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Les fonds d’investissement en expansion Version imprimable
11-01-2011

Diversification des portefeuilles et plus-values jusqu’à 40% attirent, selon Fabrice Kom Tchuente, directeur exécutif du cabinet FinAfrique, les fonds d’investissement en Afrique.

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Fabrice Kom Tchuente : « Les banques locales préfèrent octroyer des prêts à court terme, moins risqués pour elles, à des taux d’intérêt élevés, et exigent une panoplie de garanties. »

Les Afriques : Quelle est l’évolution des fonds d’investissement en Afrique ?

Fabrice Kom Tchuente : Plusieurs dizaines de fonds d’investissement opèrent en Afrique. Parmi les pionniers, le fonds tunisien Tuninvest, avec aujourd’hui 550 millions $ investis sur le continent, et les fonds anglo-saxons tels que les Sud-Africains Ethos private equity (5,5 milliards $) et Pamodzi investment holdings (1,3 milliard $), ou l’Américain Emerging Capital Partners (1,6 milliard $). Leurs investissements se sont davantage orientés vers les pays d’Afrique anglophone et d’Afrique du Nord, comme l’Afrique du Sud, le Ghana, le Nigeria, le Kenya, le Maroc, la Tunisie. Il est à noter que dans ces pays, le marché boursier s’est considérablement développé entre 2000 et 2008.

Aujourd’hui, l’Afrique subsaharienne accueille de nouveaux fonds, tel Cenaivest en Afrique centrale ou les fonds ouest-africains AFIG et Phoenix capital management. Grâce à ces derniers, l’Afrique francophone espère être de moins en moins marginalisée.

« Plus récemment, suite à la crise financière, de nombreuses multinationales en manque de liquidités se sont retrouvées contraintes de céder leurs actifs africains. Cette démarche a créé des opportunités d’investissement à bons prix. »

On constate aussi que de nombreuses sociétés de gestion étrangères non spécialisées dans l’investissement en zone émergente développent de plus en plus de gammes de fonds d’investissement orientés essentiellement vers l’Afrique. Par exemple, en France, la société de gestion Lyxor Asset Management, filiale du groupe Société Générale, a lancé en 2008 le fonds Lyxor ETF Pan Africa, qui a investi dans 30 importantes capitalisations boursières dont le siège ou l’activité principale se trouve en Afrique. Plus récemment, Meeschaert Asset Management a lancé le fonds MAM Actions Afrique, qui détient des participations dans des grands groupes africains à l’instar du Sud-Africain MTN et de l’Egyptien Orascom.

Ces importants fonds d’investissement ont des ambitions plutôt agressives en termes de rentabilité et détiennent surtout des valeurs cycliques et financières telles que les mines, le pétrole, les télécommunications, les banques et les assurances.

D’autre part, il y a des fonds d’investissement plus petits, dont le but est de lutter contre la pauvreté et de conforter la croissance en Afrique.

Par exemple, des fonds d’investissement pour le financement des petites et moyennes entreprises, avec des montants investis en moyenne dans ces PME de l’ordre de 150 000 à 750 000 euros. Le secteur informel, quant à lui, est soutenu par l’entremise de fonds destinés aux organismes africains du microcrédit. Pour cela, les investisseurs nouent des partenariats avec des ONG spécialistes du conseil ISR en microfinance telles que Planet Finance, pour se doter de leur expertise pour l’intégration des critères extra-financiers qui définissent leur politique d’investissement. Sont présents également des fonds d’investissement dans la santé, l’éducation, l’agroalimentaire ou l’agriculture, pour financer les entreprises agro-industrielles et les coopératives agricoles africaines.

 

LA : Qu’est-ce qui explique l’attrait pour l’Afrique, maintenant ?

FKT : Depuis ces dix dernières années, la croissance moyenne annuelle du continent est d’environ 5%. Les multiples plans d’ajustement structurel, suivis de programmes ayant abouti à l’annulation de la dette extérieure de nombreux pays, ont sans aucun doute contribué à une meilleure solvabilité de l’Afrique, avec un climat des affaires qui s’est progressivement amélioré.

Ainsi, les investisseurs ayant un fort appétit pour le risque, et donc en quête de rendements très élevés, viennent de plus en plus en Afrique, ce qui leur permet aussi de diversifier leur portefeuille, car la corrélation est très faible entre l’évolution des actifs africains et de ceux des autres places financières mondiales.

Contrairement aux marchés occidentaux, l’Afrique n’étant pas encore suffisamment impactée par les flux de capitaux internationaux dispose d’une multiplicité d’opportunités d’investissement se regroupant suivant ses principaux moteurs de croissance que sont les secteurs énergétiques, miniers, pétroliers, gaziers, des télécommunications et de l’agroalimentaire.

Les fonds de private equity, à l’instar de Kingdom Zephir Africa ou Emerging Capital Partners, se sont attaqués à ces niches qui se sont avérées très rentables, avec des plus-values de l’ordre de 40% pour certaines d’entre elles, selon des économistes de l’OCDE.

Plus récemment, suite à la crise financière, de nombreuses multinationales en manque de liquidités se sont retrouvées contraintes de céder leurs actifs africains. Cette démarche a créé des opportunités d’investissement à bons prix.

Cependant on peut noter que cet attrait se manifeste surtout sur les pays d’Afrique du Nord et d’autres pays tels que l’Afrique du Sud et le Nigeria, qui sont riches en matières premières et en ressources minières, ou le Ghana et le Botswana, qui disposent d’institutions reconnues en termes de « bonne gouvernance économique ». Les autres pays d’Afrique centrale et occidentale se contentant encore majoritairement de l’aide internationale.

 

LA : Quelles sont les caractéristiques des investissements en Afrique ?

FKT : Près de la moitié des investissements sont réalisés par les économies développées, dont une grande partie provenant des Etats-Unis. Selon le club de réflexion Cap Afrique, 65% de ces investissements ne concernent que l’Afrique du Sud, suivie de l’Afrique de l’Ouest grâce au Nigeria à hauteur de 19%, de l’Afrique du Nord avec 8%, de l’Afrique de l’Est avec 7%, et enfin de l’Afrique centrale avec 1%. Une étude de Goldman Sachs montre d’ailleurs qu’en 2009 le taux de pénétration du private equity, rien qu’en Afrique du Sud, était supérieur à celui du reste du monde.

Pour tous ces fonds d’investissement, les encours par portefeuilles d’actifs se situent en moyenne entre 100 et 200 millions d’euros avec un horizon de placement d’environ cinq ans.

 

LA : L’Afrique y gagne-t-elle ?

FKT : L’Afrique, dominée par une prépondérance du secteur informel et une abondance des petites et moyennes entreprises, éprouve des difficultés de financement via les banques locales. Celles-ci préfèrent octroyer généralement des prêts à court terme, moins risqués pour elles, à des taux d’intérêt élevés, et exigent une panoplie de garanties.

En revanche, en usant de prises de participation, les fonds d’investissement soutiennent le secteur informel par le biais des PME locales. Ils leur octroient un financement long terme doublé d’un accompagnement et d’une assistance en termes de stratégie et de gestion.

L’émergence de nombreux fonds thématiques permettent de financer les besoins primordiaux des populations vulnérables telles l’éducation ou la santé, et de soutenir des initiatives ou des projets générateurs de développement économique et social tels l’agriculture et le microcrédit. D’autre part, les fonds infrastructurels plus actifs permettent le financement de grands travaux comme les routes, les ponts, les ports, les aéroports, les centrales hydroélectriques, les télécommunications, etc. Ce qui conduit progressivement à la constitution d’un tissu économique et industriel solide. Tous ces fonds de soutien et de développement sont généralement financés par des investisseurs privés extérieurs et des banques d’affaires, filiales de bailleurs de fonds comme PROPARCO de l’AFD, la SFI de la Banque mondiale ou la Banque européenne d’investissement.

Toutefois, il faut préciser que, pour la plupart, ces fonds d’investissement ne sont pas des philanthropes. Une fois leur objectif de performance et leur horizon de placement (cinq ans en moyenne) atteints, ils se désengagent de l’entreprise en cédant leur part de capital sur le marché boursier, à la direction, à un autre fonds ou à un tiers.

Ces procédés permettent aux pays africains de s’affranchir progressivement des aides internationales au profit des investissements privés. Mais étant donné la surliquidité dont souffre le continent de par l’exportation de ses nombreuses matières premières et ressources minières, il serait intéressant de privilégier davantage les échanges intracontinentaux, ce qui créerait de nouvelles opportunités de croissance. Car cette initiative accorderait un plus grand levier décisionnel aux Africains dans l’optique d’accroître la consommation et l’exportation de produits finis préalablement transformés sur le continent et respectant les normes internationales de qualité.

Propos recueillis par Hance Guèye

 
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