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« La bataille de l’autosuffisance alimentaire est en train d’être gagnée » Version imprimable
25-05-2011

Reconduit dans le gouvernement de Mme le Premier ministre Kaïdama Cissé, le ministre malien de l’Agriculture, Aghatam Ag Alhassane, nous fait le point sur les avancées du programme agricole, le processus de privatisation de la CMDT en cours, l’affaire des intrants et ses chantiers.

Les Afriques : Comment se porte aujourd’hui le secteur agricole malien après le lancement du PDES par le chef de l’Etat Amadou Toumani Touré ?

Aghatam Ag Alhassane : Le secteur agricole malien se porte bien au regard des remarquables performances enregistrées après le lancement du très ambitieux Projet pour le développement économique et social du président ATT. Le Mali a exporté vers les pays de la sous-région non seulement des céréales, mais également des semences certifiées. Le secteur reste attractif et est riche en opportunités économiques. On peut dire que le secteur est en croissance.

« S’il y a un domaine dans lequel le Mali peut atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement, c’est bien celui de l’eau. En termes de statistiques, le taux d’accès à l’eau potable oscille entre 75 et 80%. »

 

LA : Selon vous, le Mali est-il sur la bonne voie pour gagner la bataille de l’autosuffisance alimentaire et de l’accès à l’eau ?

AAA : La bataille de l’autosuffisance alimentaire est en train d’être gagnée grâce à une production agricole qui croît du fait de la volonté du président de la République de parvenir à la souveraineté alimentaire, qui est exprimée par le renouvellement de son soutien à la politique de subvention des intrants agricoles et des semences améliorées. S’il y a un domaine dans lequel le Mali peut atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), c’est bien celui de l’eau. En termes de statistiques, le taux d’accès à l’eau potable oscille entre 75 et 80%. Le pays a d’ailleurs engagé un vaste programme d’aménagement des terres irriguées à travers la maîtrise de l’eau pour continuer à occuper la place de leader au niveau de la sous-région en matière de production de céréales.

 

LA : L’Office du Niger, poumon de l’économie malienne, peine à se valoriser et à attirer les investisseurs étrangers. Pourquoi ?

AAA : L’ Office du Niger continue à attirer des investisseurs, mais on peut quand même parler de certaines lenteurs dues à la satisfaction de conditions souvent posées de part et d’autre. Mais aussi à l’amenée d’eau. Tout compte fait, l’ON continue à demeurer un important gisement agricole pour le Mali et la sous-région ouest-africaine.

 

LA : L’affaire des factures d’engrais, qui s’élèvent à plusieurs milliards FCFA, est au cœur d’une controverse ces jours-ci et oppose les opérateurs de la filière et l’Etat malien. Quelle est votre part de vérité ?

AAA : A propos des factures d’engrais, il faut dire qu’il y a plus de peur que de mal, tout simplement parce que nous avons détecté la fraude avant qu’un seul franc ne soit déboursé par le Trésor malien. La société en question a reconnu son tort et les dispositions sont en train d’être prises pour qu’il ne lui soit payé que ce à quoi elle a réellement droit.

 

LA : Pourquoi le groupe Dagris et Ivoire Coton ont-ils abandonné la compétition dans le cadre de la privatisation de la CMDT, laissant en course Olam, Yumié et Samab ?

AAA : Dans ce genre d’opérations, nous respectons la position de Dagris et d’Ivoire Coton, mais comme je l’ai déjà dit dans une interview que j’avais accordée à votre journal en novembre 2009, nous ne braderons pas la CMDT, dont l’activité fait marcher plusieurs secteurs de l’économie de notre pays avec plus de 3 millions de personnes qui évoluent dans son sillage.

 

LA : Combien pèse la CMDT et à quand la finalisation du processus de privatisation ?

AAA : Ecoutez, la CMDT est l’un des fleurons de l’économie malienne. De ce fait, elle pèse assez lourd. Le processus est en marche, nous le poursuivons prudemment en tenant compte de l’intérêt du pays et de celui, en particulier, des cotonculteurs maliens, qui se sont engagés cette année à produire 500 000 tonnes de coton et 2 millions de tonnes de céréales en zone cotonnière.

LA : Vos grands chantiers ?

AAA : Nos grands chantiers sont les ambitieux programmes inscrits dans l’agenda du Projet pour le développement économique et social du président de la République : maîtrise de l’eau pour l’irrigation, aménagement des bas-fonds, construction d’ouvrages agricoles, de pistes rurales, etc. En somme, ces importants chantiers concourent à cette vision d’un Mali qui gagne.

 

Propos recueillis par Ismaël Aidara, à Paris

 
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