Union douanière en décembre pour le COMESA
17-03-2008

Le COMESA veut accélérer la cadence pour instaurer l’union douanière le 8 décembre prochain.

Par Hance Gueye, Dakar

Le sommet a adopté le tarif extérieur commun avec trois tarifs douaniers, 0% de droits de douanes pour les matières premières, 10% pour les produits semi-finis et 25% pour les produits finis.

Le Marché commun de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique australe (Common Market for Eastern and Southern Africa), qui regroupe dix-neuf pays sur une superficie de 12 millions de km2 pour 389 millions d’habitants et un PNB de 203 milliards de dollars, a réaffirmé sa décision de devenir une union douanière le 8 décembre prochain. A Madagascar, en Ethiopie, en Zambie, diverses réunions se sont tenues début février à ce sujet.
La décision n’est pas nouvelle. Elle avait été souhaitée par le 7e sommet de l’organisation, tenu à Addis Abeba, en Ethiopie, en mai 2002, qui avait réaffirmé sa « volonté de créer les conditions d’une intégration économique et commerciale avec la mise en place d’une union douanière et d’une union monétaire. »
Le Sommet de Kampala, en juin 2004, tout en réaffirmant l’objectif « d’une union douanière forte incluant tous les membres du COMESA », a décidé de reporter la mise en place de cette union, initialement prévue pour la fin 2004. Il décide de fixer la date du lancement de l’union douanière après la réalisation de plusieurs études, notamment sur la mise en place du tarif extérieur commun (TEC). Ces études ayant été achevées, le dernier sommet qui s’est tenu l’année dernière a décidé de l’institution de l’union pour décembre prochain.

Progression des échanges Le sommet a adopté le tarif extérieur commun avec trois tarifs douaniers, 0% de droits de douanes pour les matières premières, 10% pour les produits semi-finis et 25% pour les produits finis. Une zone de libre-échange (ZLE) réunit depuis le 31 octobre 2000 neuf des 19 pays membres de l’organisation (Djibouti, Egypte, Kenya, Madagascar, Malawi, Maurice, Soudan, Zambie et Zimbabwe). L’abolition des droits de douanes entre ces pays a permis de faire progresser les échanges entre ces pays de plus de 30% sur les deux premières années. Ce succès a incité le Burundi et le Rwanda à rejoindre la ZLE en 2003. Le secrétariat général de l’organisation presse les huit pays restants (Comores, RD Congo, Erythrée, Ethiopie, Libye, Ouganda, Seychelles et Swaziland) de rejoindre la ZLE avant la mise en place de l’union douanière.

Intégration en marcheLe COMESA, créée en novembre 1993, a remplacé la Zone d’échanges préférentielle (ZEP), encore appelée PTA, Preferential Trade Area, qui regroupait presque les mêmes pays membres. Il devrait encore évoluer dans le cadre de la rationalisation des Communautés économiques régionales (CER) proposée par l’Union africaine. De huit, les CER doivent être ramenées à cinq. L’Union du Maghreb arabe (UMA), la Communauté économiques des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) et le COMESA. Celle-ci doit être réduite à dix pays membres avec la suppression de la double appartenance d’un pays à plus d’une CER.