Nigéria, crise post-électorale en vue
19-04-2011

Des jeunes, contestant la victoire de Goodluck Jonathan à l'élection présidentielle (57% contre 31% pour son rival Buhari), ont déclenché, dans l’après-midi du lundi 18 avril, plusieurs soulèvements dans les Etats du nord du Nigéria.
 Suite à la proclamation de la victoire du président sortant Goodluck Jonathan, avec 57% des suffrages contre 31% à Muhammadu Buhari, des émeutes ont éclaté, lundi, dans le nord du Nigeria. A Kano, à Kaduna et dans bien d’autres Etats du nord, une atmosphère insurrectionnelle régnait en fin de journée.  Les autorités ont dû imposer un couvre-feu de 24 heures dans l’Etat de Kaduna. Dans  cet Etat du Nord,  des insurgés ont incendié la résidence de Namadi Sambo, vice-président. Dans la ville de  Zaria, des  manifestants ont procédé à la libération par des détenus de la prison centrale de la ville. Selon plusieurs sources, notamment la Croix-Rouge locale, le nombre de victimes ne cesse de croître.


Pourtant, au vu d’un scrutin jugé honnête par les observateurs de l'Union africaine (UA) déployés sur le terrain, de telles scènes de violences n’avaient pas lieu d’être. Les  partisans de Muhammadu Buhari sont visiblement d’un autre avis, accusant  le parti au pouvoir de fraudes massives et de bourrage d’urnes. S’ajoute à cette suspicion électorale, des  clivages ethniques et religieux qui pourraient compliquer la donne. Le Nigeria n’est décidemment pas sorti de l’auberge.


D.M