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Réduction de l’extrême pauvreté : le Ghana en tête, les autres à la traîne Version imprimable
04-05-2011

Burkina Faso, Ethiopie, Ghana, Mozambique et Tanzanie. Ces cinq pays alignent des croissances dignes des pays émergents. Mais quid de la réduction de la pauvreté ? Analyse.

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Les pays émergents d’Afrique ont été à la une de l’information économique dès le début du nouveau millénaire. Grâce à leur taux de croissance économique élevé et leur stabilité sociopolitique, ces pays ont su attirer les investissements directs étrangers. Pour beaucoup de spécialistes, le concept d’émergence n’a en effet aucun sens s’il ne restait seulement relié qu’aux paramètres exogènes (transfert de technologie, investissement directs étrangers et commerce international). L’émergence économique devrait normalement être source de création d’emplois et donc de réduction du chômage. En un mot, la croissance économique devrait avoir des retombées positives sur la réduction de la pauvreté.

 

L’index multidimensionnel

La question principale est de savoir si les pays émergents d’Afrique au sud du Sahara (PEAS), avec leurs taux de croissance élevé, ont pu réduire leurs taux de pauvreté. Comme mesure de taux de pauvreté, nous utiliserons l’index multidimensionnel de la pauvreté1. Notre analyse s’étend sur les cinq pays de l’Afrique au sud du Sahara, à savoir le Ghana, le Mozambique, la Tanzanie, le Burkina Faso et l’Ethiopie.

 

Selon ce tableau, entre 2000 et 2010, l’Ethiopie est le pays de la liste à connaître la plus forte croissance économique soit 8,4%. Cette forte croissance du PIB s’associe avec l’indexe de pauvreté monétaire de 39% qui est le plus bas après celui du Ghana (30%).

 

L’index multidimensionnel de la pauvreté atteint les 90% de la population. En d’autres mots, près de 90% de la population entre 2008 et 2010 n’a pas un niveau de vie élevé et a des difficultés pour obtenir une bonne éducation et des soins médicaux de base. La croissance économique n’a pas pu se traduire en gains sociaux pour la population. Il y a donc un sérieux problème d’allocations ou d’accès aux ressources sociales.

 

Un effet contraire

Dans le cas de la Tanzanie, 7% de croissance moyenne en dix ans n’a pas pu réduire considérablement la pauvreté. Dans ce pays 88,5% de la population vit en dessous de 1,5 $/jour et 65% est pauvres en terme d’accès a l’éducation et aux soins médicaux. D’une façon générale un taux élevé de pauvreté en termes de revenus s’accompagne d’un taux élevé de l’IMP. Ici, on assiste à un effet contraire. Le gouvernement tanzanien a réussi à contrecarrer la pauvreté monétaire en menant une bonne politique sociale. Cela n’est pas étonnant quand on sait que l’aide internationale s’est plutôt orientée dans le secteur social de cette ancienne nation socialiste. Le taux de pauvreté multidimensionnel (65%) est le deuxième plus bas après celui du Ghana (30%). La Tanzanie doit cependant faire des efforts si elle veut atteindre les objectifs de l’OMD (Objectifs du millénaire pour le développement).

 

Longue période de croissance économique

Le Ghana est le seul pays de la liste à connaître non seulement un faible taux de pauvreté par tête en termes monétaires (30%), mais aussi un faible niveau de la pauvreté multidimensionnelle (30%). Les retombées de la longue période de croissance économique ont permis de réduire à la fois le taux de pauvreté monétaire et le taux de l’IMP (l’Indexe multidimensionnel de la pauvreté).

 

Situation post-conflit

Le Mozambique offre une image de pauvreté plus grave avec un taux de croissance de 7%. Le niveau de la pauvreté atteint les 75% en termes de revenus et les 80% pour la pauvreté multidimensionnelle. La forte croissance économique n’a pas effectivement eu les résultats escomptés vis-à-vis de  la réduction de la pauvreté.

Comme explication, on pourrait citer la situation post-conflit du pays. Le Mozambique sort en effet d’une longue guerre d’indépendance. Les aléas climatiques ont aussi un rôle à jouer dans la pauvreté. Les périodes d’inondations fréquentes détruisent en effet la production agricole, augmentant ainsi la pauvreté en milieu rural.

 

Contestation sociale

Le Burkina Faso évolue dans un registre où 57% de la population vit en dessous des 1,25 dollars/jour. La pauvreté multidimensionnelle atteint les 82%. La baisse de la croissance économique, de 5,8 en 2008 à 3,2 en 2009, n’est pas un bon signe de la lutte contre la pauvreté. La contestation sociale qui a lieu actuellement démontre en effet le malaise burkinabé.

 

Francis Konan, économiste diplômé de l’université d’Economie et de Gestion de Vienne

 

1) Cet indexe mesure le pourcentage de la population vivant dans la pauvreté en termes réels (manque d’éducation et de soins de santé, faible niveau de vie).

 
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