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L’Algérie triple son budget Défense Version imprimable
30-09-2008

Les députés ne devraient pas contrarier l’ambition de l’armée algérienne de relancer son industrie. Même si la stratégie poursuivie est peu claire et la rallonge – près de 2 milliards de dollars – pesante dans le budget 2009.

Par Faycal Métaoui, Alger

 

L’Algérie va tripler son budget de Défense en 2009 par rapport à 2007. Il va dépasser les 6 milliards de dollars. L’Algérie aurait alors le premier budget militaire en Afrique, si l’Egypte n’emprunte pas le même chemin des dépenses militaires. Pour l’actuel exercice, le Ministère de la défense algérien est doté de plus de 4 milliards en budget annuel. Si, au niveau officiel, aucune explication n’est donnée à cette importante affection financière, il demeure que l’armée algérienne est décidée à relancer l’industrie militaire à tous les niveaux. Les années 1990, marquées par l’éruption de la violence, imputable aux islamistes armés, ont gelé quelque peu ce secteur, abandonné au profit de l’achat dans l’urgence d’équipements à l’étranger. Créée en 1994, la Direction centrale de l’industrie militaire (DCIM) a évolué dans la discrétion totale. Ce n’est qu’en 2007 qu’une nouvelle configuration de cette direction est dévoilée au public à travers une opération marketing lancée par les hauts gradés aux fins de casser l’image d’une armée totalement muette.

 

10 000 salariés dans l’industrie d’armement

La DCIM dirige deux principales unités : L’Entreprise de constructions mécaniques de Khenchela (ECMK) et L’Entreprise des réalisations Industrielles de Seriana (ERIS) ; toutes deux dans l’est du pays. La première est spécialisée dans la fabrication d’armes légères, de munitions de petit calibre et de pièces détachées pour armes à feu. Elle a bénéficié d’une assistance technique chinoise par un accord signé en 1991. Depuis six ans, cette unité s’est lancée dans la fabrication de fusils mitrailleurs et de pistolets automatiques (PA). Après une période d’essai, l’unité est passée à la fabrication d’une certaine quantité de ces armes destinées à renforcer les capacités opérationnelles de l’armée algérienne. L’unité de Seriana fabrique, elle aussi, des armes légères pour l’ensemble des services de sécurité, des pièces de rechange, des groupes électrogènes et du matériel médical. S’ajoute à ces deux unités l’Office national des substances explosives (ONEX). Créé en 1976, l’ONEX produit des munitions, des grenades, des mines anti-tanks et une douzaine de variétés de matières explosives. La DCIM chapeaute également plusieurs petites unités de confection d’habillement militaire et de literie, ainsi que de fabrication d’équipements de campements, de casques, de chaussures. Ces unités emploient 10 000 salariés, dont plus de 90% sont des civils.

 

Un drone dans les deux ans

« Les produits fabriqués par les entreprises de l’ANP (Armée nationale populaire) sont aux normes internationales (...) et l’objectif à court terme de ces entreprises est, de prime abord, d’asseoir une base industrielle sérieuse à même de maîtriser graduellement la technologie et les techniques requises afin d’assurer une couverture qualitative et quantitative des besoins qu’exige l’armée algérienne », a précisé à la presse le colonel Omar Idjenadene, directeur général de l’ERIS.

Selon Rachid Chouaki, directeur de la DCIM promu général en 2005, l’objectif à long terme est de ne plus dépendre du marché extérieur pour certaines lignes de produits. Le général Chouaki a confié aux journalistes que l’armée algérienne a les moyens d’atteindre cet objectif stratégique. Preuve en est : l’ANP entend monter son propre drone (avion sans pilote). Le projet de conception est déjà finalisé par les ingénieurs de l’Ecole militaire polytechnique de Bordj El Bahri. De type quadri-rotors, ces drones seront, entre autres, utilisés pour des missions civiles comme la lutte contre les feux de forêts. La construction de ces appareils est prévue pour les deux prochaines années. Mais, dans les faits, le premier avion militaire algérien, Firnas 142, est né en 2003. Révélé par la revue El Djeich, principale publication de l’armée, cet avion a été conçu par l’Entreprise de construction aéronautique (ECA) de Tafraoui (Oran, ouest algérien). Avec l’aide de la République tchèque, cette entreprise faisait dans le montage d’avions, avant de passer à sa propre production. Outre le Firnas 142, un bi-place de type aéronef conçu pour des missions d’entraînement, de surveillance maritime et d’évacuation sanitaire, l’ECA construit également le Safir 43 qui est un appareil léger à quatre places, destiné aussi à la formation dans les écoles militaires et civiles et à des missions comme le transport du courrier. L’ECA a jusque-là fabriqué une quarantaine de modèles Safir 43. Les budgets additionnels de 2009 devraient financer une industrialisation plus soutenue des évolutions du Safir 43 et du Firnas 142. Autre type d’appareil développé par l’ECA, le X-3A, un avion agricole. L’ECA a vendu certains de ces avions à la principale entreprise de production et de distribution de gaz et d’électricité, Sonelgaz, et à la protection civile (sapeurs-pompiers).

 

Ambition exportatrice mal assumée ?

Après des années d’abandon, le Ministère de la défense a récupéré le projet Fatia (qui, à l’origine, devait aboutir à la construction de voitures de tourisme de marque italienne) pour en faire une usine de montage de véhicules tout-terrain (4x4) en partenariat avec une firme sud-coréenne. L’usine devra créer plus de 800 postes d’emploi dans la région de Tiaret dans l’ouest du pays. La marine, elle, fabrique déjà ses propres corvettes, les Djebel Chenoua, El Chihab et El Kirch, au niveau de la base navale de Mers-EL Kebir (Oran), armées et mises en service à partir de 1988 grâce à une assistance technique de la Bulgarie. Equipées de missiles chinois (C802) et français (Exocet) ainsi que de canons russes à haute cadence de tir (AK176), ces corvettes sont spécialisées dans la lutte anti-navire et dans les opérations SAR (Search and rescue). Ces corvettes, qui doivent être équipées sous peu de radars 3D, ont participé à des manoeuvres navales organisées par les forces de l’OTAN en Méditerranée. L’exportation d’armement n’a pas encore été évoquée clairement dans la stratégie industrielle du ministère de la défense. Des députés de l’opposition se promettent d’exiger toute la transparence sur les affectations de ce nouveau budget de l’ANP lors du prochain débat parlementaire sur la loi de finance 2009.

 
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