Journal en ligne - [n°116 du 15/04/2010 au 21/04/2010 ]
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De la Haute-Volta au Burkina Faso…De la Haute-Volta au Burkina Faso… Version imprimable
13-04-2010

Plus qu’un simple changement de nom. La naissance d’un peuple fier.

Auparavant, il y avait eu le Dahomey devenu Bénin. Le Congo devenu Zaïre, sans compter la Rhodésie du Nord devenue Zimbabwe ou encore le sud-ouest africain devenu Namibie. Dans les deux derniers cas, l’émancipation du pays justifiait largement le changement de nom. En revanche dans les deux premiers, le seul bon vouloir du « père » de la nation en était la motivation. Aussi, en 1983, quand le Conseil national de la révolution (CNR), sous l’impulsion de ses quatre frères d’armes, remplace la Haute-Volta par Burkina Faso, le sourire des progressistes africains est plutôt contrit. Encore un cas de mégalomanie, se disaient-ils. La suite des événements prouva le contraire.

 

Partages successifs

En devenant Burkina Faso, le « pays des hommes intègres », la Haute-Volta, renaît autrement. Essentiellement situé dans le sec Sahel, le pays a tardé à prendre forme. Conquis par la France en 1894, il est inclus en 1904 dans la colonie du Haut-Sénégal et du Niger. En 1924, le territoire est reconstitué, mais c’est pour, de nouveau, être partagé en septembre 1932 entre les colonies de Côte d’Ivoire, du Soudan et du Niger. En juillet 1937 est créée une région administrative de la Haute-Côte d’Ivoire regroupant les cercles de Ouagadougou, Kaya, Tenkodogo, Koudougou, Gaoua et Bobo-Dioulasso. Puis, en septembre 1947, la Haute-Volta est rétablie dans ses limites de 1932.

 

Coups d’Etat

En marche vers l’indépendance, la Haute-Volta adhère à la Fédération du Mali, composée du Sénégal, du Soudan et du Dahomey, avant une ultime volte-face, l’adhésion au Conseil de l’Entente, imaginé par le président ivoirien pour faire pièce à la Fédération du Mali dont il ne voulait pas entendre parler. Houphouët-Boigny aurait usé d’espèces sonnantes pour convaincre la Haute-Volta et le Dahomey.

Le 5 août 1960, Maurice Yameogo proclame l’indépendance du pays, se fait réélire à plus de 99% des voix en octobre 1965. Ce n’est pas du goût de l’armée. Le 3 janvier 1966 le lieutenant-colonel Sangoulé Lamizana perpètre le premier coup d’Etat militaire du pays. L’histoire devient tumultueuse. Lamizana est à son tour remplacé par un pouvoir militaro-civil avant que Saye Zerbo ne le renverse le 25 novembre 1980. Il sera lui-même évincé par Jean-Baptiste Ouédraogo, à son tour écarté par le quatuor Sankara, Compaoré, Lingani et Zongo le 4 août 1983.

 

Fierté naissante

Le dessein révolutionnaire est clairement proclamé. Si la révolution a hélas mangé ses enfants, l’ancien réservoir de main-d’œuvre pour ses voisins, surtout la Côte d’Ivoire, elle n’en a pas moins, sous l’impulsion de Sankara, donné à son peuple fierté et dignité et l’a mis au travail. Le Voltaïque qui rasait les murs est devenu un fier Burkinabé, sans complexe.

Belle revanche ! Le Burkina est appelé au chevet d’une Côte d’Ivoire malade de sa rébellion. Le leadership burkinabé, controversé dans son engagement suspect au Liberia et en Sierra Leone, est désormais consacré. Compaoré est médiateur au Togo, en Guinée et les conférences internationales se multiplient à Ouagadougou, radicalement transformé en moins d’une décennie. Un pays est né, à la démocratie encore chancelante mais à la stabilité et au rayonnement moins contestables. <

 

CES

Le médecin commandant Jean Baptiste Ouedrago cumulait jusqu’au moment de la révolution du 4 août 1983 les fonctions de président du Comité de salut du peuple (CSP), de chef de l’Etat et de ministre de la Défense et des Anciens combattants.

Le 25 novembre 1980, à la tête du Comité militaire de redressement pour le progrès national (CMRPN), le colonel Saye Zerbo renverse le général Aboubacar Sangoulé, mettant fin au régime parlementaire de la IIIe république. A son renversement, le 7 novembre 1982, il cumulait les fonctions de chef d’Etat et de ministre de la Défense.

Le général Aboubacar Sangoulé Lamizana devient président en janvier 1966, profitant de la démission du Premier ministre. Il est l’inspirateur de la IIIe République, avant d’être renversé par Saye Zerbo.

Maurice Yaméogo dirigera la Haute-Volta de 1958 à 1966. Reélu à la Soviétique à 99,97% des voix en 1965 dans un scrutin où il était le seul candidat, il sera contraint à la démission une année plus tard. Officiellement, il s’agissait d’un « transfert de compétences » et non d’un coup d’Etat.

Thomas Sankara : un Che Guevara à l’Africaine, qui durant ses quelques années au pouvoir a imprimé une nouvelle mentalité à la Haute-Volta, rebaptisée Burkina Faso, pays des hommes intègres.

De son vrai nom Thomas Isidore Noël Sankara, panafricaniste et tiers-mondiste burkinabé. Il incarna la révolution burkinabée du 4 août 1983. Son assassinat en octobre 1987, à l’instar de l’assassinat de Kennedy, fait partie des grandes affaires politiques non élucidées.

François Mitterrand et Thomas Sankara. L’ancien président français lui aurait dit un jour : « quand Houpheït avait ton âge, il était encore plus gauchiste. »

Ici avec Blaise Compaoré, son tombeur. Moins démagogue et plus pragmatique, l’actuel président burkinabé aura eu le mérite de faire survivre la révolution Sankara.

Blaise Compaoré, facilitateur dans la crise ivoirienne, a fait de son petit pays une puissance diplomatique, exploratrice nette de paix.

Le développement est la priorité de Blaise Compaoré qui a fait basculer son pays dans le libéralisme économique à partir des années 90.

Ciel dégagé entre Paris et Ouagadougou. Les deux capitales sont sur la même longueur d’onde dans la plupart des dossiers, comme celui de la Côte d’Ivoire.

 
 
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