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Moustapha Niasse: il faut toujours espérer Version imprimable
08-02-2012
Candidat aux prochaines présidentielles sénégalaises, Moustapha Niasse, était venu prêcher l’espoir d’une Afrique renaissante au Forum de Rabat organisé le 25 janvier dernier par le Centre pour la Solidarité et le Développement (CSD), think thank qui oeuvre pour une nouvelle approche équilibrée et solidaire des relations NordSud et SudSud.

Au menu de l’édition de cette année, «l’intégration africaine », analysée à travers ses aspects poli tiques, économiques, financiers, culturels etc. Un thème de prédilection pour celui qui fut à 29 ans, directeur de cabinet du Président Léopold Senghor, chantre de la civilisation de l’universel, puis ministre des affaires etrangères de son pays et qui consacra sa carrière politique au service de l’intégration africaine et du dialogue des civilisations. Moustapha Niasse incarne aujourd’hui aux yeux de nombre de ses compatriotes au Sénégal et dans le monde, le visage de l’espoir et l’espoir d’un changement possible. Mais, il le sait mieux que quiconque, la route est parsemée d’embûches. Interview.

Les Afriques :Douze ans après l’alternance, comment va le Sénégal, vitrine de la démocratie en Afrique ?

Moustapha Niasse : La vitrine démocratique sénégalaise s’est craquelée assez grandement d’ailleurs depuis quelques années .mais l’espoir persiste. Il y a lieu d’espérer et entreprendre. Je crois que le peuple sénégalais a pris une pleine confiance de ce que les changements sont inévitables. Il faut nécessairement que le scrutin du 26 février 2012 soit transparent et sous contrôle. Si ces conditions sont réunies, il y a de fortes chances qu’il y ait le changement et pour qu’une nouvelle équipe arrive au pouvoir et redore le blason des sénégalais.

LA :Aujourd’hui vous êtes investi par une large coalition de partis ? Que vaut cette coalition puisque l’un de ses membres, en l’occurrence le Parti Socialiste, veut faire bande à part ?

M.N : Vous savez, il y a eu au départ un processus qui a duré 14 mois. Au terme de ce processus, une majorité des partis et des mouvements membres de la coalition ont fait leur choix. Si quelqu’un n’est pas d’accord avec une telle désignation et choisisse de quitter, qu’il prenne ses responsabilités. Mais croyez moi, la coalition Benno Siggil Sénégal comporte une quarantaine de membres : 33 partis politiques et 7 mouvements. La coalition continue de prendre de l’ampleur renforcée par certaines personnalités qui ont renoncé à leur candidature. C’est le cas de Latif Coulibaly (NDLR : célèbre journaliste d’investigation et patron de groupe de presse au Sénégal), qui a renoncé à sa candidature à l’élection présidentielle pour venir soutenir la coalition de l’unité et du rassemblement. C’est le cas aussi de Moussa Touré, ancien ministre de l’Economie et des Finances du Sénégal et ancien président de la Commission de l’UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine) a fait de même. Autre candidat qui nous a rejoint, Me El Haj Diouf, avocat, a aussi renoncé à sa candidature pour nous rejoindre. Plusieurs mouvements ont adopté cette tendance. Ils viennent du monde politique mais aussi de la société civile, du M 23 (NDLR : mouvement de contestation de la jeunesse sénégalaise initié par les jeunes rappeurs et qui organise depuis le 23 juin 2011 des manifestations régulières réclamant le changement), du mouvement «Doyna» et de larges franges issues des Assises Nationales. Pour objectiver, nous pensons que cette coalition pèse lourd aujourd’hui. L’enjeu réside dans la transparence du scrutin. Il faut sécuriser les élections et contrer d’éventuelles tentatives de fraudes et veiller à ce que le code électoral soit appliqué dans sa plénitude de manière que seuls les procès verbaux signés par tous les représentants dans les bureaux de vote puissent faire foi. Si c’est le cas, nous pouvons être optimistes.

LA : Ces conditions de transparence ne sont-elles pas réunies aujourd’hui ? On a quand même plusieurs observateurs dont des représentants de l’Union Européenne ainsi que des représentants des partis politiques sénégalais qui seront admis dans les bureaux de vote ?

M.N :Objectivement, oui. Mais le fraudeur d’hier est le fraudeur d’aujourd’hui et sera encore le fraudeur de demain. Nous savons qu’il existe aujourd’hui et je pèse bien mes mots, à l’agence de développement de l’informatique d’Etat (ADE) installé dans la zone de la technopole, un logiciel de fraude prêt à l’emploi. Abdoulaye Wade fera tout pour passer si sa candidature est validée par le conseil constitutionnel. J’apprends d’ailleurs qu’il est entrain d’hypothéquer le building administratif légué au Sénégal par la France pour 200 millions de dollars. C’est inacceptable.

LA : Et s’il y avait reconduction du président Abdoulaye Wade au lendemain du 26 février 2012 ?

M.N : Si une telle chose avait lieu, le Sénégal sera ingouvernable. Les sénégalais aspirent au changement. Et ils l’obtiendront si le scrutin est transparent.
LA :Au-delà d’Abdoulaye Wade, le problème de votre pays, le Sénégal, n’est-il pas d’ordre constitutionnel, avec une fonction présidentielle concentrant beaucoup de pouvoirs au détriment du législatif et du judiciaire ?

M.N : Ce sont là justement les conclusions des Assises nationales qui ont repensé un projet de constitution. Il s’agit d’un nouvel rééquilibrage qui permettra à l’assemblée nationale d’avoir un droit de contrôle sur l’exécutif. Le président de la république ne présidera plus le conseil supérieur de la magistrature. Ce sont des réformes essentielles pour améliorer la bonne gouvernance, la transparence et, partant, lutter contre la corruption, la gabegie, le gaspillage des ressources publiques et la violation des libertés individuelles ainsi que des libertés de la presse. Nous comptons d’ailleurs abroger l’article 81 du code pénal, véritable épée de Damoclès sur la tête des éditeurs de presse et des journalistes.

LA :Une fois que votre coalition arrive au pouvoir, ne risque-t-on pas de revivre le remake de l’an 2000. Vous formiez alors une coalition avec Abdoulaye Wade mais qui n’a guère survécue à sa victoire ?

M.N : Il y a quand même une différence par rapport à 2000. A l’époque, il n’y avait pas eu d’Assises Nationales au préalable. Ensuite, tout le monde avait misé sur l’honorabilité d’un homme. Il s’est produit le contraire. Bref, les accords que nous avons signés aujourd’hui engagent sur l’honneur l’ensemble des acteurs politiques qui ont été les organisateurs et les animateurs des Assises Nationales. Je ne connais pas dans cette coalition un homme ou une femme capable de trahir ses engagements, son honneur et sa parole.

LA : Pour élargir la perspective, peut-on dire aujourd’hui que le printemps arabe concerne aussi l’Afrique subsaharienne ?

M.N : Le printemps arabe a été un événement historique qui a libéré les peuples concernés. Mais il y a une connotation interne de violence dans ces mouvements, comme la mort de Kadhafi ou encore cette scène où l’on voit l’ancien président Moubarak sur une civière, sanglé sous les draps, et se présentant devant le juge. Nous ne souhaitons pas ce genre de situations et d’images dans notre pays, le Sénégal. Nous souhaitons en tout esprit démocratique que le changement se fasse dans le respect de la loi et du droit et surtout sans aucune forme de violence qui ne proviendrait pas de toute manière des forces démocratiques. S’il y a risque de violence, cela ne pourra venir que du pouvoir. Vous avez bien vu les nervis qui ont été envoyés chez Abdoulaye Bathiliy (NDLR ancien candidat à la présidence, membre de la coalition Benno Siggil Sénégal), proférer des menaces et qui ont été à la mairie de Sicap Mermoz où il y a eu les incidents qui ont conduit à la mort de l’un des nervis.

LA : Avez-vous personnellement était menacé par ces nervis et qu’est-ce qui prouve que ces nervis sont envoyés par le parti au pouvoir ?

M.N : Les nervis m’ont rendu visite à deux reprises. Début octobre 2011, un mardi et un jeudi dans la même semaine, j’ai reçu la visite de ces jeunes qui menaçaient de brûler mon domicile. Ils ont été repoussés grâce à la mobilisation des militants de mon parti. Ces visites coïncidaient avec le jour de l’ouverture du procès et du verdict du cas Malick Noël Seck (NDLR : jeune activiste arrêté pour avoir adressé une lettre au conseil constitutionnel l’enjoignant de ne pas valider la candidature du président Wade). Le pouvoir s’attendait à des manifestations et a envoyé des nervis chez moi avec des 4x4 pick ups appartenant au parc automobile du PDS. Le même nombre de nervis, 60, avaient été envoyés chez Ousmane Tanor Dieng. (NDLR : leader du parti socialiste). Ce sont les mêmes 4 x4 qui sont à l’origine des incidents survenus à la mairie de Mermoz où l’un des nervis a trouvé la mort. Il a été établi qu’après l’incident, les 4 ou 5 pick ups sont retournés directement à la permanence du PDS au pouvoir. L’enquête de police a prouvé que ces véhicules avaient reçu des bons de sortie. Aujourd’hui, dans le cadre de la même enquête, de nombreux membres du PDS sont entendus par la Police. Parmi les agresseurs, quatre à cinq sont en prison. C’est pourquoi je vous disais tantôt que l’image de la vitrine démocratique qu’était le Sénégal s’est craquelée.

LA : Du point de vue économique, le Sénégal a enregistré des réalisations significatives durant ces 12 années d’alternance. N’est-ce pas votre point de vue ?

M.N : Vous savez, il y a moins d’une semaine, le gouvernement sénégalais a décidé de réduire de 15 à 8 les rotations de la Royal Air Maroc sur l’axe Casablanca- Dakar. Dans le même temps, ces rotations réduites ont été attribuées à une autre compagnie du Moyen Orient. C’est significatif de la manière dont se traite aujourd’hui les affaires au Sénégal. Il y a eu certes des infrastructures, notamment sur la Corniche Ouest et sur la VDN ainsi que sur l’échangeur de la Patte d’Oie avec une autoroute à Péages. Mais ces infrastructures s’arrêtent à Dakar et comportent des coûts prohibitifs. Chaque kilomètre de goudron en double voie sur la corniche a coûté 12 millions de dollars sur la base des déclarations de ceux qui étaient chargés de ces travaux. C’est un coût qu’on ne trouve ni en Corée du Sud, ni dans le Golfe arabopersique, ni en Europe, encore moins en Afrique. Evidemment, ils refusent tout contrôle, tout audit et toute instruction sur ces travaux. Vous connaissez l’histoire de Macky Sall qui pour avoir demandé aux ordonnateurs de ces travaux de rendre compte, a été défenestré de l’assemblée nationale (NDLR : alors président de l’assemblée nationale, Macky Sall est tombé en disgrâce pour avoir convoqué Karim Wade, chargé de ces grands travaux, à venir s’en expliquer devant le Parlement). Donc, si on peut parler du bilan de l’alternance ? Oui, il y a eu quelque chose de visible sur le plan de l’amélioration de facilitation de la circulation urbaine à Dakar. Seulement, le coût induit va à l’encontre des règles de bonne gouvernance. Donc, à vous de juger entre les infrastructures visibles et les détournements de fonds que ces infrastructures ont occasionné. Sur le plan agricole, il n’y a pas de progrès. Sur le plan du commerce et des denrées de base, le riz, l’huile, le carburant pour les véhicules, l’électricité et l’eau ont fortement augmenté. On ne peut pas parler de progrès. Des investisseurs privés comme le groupe marocain Chaaabi qui s’était fait attribuer une vingtaine d’hectares à Dakar ont été expulsés dans des conditions d' extrême violence en ne tenant aucun compte des investissements qu’ils avaient consentis en travaux de génie civil. Le climat des affaires s’est dégradé pour tous les secteurs d’activité.

LA : Vous avez insisté sur le coût des grands travaux. Est-ce à dire que le Sénégal s’est endetté au-delà du raisonnable ?

M.N : L’endettement c’est le monstre du Loch Ness. On en connaît une partie, mais l’autre ne sera connue qu’après le départ de ce gouvernement. Le président Abdoulaye Wade continue encore de s’endetter sur le marché financier international à des taux d’intérêt prohibitifs. Je ne mets pas en cause le ministère des Finances mais les orientations politiques du Président.

LA : Monsieur Niasse, il y a quand même des évolutions notables à l’actif de ce gouvernement comme l’aéroport Blaise Diagne ou l’autoroute à Péage ?

M.N : Le premier avion devait décoller de cet aéroport en février 2006. Quel est le système qui a permis de financer cet ouvrage loin d’être achevé puisqu’il n’y a aujourd'hui que la tour de contrôle et une piste d’atterrissage ? Les travaux de l’aérogare, du tarmac et des bâtiments ne sont même pas engagés. Il y a six ans de retard. L’on nous promet que l’aéroport sera fini en 2014. Or, 9 sénégalais sur 10 ne souhaitent pas que le président Wade soit encore là en 2014. L’audit de tous ces financements, de tous ces contrats et de tous ces engagements sera terrible. Quant à l’autoroute à Péage, j’espère que vous l’avez emprunté. Vous constaterez qu’elle s’arrête 800 mètres après la gare de péage. Vous retomber sur les embouteillages alors qu’on paye 400 francs par véhicule. Il faut ensuite 2 à 3 heures pour parcourir les 25 kilomètres qui séparent Pikine de Rufisque.

LA : Pourtant on a l’impression, en regardant ne serait-ce que les taux de croissance du PIB, que le Sénégal est sur une pente ascendante ?

M.N : Compte tenu de la crise, les prévisions tablent sur une croissance zéro en Europe, 3% dans le monde et 6% pour l’Afrique. Donc c’est un phénomène global. Les sénégalais vous répondront qu’on ne va pas au marché avec des taux de croissance dans le panier de la ménagère. Ça ne se manage pas. Le niveau de vie des populations s’apprécie en fonction des difficultés rencontrées, des facilités obtenues comme l’accès aux produits de première nécessité, l’alimentation, les soins médicaux, l’éducation et la protection de la sécurité. Sur le plan macroéconomique, on a enregistré 2,6% de croissance du PIB en 2008, 2,7 en 2009 et 2,4 en 2010. Peut être qu’on atteindra 4% cette année. Mais est ce que cela va réduire le prix du carburant, du riz, l’endettement du Sénégal ? Il y a de vraies réformes à mettre en place, à commencer par la réduction du budget de la présidence qui atteint 100 milliards de F CFA l’an.

LA : Si vous êtes élu, quelles seront les premières mesures fortes que vous prendrez en direction du secteur privé ?

M.N : Mettre en place les conditions de l’amélioration du climat des affaires, en raccourcissant les délais de traitement de dossier. La relance de la réindustrialisassions du Sénégal est nécessaire aux côtés de la modernisation de l’Agriculture, de la réhabilitation des filières productives, de la pêche, de l’élevage etc. Ces mesures seront vaines sans une vraie restructuration des dépenses de l’Etat, l’amélioration de la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption. Evidemment, nous procéderons à l’état des lieux, mais sans violence, sans chasse aux sorcières et en toute transparence.

LA : Pour finir et sur une touche plus personnelle : quels sont vos modèles politiques dans le monde et en Afrique ?

M.N : Le modèle le plus proche de moi est le type de gouvernance politique de Senghor fondé sur la philosophie de l’humanisme africain, sur la promotion des valeurs africaines et sur cette forme de générosité et de respect du bien public, qui interdisait toute tentation de s’enrichir soi même, enrichir sa famille, créer un clan ou une clientèle. Feu Hassan II et son auguste successeur, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, font partie aussi de mes modèles. Feu le président Félix Houphouët Boigny par sa sagesse, son sens de la modernité et de la mise en place des mécanismes de développement, fait aussi partie de mes modèles. Evidemment, Nelson Mandela est pour moi le modèle des modèles qu’on peut appeler le Pontifex Maximums, le grand pontife. Un seul mandat de cinq ans et il se retire. Il a su cultiver le pardon et l’oubli pour réconcilier les sud-africains quelque soient leurs origines. Mandela est aujourd’hui une référence universelle. L’Afrique doit s’en inspirer et continuer de cultiver l’espoir. L’espoir est la source d’énergie des initiatives et des ambitions qui font la grandeur d’un peuple et d’un continent. Les sages de l’antiquité ont dit qu’un peuple entre en décadence dés qu’il commence à tourner le dos aux valeurs qui devraient faire sa propre grandeur. C’est cela que l’Afrique doit éviter. Il a été démontré aujourd’hui que l’Afrique n’est pas le problème mais la solution. Avec ses ressources naturelles, ses espaces agricoles exploitables à 80%, ses capacités hydriques, ses intellectuels, l’Afrique a toute les raisons d’espérer.

Propos recueillis par Adama Wade
 
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