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Responsabilité et efficacité de l’aide au développement Version imprimable

Le département pour le Développement international du gouvernement britannique a récemment organisé une journée de réflexion pour voir si les recommandations, arrêtées à Paris en 2005 en faveur d’une aide au développement plus efficace, vont être appliquées d’ici 2010, la date convenue.

Par Charles Bambara, Londres

La coresponsabilité en matière d’aide La coresponsabilité est au cœur de cette approche innovante que veut créer la Déclaration de Paris en faveur d’une aide plus efficace. Ces cinquante dernières années, on estime en effet que plusieurs trillions de dollars d’aide ont été déversés dans les pays en développement avec des résultats mitigés. Très souvent les pays donateurs ont voulu prendre les décisions de financement à la place de leurs partenaires au développement. Ainsi, on est arrivé à récompenser ceux que l’on jugeait être de bons élèves. Et à délaisser d’une certaine façon ceux qui étaient considérés comme de mauvais élèves. Et, alors que les pays africains pouvaient être éjectés des circuits d’aide, les pays développés, eux, ne perdaient jamais leurs parts de marché.
Cette aide est de plus en plus liée à cause des multiples conditionnalités décidées par la communauté internationale : démocratisation et bonne gouvernance, par exemple. Ce qui a fini par révolter certains dirigeants politiques africains, comme le président Museveni, d’Ouganda, qui a laissé éclater sa frustration un jour en disant que « le modèle de démocratie à l’occidental ne sied pas bien à l’Afrique ». Mais même après ce coup de gueule, l’Ouganda n’a pu se soustraire au diktat de la conditionnalité de l’aide…

Objectif non atteint Les participants à cette rencontre de reflexion et d’analyse reconnaissent que le chemin reste encore long. Il y a toujours un déficit d’efficacité de cette aide, publique ou privée, en faveur des efforts de développement des pays africains. Les nombreuses initiatives prises au niveau international restent comme stériles. Il y a toujours cette dichotomie entre les très bonnes résolutions, arrêtées lors de ces grands rendez-vous, et la volonté politique pour les appliquer sur le terrain. Pourtant, la misère grandissante dans les campagnes, comme dans les villes africaines, devait être un catalyseur pour aider à changer le statut quo.

Une délégation russe de Gazprom, en visite au Nigeria, indiquait que, ces cinquante dernières années le pays avait été exploitépar les Occidentaux et que Gazprom allait travailler dans un meilleur esprit de partenariat avec les Nigérians.

Les changements Mais quelque chose est tout de même en train de changer. La Déclaration de Paris demandait, par exemple, aux donneurs de s’aligner sur les stratégies des partenaires. Il y a eu des avancées à ce niveau, surtout en ce qui concerne la coopération Sud-Sud qui se développe avec l’apparition des BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), considérés comme les futures puissances mondiales. Ces BRIC tendent à vouloir développer une coopération en phase avec les besoins et les stratégies mises en place par les pays africains. Récemment, une délégation russe de Gazprom, en visite au Nigeria, indiquait à l’administration Yar’Adua, à Abuja, que ces cinquante dernières années le pays avait été exploité par les Occidentaux et que Gazprom allait travailler dans un meilleur esprit de partenariat avec les Nigérians. Les Chinois, qui sillonnent l’Afrique à l’affût des opportunités d’affaires, ont le même discours. Même si cette coopération semble plus équitable, les Africains sont réalistes. Un homme politique français disait en effet « qu’en politique, il n’y a pas d’amitié mais des intérêts à défendre ».
La rencontre de Londres a permis de faire le point sur l’avancée de la mise en œuvre de la Déclaration de Paris. Elle a surtout constaté que le chemin reste long, d’ici 2010, pour que l’essentiel des recommandations arrêtées devienne une réalité.

 

 
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