique pour le taux de chômage ? La hausse de la productivité aux Etats-Unis incite moins les entreprises à engager quand elles savent que les 90% de la main-d’œuvre peut assurer la production nationale pour une période prolongée. C’est la raison pour laquelle il est très probable que nous assistions pour un temps à une reprise économique pauvre en emplois.

 

Faible taux de croissance

Le taux de chômage élevé risque de s’installer pour longtemps dans l’économie américaine, tout simplement parce que cette dernière ne progresse pas assez rapidement pour créer plus d’emplois. Le taux de croissance du PIB réel du dernier trimestre 2009 a été de 5%, quant aux premier et deuxième trimestres 2010, il se logeait respectivement aux alentours de 3,7 à 1,7%. Pour voir cette économie créer des emplois, il va falloir que le taux de croissance du PIB réel soit supérieur à celui de la productivité du travail.

 

Atmosphère de propagande « extrémiste »

Il faut également évoquer une atmosphère d’insécurité économique généralisée. Les chefs d’entreprise se replient sur eux-mêmes et préfèrent attendre de voir plus clair sur l’avenir économique du pays. Les consommateurs sont de plus en plus sages dans leurs dépenses, étranglant indirectement une économie qui, jadis, ne jurait que par leurs « cash & carte de crédits ». Les banques, qui ont reconstitué leur cash, hésitent à financer les investissements. Les principaux partis politiques assistent impuissants à la montée du « Tee Party Movement », force de mobilisation de l’extrême droite. Leurs médias d’opinion bombardent les auditeurs de messages politiques faisant croire qu’avec un fils de Kenyan à la Maison-Blanche, le pays part à la perdition. Au bout du compte, c’est un consommateur aigri, un investisseur apeuré, et donc une demande fragile que l’on crée. Dans cette atmosphère morose, transformer le taux de chômage de 9 à 6% requiert une révolution structurelle de l’économie américaine.

Francis Konan

 

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