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Le Cameroun fait le plein d’énergie Version imprimable

Les investisseurs américains de la firme AES Corporation sont décidés à construire une société d’énergie à vocation régionale pour combler le déficit en Afrique du centre et de l’Ouest.

Par Achille Mbog Pibasso, Douala

L’on s’achemine bientôt vers la création dans la métropole économique camerounaise de Douala d’un pool énergétique à vocation régionale, regroupant des pays d’Afrique centrale et de l’Ouest. Le projet, qui fait partie d’une des préoccupations majeures de la firme américaine AES Corporation, pourrait voir le jour dès l’année prochaine. Le PDG de la multinationale américaine, Paul Hanrahan, a souligné que les études de faisabilité sont terminées et que l’argent pour la réalisation de ce gigantesque projet, qui devrait coûter environ 500 milliards de francs CFA, 760 millions d’euros, est disponible. Dans les prochains mois, un cahier des charges sera signé entre les autorités camerounaises et AES Corporation, matérialisant ainsi ce que des observateurs considèrent comme l’un des plus gros projets réalisés ces dix dernières années dans la région.
Paul Hanrahan a déclaré que les investissements dans le secteur de l’énergie, qui sont de l’ordre de 320 millions de dollars à ce jour au Cameroun, vont passer à plus de 1,2 milliard de dollars d’ici 2011. Pour ce qui est de la société africaine d’énergie, dont le siège sera à Douala, le président de AES Corporation a expliqué que celui-ci mobilisera dans un premier temps les investissements pour la réalisation des projets dans le secteur de l’électricité dans des pays tels que le Nigeria, la RDC, le Ghana et le Sénégal. Une liste « non exhaustive qui pourra se rallonger avec le temps au regard des potentialités et de la demande », a-t-il précisé.

Dans un premier temps les investissements viseront des projets dans le secteur de l’électricité dans des pays tels que le Nigeria, la RDC, le Ghana et le Sénégal.

Choix du Cameroun
Des pays membres de la CEMAC, à l’instar de la Centrafrique, du Gabon et du Tchad, bénéficient de l’électricité en provenance du Cameroun. Il ne fait l’ombre d’aucun doute qu’à l’horizon 2015, plus d’une dizaine de pays d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Ouest constitueront le pool énergétique de la société africaine d’énergie. Le Cameroun dispose de la plus importante réserve hydroélectrique d’Afrique au sud du Sahara, après la RDC.
Le choix porté sur le Cameroun pour abriter le siège de la société régionale s’explique, d’après les responsables d’AES Corporation, par deux raisons : la position stratégique du pays situé au cœur du golfe de Guinée, ainsi que la stabilité politique. A ces atouts indéniables, il convient d’ajouter le potentiel énergétique, dont moins de 5% sont actuellement exploités. Selon des responsables d’AES, le Cameroun était en compétition avec l’Afrique du Sud, où la firme américaine est également implantée depuis quelques années, mais des atouts évoqués en sus ont fait pencher la balance en faveur du Cameroun, où la présence américaine remonte à plus d’une demi-douzaine d’années avec des résultats encourageants en termes d’investissement.
C’est en 2001 que la firme américaine AES Corporation a racheté l’ex-Société nationale d’électricité du Cameroun (SONEL). Une présence qui lui confère une situation de monopole puisqu’elle s’occupe à la fois de la production, du transport, de la distribution et de la commercialisation de l’énergie électrique au Cameroun. Pourtant, le cahier des charges paraphé entre les parties américaine et camerounaise dispose d’une concession de vingt ans, sauf que selon les termes de l’accord, au terme de la cinquième année d’exploitation, c’est-à-dire depuis 2006, l’activité devrait être ouverte à d’autres opérateurs. En attendant que cela arrive, les Américains déclarent avoir déjà investi quelque 140 millions de dollars pour le développement des infrastructures énergétiques au Cameroun, ce qui a permis d’augmenter de 20% la capacité de production nationale d’électricité.
Ces investissements ont porté la puissance énergétique nationale à 1433 mégawatts, dépassant les 1000 mégawatts fixés dans le cahier des charge de rétrocession, se félicite-t-on à AES SONEL.

 
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