Objectif de l'Ile Maurice : 65 % d’énergies renouvelables Version imprimable
28-07-2009

Comment réduire de deux tiers sa dépendance aux énergies fossiles.

 

Il revient aux politiques de trancher la part de surface agricole qui sera réservée à la nutrition et aux biocarburants.

Il revient aux politiques de trancher la part de surface agricole qui sera réservée à la nutrition et aux biocarburants.

Ferme éolienne

Avec la Compagnie sucrière du Sud Ltée (CSS), la Compagnie thermique de Savannah (CTSAV) et la Compagnie thermique du Sud (CTDS), le groupe Mon Trésor Mon Désert, rebaptisé récemment Omnicane Ltd (l’une des cinq premières entreprises cotées à la Bourse de Maurice à son ouverture en 1989), est l’un des acteurs majeurs de l’économie mauricienne. Après une étude technico-économique et environnementale, Omnicane a officialisé en février le lancement de relevés anémométriques nécessaires à la mise en place d’une ferme éolienne de 25 MW à Britannia, qui servira à la production d’énergie. Ce projet rentre dans le cadre du Mécanisme de développement propre (mise en place d’une bourse mondiale du CO2 sous, l’égide de l’ONU), qui permet aux pays et entreprises occidentaux de contribuer financièrement à dés projets de développement durable dans les pays du Sud, via notamment l’achat des Unités de réductions d’émissions de CO2 certifiées. D’après l’entreprise, si l’analyse des mesures de la vitesse du vent s’avère concluante, « la mise en opération des éoliennes d’une hauteur de 101 mètres est prévue pour la deuxième moitié de 2010 ».

Après une étude technico-économique et environnementale, Omnicane a officialisé en février le lancement de relevés anémométriques nécessaires à la mise en place d’une ferme éolienne de 25 MW à Britannia, qui servira à la production d’énergie.

Chauffe-eau solaire

Après un test en décembre 2008 chez un salarié où avait été installé un chauffe-eau solaire, Omnicane a décidé, en février 2009, d’offrir 120 appareils à ses salariés. La pose est accompagnée d’une campagne de sensibilisation aux économies d’énergie. Ce projet, d’un montant de 2,6 millions Rs, est financé par l’Etat et l’entreprise. En effet, le Maurice île durable fund (MIDF) octroie une subvention de 10 000 Rs par chauffe-eau solaire, et l’entreprise prend en charge le supplément de l’investissement. L’installation, qui coûte environ 1500 Rs, reste à la charge du salarié. Le chauffe-eau solaire permet de réaliser une économie de 25% de la facture énergétique par mois.

 

Ethanol

Alcodis est le seul producteur à grande échelle d’éthanol à partir de la distillation de la mélasse dans les îles de l’océan Indien. Le projet a été lancé en novembre 2001. L’usine est conçue pour une production de 30 millions de litres d’éthanol, produit à partir de la conversion d’environ 120 000 tonnes de mélasse. L’usine est devenue opérationnelle en 2004. Dans le cadre du projet Maurice île durable, il semble toutefois surprenant que l’Etat subventionne les véhicules électriques, mais qu’il ne développe aucune stratégie pour encourager les véhicules hybrides. L’éthanol produit est actuellement destiné uniquement à l’exportation. Les autorités détiennent pourtant les leviers, notamment fiscaux et de droits de douane, pour stimuler une demande nationale. De plus, lors du renouvellement du parc automobile de l’Etat et des collectivités territoriales, l’achat de véhicules hybrides permettrait de dynamiser la production d’éthanol. L’indépendance énergétique de l’île passe aussi par l’exploitation de toutes les ressources locales. Encore faut-il que l’entreprise ait les autorisations pour commercialiser l’E10 sur l’île. On se retrouve dans une situation un peu paradoxale où Alcodis LTD attend les autorisations pour mettre à disposition son carburant sur le marché, alors qu’il le commercialise à l’international.

 

Manger ou conduire : faudra-t-il choisir ?

Il revient aux politiques de trancher la part de surface agricole qui sera réservée à la nutrition, et l’opportunité ou non de développer des biocarburants de première génération qui sont aujourd’hui délaissés au profit de ceux de deuxième, voire de troisième génération. Répondre à cette question revient à ouvrir les épineuses questions de la sécurité alimentaire et du transport. En effet, les déplacements et l’agriculture doivent être au cœur du projet Maurice île durable et de l’indépendance énergétique. La moitié de la consommation d’énergie sur l’île est due au transport. D’après les chiffres officiels, en 2006, le transport, avec 48,8%, et l’industrie, avec 31%, représentent les principaux postes de consommation énergétique de l’île. Selon les estimations de la Mauritius Commercial Bank (MCB), la flotte automobile de Maurice sera de 321 570 véhicules en 2016, contre 18 166 en 2006. Parallèlement, le réseau routier devrait être développé (de près de 80% d’après le MCB) pour répondre à la demande. Quelle place sera réservée aux transports en commun et aux déplacements doux (piétons, vélos, etc.) ? Faut-il instaurer une taxe en fonction de la consommation d’énergie des véhicules ? Voilà quelques questions essentielles, en plus des réflexions sur l’indépendance alimentaire, qui devraient figurer dans le projet MID.

 

Green data centers de l’Afrique et du monde ?

Avec le développement des green data centers où la chaleur est récupérée et l’eau froide des fonds marins utilisée pour le refroidissement, Maurice se positionne comme un acteur important d’hébergement de centres de données.

Le développement des technologies de l’information et de la communication entraîne une demande croissante en énergie. En effet les centrales de stockage des serveurs informatiques sont de véritables gouffres énergétiques. La virtualisation (installation d’un logiciel capable de produire d’autres systèmes d’exploitation) et le green IT (réduction de la consommation d’énergie du matériel informatique) sont les solutions retenues par les géants du secteur. En attendant le développement de ces innovations, la demande de data centers ne cesse de croître. Selon le document « Investir à l’Ile Maurice », le marché de la sous-traitance en matière d’hébergement de centres de données est estimé couramment à près de 40 milliards de dollars. L’Afrique est confrontée actuellement à un double challenge : explosion de la demande en TIC et problématique énergétique.

 

Thierry Téné, expert en développement durable

 

Pour en savoir plus sur le programme Maurice  île durable

www.maurice-ile-durable.com  : toutes les informations sur la stratégie de développement durable sur l’île

www.investmauritius.com  : l’investissement à l’Ile Maurice

 

 
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