Cap-Vert : meilleure fiscalité pour parer au pire
12-11-2008

Un système fiscal attrayant fait du Cap-Vert un pays propice aux investissements. Pour consolider ces atouts et se prémunir face à la crise, l’archipel réfléchit à de nouvelles réformes.

Par Robert Adande, Cotonou

 

A travers les statuts d’investisseurs externes, d’utilité touristique et d’entreprise franche, le Cap-Vert affiche sa volonté de dynamiser son économie. L’investissement privé s’en trouve favorisé, du fait d’avantages fiscaux aguichants pour les investisseurs tant nationaux qu’étrangers. Pour renforcer ces acquis, le Parlement capverdien, en partenariat avec la Cour des comptes et la Coopération française, a initié un forum sur le système fiscal et les défis inhérents au développement du pays.

Des améliorations afin, que le Cap-Vert contribue, à travers les impôts, à rétablir un équilibre, à trouver les meilleurs réajustements dans la société, et à corriger les inégalités sociales.

A cette rencontre, spécialistes cap-verdiens, portugais et français ont exploré les défis de l’administration fiscale dans les sociétés contemporaines, et ont réfléchi sur un nouveau système fiscal pour le Cap-Vert.

José Carlos Delgado, président de la Cour des Comptes du Cap-Vert, a estimé pour sa part que cette rencontre représentait l’occasion idéale de partager les expériences des autres pays et contribuer ainsi à l’amélioration du système fiscal du pays. Cette réunion était aussi l’occasion pour d’introduire des améliorations, afin que le Cap-Vert contribue, à travers les impôts, à rétablir un équilibre, à trouver les meilleurs réajustements dans la société, et à corriger les inégalités sociales.

 

Perspectives

Deux angles ont permis d’établir le rôle du système fiscal dans le développement du Cap-Vert. Selon les experts présents, la mobilisation des ressources pour le financement de l’Etat et la réaffirmation de l’Etat social participeraient, grâce à leur fonction de redistribution, à la lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales. Le président du Parlement cap-verdien, Aristides Lima, a, quant à lui, indiqué que la politique fiscale du pays se devait d’annihiler les inégalités sociales. Il estime également que le système fiscal devrait permettre à l’Etat de fonctionner et de servir les objectifs de la politique sociale du pays, tout en contribuant à l’établissement de la justice sociale à travers la redistribution de la richesse.

Face à la crise économique mondiale, le Cap-Vert redoute les contrecoups ultérieurs de cette situation, qui secoueraient de nombreux pays. S’exprimant au cours d’une réunion destinée à examiner, avec les associations du secteur privé local, les implications éventuelles de cette crise dans l’économie du pays, Mme Fatima Fialho, ministre de l’Economie, de la Croissance et de la Compétitivité, a indiqué qu’il s’imposait au pays de s’astreindre à d’éventuelles privations, vu que l’archipel dispose d’une économie très vulnérable et dépendante. Bien qu’ayant été jusque-là épargné, le pays, pour Mme Fialho, devrait prendre des dispositions hardies pour prévenir le mal. Nul ne pouvant prétendre déterminer la fin de la crise, ni évaluer son ampleur, elle estime que son pays devrait transformer cette crise en opportunité et approfondir les réformes qui s’avèrent nécessaires au Cap-Vert.

D’ores et déjà, le gouvernement du Cap-Vert a adopté quelques mesures pour faire face à d’éventuelles répercussions de la crise internationale dans l’archipel. Au nombre de celles-ci, le réajustement des tarifs douaniers, le gel des prix de l’eau et de l’énergie et les augmentations des pensions alimentaires.

(reprise de l'article du journal numéro 50, 30 octobre au 5 novembre 2008)