Journal en ligne - [n°186 du  19 janvier au 25 janvier 2012 ]
La perte du triple A de la France et ses conséquences sur l’Afrique Version imprimable
26-01-2012
Vendredi 12 janvier, les marchés financiers sont en ébullition. La France a bel et bien perdu son triple A. Voici les conséquences immédiates sur l’Hexagone, garant de la monnaie FCFA.

On s’attendait à cette nouvelle depuis longtemps ! D’abord il y a eu des rumeurs et des valses de rectifications diplomatiques de la part des autorités françaises. Déjà le 9 Décembre 2011, la France et 15 autres pays ont été avertis de leurs positions critiques vis-à-vis de leur note financière. Finalement, la nouvelle, largement anticipée par le marché, est tombée en fin d’après midi du vendredi 12 janvier. La France perd un point de la note de sa dette souveraine. Apres les Etats Unis, le 5 Aout 2011, c’est la deuxième grande nation occidentale à faire les frais de l’agence Standard&Poor. La question maintenant est de savoir quel chemin emprunter après cette triste note ? Au niveau de l’Europe, l’impact de la perte du Triple A sera lourd sur la crise. Passée la réaction d’orgueil, perceptible dans les mots, la France doit engager des mesures fortes. Après tout, les Etats Unis ont survécu à la tempête. L’Oncle Sam continue d’emprunter à des taux extraordinairement bas, et commence à amorcer un début de reprise. Pour les économistes, l’Hexagone doit mettre en branle un plan d’austérité souple et consistent mais rigide. L’erreur serait de s’engager dans une politique de hausse de taxes et réduction tout azimut de dépenses publiques. Le pays est déjà en récession et une politique fiscale contra-cyclique, pour le plaisir des spéculateurs, peut aussi étrangler l’économie française. Certains analystes pensent que la France est tombée dans cette situation à cause d’une trop grande implication dans la crise européenne. Aider l’Italie et l’Espagne à améliorer la gestion de leurs dettes publiques, pourra sans doute relever la crédibilité de l’économie française. Mais à quel prix ?

Techniquement, la baisse de la note française, va compliquer l’acquisition de ses bons de trésors. Standard &Poor a simplement signifié à Paris que sa dette souveraine est insoutenable et que tout investissement dans le marché des bons publique français est risqué. Aux niveaux des investisseurs, cela va se confirmer par une hausse des taux d’intérêts sur les bons publics français. Contrairement à la situation aux Etats –Unis la baisse de la note financière, n’a pas eu un impact négatif sur ces bons publics, le cas de la baisse française, peut relever le taux global des bons de trésors sur les marchés européens. Le tableau ci-dessous montre les troubles de la France ! sa dette (Sd) publique est de 10, soit deux fois la normale requise de 5, quand le taux d’intérêt sur le bon de trésors est de 3.10%. La réaction chaude du marché financier peut être aussi évaluée en termes de couts de l’assurance sur le risque de default de la dette publique (Credit Default Swaps-CDS) des pays européens. Une valeur à la hausse signifierait une incertitude grandissante des investisseurs vis-à-vis de ces bons publics ! Jetons un regard sur le tableau de bas !

Les conséquences sur le plan international


La baisse de la note française n’aurait pas eu les mêmes effets deux mois auparavant. Le marché financier était déjà préparé à la nouvelle. Pour certains spécialistes, la France est «tombée» le 9 Décembre 2011, jour ou elle a vu son nom sur la liste noire des 15 pays européens aux horizons incertains. Pour cette raison, il n’y aura pas trop de turbulences sur les marchés à court terme. L’Allemagne et la Hollande qui n’ont été touchés émergent comme des économies «saines» pour les investisseurs et spéculateurs. Dans le long terme cependant, on pourrait voir des mouvements de capitaux de l’Europe vers les Etats Unis, suite à la récente reprise économique de ce pays. Les pays émergents sont-ils prêts à recevoir une partie de ces énormes capitaux ? Il serait précoce de donner une réponse claire. En ce qui concerne, la relation économique entre la France et ses colonies françaises, la baisse de la note de Paris peut affecter le système bancaire des pays africains. Celle-ci n’aura pas cependant d’effets immédiats sur la parité fixe euro/Franc CFA. Souvenez-vous l’évaluation de la note souveraine est purement une question Franco-Française. Il faudrait mettre donc en place un club de Paris pour Paris !

Francis Konan, New York
 
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