| Silk Invest veut investir sur la « route de la soie » moderne |
|
|
Silk Invest regroupe des spécialistes africains et européens expérimentés. Les Afriques a rencontré à Londres le directeur général Zin Bekkali et le chef des investissements Daniel Brody… Propos recueillis par Dave Barraud, Londres
La route de la soie, qui reliait l’Europe, l’Asie et l’Afrique, a été le premier réseau interconnecté de commerce entre ces trois continents. Elle avait généré d’immenses richesses. Aujourd’hui, les « routes de la soie » modernes sont en train de se mettre en place, avec notamment la mondialisation qui amène l’Afrique et le Moyen-Orient à se repositionner sur les marchés internationaux des capitaux. C’est sur ce constat qu’est né le dernier fonds d’investissement créé à Londres en mars 2009 et qui s’intéresse spécialement à l’Afrique et au Moyen-Orient. Certaines personnes, dans les pays occidentaux, perçoivent encore l’Afrique comme un marché exotique, ce qui n’est pas le cas pour les investisseurs indiens, chinois et du monde arabe.
Les Afrique : Depuis combien de temps Silk Invest est-il opérationnel en Afrique ?
Zin Bekkali : Nous sommes un tout nouveau fonds d’investissement, lancé l’année dernière, mais opérationnel seulement depuis mars de cette année. Notre équipe a une grande expertise de l’Afrique… Elle provient de différentes régions du continent et chaque membre a une solide formation. Nous avons ainsi un Sud-Africain, un Nigérian, un Egyptien, d’autres en provenance du Maroc, de la Côte-d’Ivoire et du Cameroun.
LA : Quelle est votre spécificité, comparée aux autres fonds d’investissement existant sur le continent ?
Daniel Brody : La liquidité de nos placements est primordiale pour nous. Autrement dit, l’accessibilité aux marchés est importante. Elle est quotidienne grâce aux produits financiers que nous offrons.
LA : Vous disiez que Silk Invest a été créé très récemment, mais quelles sont les montants investis jusque-là ? ZB : En 2007, il y avait comme une euphorie, on investissait volontiers en Afrique, mais brusquement au milieu de 2008 l’Afrique est redevenue secondaire. Silk Invest s’est lancé dans cette période et ça n’a pas été facile au début. Mais nous avons convaincu des gens qui essayent de se positionner sur le long terme.
LA : Pourquoi serait-ce le bon moment d’investir en Afrique ? DB : Si l’on regarde de près cette crise, on se rend compte que c’est plutôt une crise du système bancaire des pays occidentaux, donc les pays africains ne sont pas, de prime abord, concernés. Bien entendu la crise aura un impact en Afrique, mais malgré tout la croissance se poursuivra.
LA : Pensez-vous que l’Afrique au sud du Sahara est vraiment ouverte aux investisseurs internationaux comme vous ? ZB : Ce qui est le plus important en Afrique subsaharienne, c’est sa croissance économique, alors que dans les pays développés la croissance est négative. Certaines personnes, dans les pays occidentaux, perçoivent encore l’Afrique comme un marché exotique, ce qui n’est pas le cas pour les investisseurs indiens, chinois et du monde arabe qui veulent faire des Africains des partenaires en affaires.
LA : Silk Invest est présent en Afrique au sud du Sahara, mais aussi en Afrique du Nord… Quelle est la différence entre ces deux marchés ? DB : La différence se trouve surtout sur la nature des opportunités. Dans la région du Maghreb, il y a une base industrielle diversifiée avec une population mieux formée. En Afrique au sud du Sahara, les opportunités sont au coin de chaque rue, mais elles sont plus difficiles à réaliser.
LA : Vous connaissez l’échec du New Star of Africa Fund, il y a quelques mois, ici, à Londres. Quelles leçons en tirez-vous ? ZB : J’ai toujours dit que, lorsque l’on investit en Afrique, c’est comme si l’on investissait en Chine. Et si l’on investit en Chine, on ne dit pas, Shanghai et Pékin ne m’intéressent pas. Je crois que, dans le cas de New Star, l’erreur était d’avoir une vision plutôt restrictive de l’Afrique. Il fallait, à mon avis, viser prioritairement les marchés porteurs du continent comme l’Afrique du Sud, l’Egypte, le Maroc, le Nigeria, qui permettent d’avoir un portefeuille de produits financiers plus diversifiés.
LA : Avec vos deux produits financiers dédiés à l’Afrique, l’African Lions fund et le Silk African Lion Funds, quelles cibles visez-vous ? DB : Au niveau des institutions nous visons essentiellement les fonds de fonds en leur recommandant de ne pas négliger l’Afrique dans leurs portefeuilles d’opérations. Et, généralement, ils acceptent nos recommandations. ZB : Nos placements se font de Tanger au Cap. Mais nous focalisons nos activités sur quatre grands pays : l’Afrique du Sud, le Nigeria, le Maroc et l’Egypte. Seulement un tiers de nos activités se font sur les autres pays. Nous n’investissons pas dans les matières premières. Nous nous focalisons sur les entreprises locales ayant un potentiel de croissance. Donc nous visons des entreprises comme les cimenteries, les télécommunications, les banques…
LA : Mais si un petit pays vous invitait à investir, rejetteriez-vous son offre parce que le marché intérieur est trop réduit ? DB : Nous développons une gamme de produits financiers pour tous ces marchés, comme par exemple un fonds de private equity, et aussi un fonds dédié au monde agricole, et je crois que Zin Bekkali peut vous en dire plus… ZB : Ce fonds dédié à l’agriculture visera des chaînes alimentaires et ne sera pas réservé aux propriétaires terriens. Nous investirons dans des produits alimentaires locaux pour aider ces pays à développer une chaîne de produits ou des usines alimentaires. Voir Aussi :
|


