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Madrid refuse la dramatisation de l’affaire Gassi Touil Version imprimable
17-09-2007

Le ministre de l’Industrie, Juan Clos, souligne l’explosion des coûts du projet et renvoie Repsol-Gas Natural et Sonatrach dos à dos.

Par Saïd Djaafer Alger

L’annulation du contrat Gassi Touil par Sonatrach est un « conflit entre entreprises » et il n’est pas une raison pour Madrid d’exposer sa « relation globale » avec Alger. Le gouvernement socialiste de José Luis Rodríguez Zapatero, assailli par l’opposition de droite et une partie de la presse qui voient dans l’annulation par Sonatrach du contrat de Gassi Touil avec les entreprises Repsol et Gas Natural une « menace contre les intérêts énergétiques » du pays, refuse de dramatiser.

Dépolitiser l’affaire En « comparution », mercredi 12 septembre, successivement devant le sénat et le congrès, le ministre espagnol de l’Industrie Juan Clos a imputé le différend entre Repsol-Gas Natural et Sonatrach au coût de l'investissement prévu initialement à 3 milliards d'euros mais qui est passé à 8,5 milliards d'euros. Des chiffres qui viennent d'une estimation « indépendante », a-t-il précisé. « Nous aimerions que le projet arrive à bon port, mais notre capacité d'intervention auprès des deux compagnies pour une répartition adéquate des coûts entre elles est limitée. »

« Nous n’allons pas exposer notre relation globale avec l’Algérie à cause d’un projet. »

Madrid « dépolitise » l’affaire et conforte ainsi, au grand dam de l’opposition, l’affirmation de Sonatrach que l’affaire n’a rien de politique. La part de l’Espagne dans Gassi Touil aurait été au mieux de 2 milliards de m3 alors que « le noyau de notre relation porte sur 15 milliards de m3. » « Nous n’allons pas exposer notre relation globale avec l’Algérie à cause d’un projet qui est important mais qui n’est pas le plus important », a ajouté le ministre espagnol. Le sujet avait été abordé à Alger, lors de la visite, le 8 septembre 2007, du secrétaire d'Etat espagnol aux Affaires étrangères Bernardino León. Les deux parties avaient convenu que l’affaire n’avait rien de politique. Sonatrach, qui avait réagi vigoureusement à la « politisation » du problème par le consortium Repsol-Gas Natural, avait pris soin de signifier que la mesure se limite au projet de Gassi Touil, un « fiasco industriel majeur », et qu’il n’existe pas une démarche ciblant les intérêts espagnols.

Trouver une solution Assurance de toute évidence renouvelée à Juan Bernardino, qui a déclaré que le partenariat dans le domaine de l’énergie entre les deux pays est « solide et se poursuivra. » Il a annoncé qu’une réunion à haut niveau entre les deux gouvernements, à Madrid dans les prochaines semaines, devrait dissiper « les doutes exprimés à ce sujet par les médias. » Même si l’affaire a été soumise par les deux parties à l’arbitrage, le gouvernement espagnol ne désespère pas de trouver une solution « convenable. » Sonatrach, qui comptait sur le projet intégré de Gassi Touil pour porter ses capacités d’exportation à 85 milliards de m3 en 2010, est obligée de décaler ses prévisions. En marge d’une rencontre sur le gaz à Paris, le vice-président de la commercialisation de Sonatrach, Chawki Mohamed Rahal, a indiqué que Gassi Touil pourrait entrer en production en 2012. A la question de savoir si Sonatrach le ferait avec de nouveaux partenaires, il est resté évasif : « nous verrons ! »

 
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