| Le chassé-croisé des compagnies |
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Les unes arrivent, les autres repartent. C’est le chassé-croisé des entreprises à Malabo. Les premières, cédant au mirage, se précipitent. Les autres, revenues de leurs désillusions préfèrent repartir… En 2004, selon le World Investment Report (de la CNUCED), le pays a reçu 1,65 milliard de dollars d’IDE. Tous les investisseurs étrangers ne semblent pas aussi exigeants sur l’environnement des affaires, puisque l’édition 2008 du rapport Doing Business de la Banque mondiale classe le pays au 165e rang mondial. D’autant que l’indice de protection des investisseurs y est de 3,7, inférieur à la moyenne africaine qui est de 4,3. Les Etats-Unis en sont à 8,3. Malgré tout, les entreprises, nationales et surtout étrangères, veulent profiter des marchés publics en s’adaptant à « la lenteur et à la complexité des procédures administratives, à la pénurie de personnel qualifié et à l’absence d’un système d’information fiable ».
Entreprises désabusées Ces entreprises sont toutefois de plus en plus nombreuses à jeter l’éponge. Et pas des moindres. Outre les trois sociétés d’inspection douanières, SGS, Veritas et Cotecna, d’autres ont rendu les armes, de guerre lasse. Ainsi, au début de cette année, Tractafric. La vénérable distributrice d’équipement de travaux publics, qui avait la représentation de Caterpillar en Afrique centrale en 1937 déjà, aujourd’hui filiale du groupe marocain ONA, et qui a fait un chiffre d’affaires de 417 millions d’euros en 2006. On encore le groupe gabonais Sogafric, qui fête ses cinquante ans, fort de ses 1050 employés et d’un chiffre d’affaires annuel de 119 millions d’euros, dont les activités diversifiées concernent la distribution et la maintenance des véhicules automobiles, d’engins forestiers et de camions, la construction métallique, le froid commercial, l’électroménager, le mobilier et l’exploitation forestière, avec des participations dans la banque, l’assurance et les nouvelles technologies. Il n’a pas non plus été de taille pour survivre en Guinée équatoriale. France Telecom entretiendrait pour sa part des relations plutôt tendues avec le gouvernement. Le canadien SNC Lavallin, chargé du contrôle technique du port, un des leaders mondiaux de l’ingénierie et de la construction, 9,9 milliards de commandes en 2009, qui travaille actuellement dans une centaine de pays, serait également sur le départ.
Longs délais Les entreprises qui restent, quelle que soit leur notoriété ou leur poids financier, Bouygues comme Arab Contractors ou d’autres encore, doivent accepter des conditions toujours léonines. Délais de paiement extraordinairement longs et « passage obligé » chaque mois devant une « commission des paiements » pour se faire délester d’exorbitants « jetons de présence ». Ce qui ne préserve pas toujours des mauvaises surprises. Ainsi, le 27 février, tombe un arrêté du ministre des Mines, de l’Energie et de l’Industrie, annulant sans préavis « tous les contrats miniers et d’exploitation de carrières souscrits jusqu’à cette date. Toutes ces sociétés, en vertu des contrats ainsi annulés, sont obligées de négocier et souscrire de nouveaux contrats conformément aux exigences judiciaires actuellement en vigueur ». L’arrêté ministériel « offre » quand même une « période transitoire 60 jours pour la signature de nouveaux contrats. Passé ce délai, une sanction de 50 millions de FCFA (plus de 76 200 euros) sera appliquée aux sociétés contrevenantes ».
Loyers forcés Seul le secteur pétrolier semble épargné, relativement toutefois, par ces pratiques ubuesques. Les compagnies pétrolières doivent néanmoins, en plus du partage contractuel des revenus, accepter quelques « contributions forcées ». EXXON-Mobil payerait chaque mois un loyer de six millions de dollars pour un terrain, à la société Abayak, qui gère par ailleurs les… biens privé du président Nguema. Cette pratique des loyers forcés, particulièrement élevés, semble s’appliquer à toutes les grandes entreprises qui ont pignon sur rue. Voir Aussi :
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