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L’ image de l’Afrique en question Version imprimable

Adama Wade, Casablanca

L’affaire des « biens mal acquis » est un épisode de plus dans l’affrontement entre deux visions de l’Afrique. Une vision étriquée qui veut transposer la démocratie représentative en un seul jour du Cap au Caire. Et une vision réaliste qui salue, sous les sarcasmes des tenants de la première, les avancées démocratiques sur le continent. Dans le premier camp, il y a certaines ONG, puissantes, « amies de l’Afrique » et dont la légitimité est fondée sur la dénonciation permanente des déficits de démocratie, de bonne gouvernance et de libertés de par le monde.

Dans le deuxième, les intervenants sont multiples et non structurés. Mais, paradoxalement, ces deux acteurs qui influent sur l’image de l’Afrique sont censés partager les mêmes objectifs : participer à l’édification de la démocratie. Ce sont les méthodes et les motivations qui diffèrent. Alors que les communicants des ONG font feu de tout bois, enrôlant tous les déçus de l’Afrique, les chargés de la communication institutionnelle des Etats nagent dans l’improvisation.

Bégayant, mal préparés au débat mondialisé, ces sherpas et ministres de la Communication perdent toutes les batailles. Ne leur demandez surtout pas leur avis sur l’irrecevabilité de l’affaire des « biens mal acquis », si vous ne voulez pas entendre la formule usée de « polémique franco-française ». Aussi juste qu’elle soit, cette expression ne doit pas être élevée au rang d’amulette sacrée. Ni nous dédouaner de la nécessité d’une véritable prise en compte du marketing de l’Afrique.

Certes, ce sont les réalités des faits qui font le succès de l’image. Mais on ne peut nier que c’est avec une bonne gestion de son image que l’Italie arrive à sauver sa démocratie, immunisée contre la capacité de séduction massive de son président et rongée par les mafias. Quel traitement aurait subi Berlusconi de la part de ces ONG s’il était un peu plus bronzé et président d’un Etat africain ?