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Le textile-habillement résiste à la crise politique tunisienne Version imprimable
26-01-2011

Au lendemain de la chute du régime de Ben Ali, le point sur les activités industrielles de la filière textile et habillement avec le témoignage de Rym Charradi Milad, chef du département du Centre au Cettex (Centre technique du textile), une institution sous tutelle du Ministère de l’industrie et de la technologie.

Les Afriques : Comment la filière textile et habillement réagit-elle à la crise politique qui secoue le pays ?

Rym Charradi Milad : Pour l’heure, il est prématuré de dire si la filière a subi des dommages. Si retombées il y a, elles ne seront quantifiables que d’ici deux à trois mois. L’impact n’a d’ailleurs pas été ressenti directement, car il n’y a pas eu d’interruption de travail depuis le début des émeutes, il y a un mois. Tout juste avons-nous été limités dans nos déplacements le soir. Dans tous les cas, les perturbations telles qu’observées à Tunis n’ont pas été de même intensité dans la région du Centre.

« Pour ma part, je pense que l’Union européenne va encore davantage accroître son volume de « subventions » pour développer l’industrie tunisienne et les exportations. »

Monastir et le Sahel ont en effet manifesté plus tardivement que dans la capitale. Ainsi, nous avons pu expédier sans problèmes les commandes conteneurisées par voie maritime. De même, l’approvisionnement des usines s’effectue. Pour preuve, Benetton, qui est implanté à Kasserine, travaille, ainsi que Sartex, une entreprise qui emploie 3000 personnes.

 

LA : Il n’y a donc pas eu de fermeture temporaire d’usines ?

RCM : Il n’y a pas eu de blocage réel, même si certains ont bel et bien été saisis par un état de panique. Quelques entreprises étrangères ont eu un peu peur et ont pris des mesures de sécurité en fermant leurs unités, voire en pensant à rapatrier le personnel. Mais au niveau de la région du Centre, le bastion de l’industrie textile où sont concentrées 1100 entreprises sur les 2000 que compte le pays, il n’y a pas eu de fermetures d’ateliers. Ni de problèmes majeurs liés aux importations ou aux exportations, si ce n’est un ralentissement observable au niveau des entrées de marchandises, ceci pour des raisons de sécurité. L’expédition des produits finis a été assurée par transport maritime et aérien.

Pour preuve, en décembre 2010 les exportations ont enregistré une hausse de 26% en valeur et de 19,4% en poids sur la filière textile, comparativement au mois de décembre 2009. De même pour la filière habillement avec une croissance de 7,0% en valeur et de 10,1% en poids. Ces évolutions permettent de clôturer l’année 2010 avec un taux de croissance global du secteur textile-habillement de 6,77% en valeur et 10,93% en poids.

 

LA : Dans ce contexte de crise, quelle peut être la réaction de l’Europe vis-à-vis de son partenaire tunisien, avec lequel de multiples programmes ont été engagés depuis fort longtemps ?

RCM : La Tunisie et l’Europe sont sur le même bateau. Pour ma part, je pense que l’Union européenne va encore davantage accroître son volume de « subventions » pour développer l’industrie tunisienne et les exportations, car nous sommes le portail de l’Europe. L’UE mise en effet beaucoup sur notre pays, avec lequel elle a établi un premier programme de partenariat économique gagnant-gagnant en 1995. S’en est suivi, entre 2003 et 2009, un Programme de modernisation industrielle (PMI) doté de 50 millions € qui a fortement contribué au développement industriel. Le Programme d’appui à la compétitivité des entreprises et la facilitation de l’accès au marché (PCAM), qui est financé à hauteur de 23 millions € par l’Union européenne, prend à présent le relai du PMI. Son démarrage officiel est prévu en 2011. Il s’attache à l’amélioration de la capacité des entreprises tunisiennes à répondre aux exigences réglementaires et normatives du marché – notamment européen –, et à renforcer les moyens d’intervention des organismes et des structures d’évaluation de la conformité couvrant les produits mécaniques, électriques et de construction.

 

Véronique Narame

 
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