Pour le CIAN, l’Afrique redevient une terre d’opportunité
21-02-2008

Les investisseurs français en Afrique estiment que le continent noir devient une terre d’opportunité. Tout en soulignant les points négatifs de l’environnement des affaires.

Par Chérif Elvalide Sèye, Dakar

Le jugement du Conseil français des investisseurs en Afrique, révélé par son 19e rapport Les entreprises françaises et l’Afrique est mitigé. « On observe un décalage entre l'optimisme des économies, qui souligne l'accroissement des ressources africaines, et la prudence des intentions d'investir », note à ce propos le président délégué du CIAN, Anthony Bouthelier.
L’explication tient à l’environnement des affaires que le rapport 2008 juge « toujours aussi difficile » sur le continent africain. « L'absence d'amélioration notable de l'environnement des affaires inhibe de nouvelles prises de risques ». Dans le même temps, note le rapport, « la croissance s’envole, en moyenne 5,7% ces dernières années, une performance économique sans rapport avec les précédentes décennies ».

 

CIAN

 

Pression fiscale Pour la première fois, le rapport établit une carte du harcèlement fiscal. Le constat est plutôt positif. Dans une douzaine de pays, les contrôles sont réalisés «dans les règles » et « sans problème majeur ». En revanche, dans sept autres, le Mali, la Côte d'Ivoire, le Cameroun, le Congo, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo et la Tanzanie, ils sont jugés « complètement démentiels ». Dans cinq autres, le Niger, le Soudan, le Mozambique, le Rwanda et le Burundi, ils sont « très fréquents, avec une pression permanente parfois difficile à gérer ».
Le rapport exprime également une préoccupation pour l’état de droit en soulignant le « détricotage » de l'OHADA (Organisation pour l'harmonisation en afrique du droit des affaires).

Corruption tenace Autres constantes négatives, la corruption, la fraude ou le dysfonctionnement de la justice, dont l’importance varie d’une région géographique à une autre.« La corruption ne s’améliore pas et reste à des niveaux élevés en Afrique centrale. L’Afrique australe et orientale et l’Afrique de l’Ouest demeurent au même niveau que celui observé l’an passé, tandis que le niveau du Maghreb connaît une légère amélioration ».

Au chapitre des points positifs, la qualité des infrastructures et de la gestion des ports et aéroports, des télécommunications qui fonctionnent bien, le réseau bancaire partout efficient.

Points positifs Au chapitre des points positifs, la qualité des infrastructures et de la gestion des ports et aéroports, des télécommunications qui fonctionnent bien, le réseau bancaire partout efficient.
La conclusion du rapport est peut-être dans l’opinion de Gérard Pélisson, le président du CIAN, qui se demande : avec « un taux de croissance de l'ordre de 5 %, une inflation moyenne inférieure à 10 %, des effacements de dettes, des promesses d'augmentation de l'aide publique, l'Afrique serait-elle à l'aube de n'être plus le cas affligeant de l'économie mondiale ? »
Le CIAN, organisme patronal du secteur privé français investi en Afrique, réunit plus de 100 sociétés implantées sur le continent africain avec un réseau de 1500 filiales.