Objectifs du développent durable : Paul Biya pour une action pragmatique
23-09-2016
La 71ème session de l’Assemblée générale des Nations unies a donné l’occasion au président camerounais d’appeler la conscience de la communauté internationale à une action pragmatique et concertée pour relever le défi du développement.
Les enjeux qui sous-tendent le développement nécessitent une mobilisation de moyens et une solidarité planétaire. Sans la conjonction de ces deux réalités, il est difficile pour l’humanité de relever le défi du développement. C’est en ces termes que l’on peut résumer l’intervention du président Paul Biya du haut de la 71ème session de l’ONU, le 22 septembre 2016 à New York. Dans un monde planétaire où les destins des pays sont intimement liés, il serait inconséquent que ceux qui semblent vivre dans une relative paix oublient ceux qui vivent dans les turbulences de toutes sortes. En d’autres termes, il est indiqué que le monde continue de vivre «dans un élan de solidarité humaine, nous avons, au cours des dernières années, posé les jalons d’une communauté de destin de l’humanité».

Il en est par exemple de l’adoption du cadre de Rio+20, auquel on peut ajouter les 17 objectifs stratégiques du nouveau programme de développement durable à l’horizon 2030, ainsi que l’accord de Paris sur le climat, obtenu dans le cadre de la COP21. Dans ce contexte, le Cameroun, dira Paul Biya, s’est félicité de la tenue du présent débat sur les Objectifs du développement durable (ODD), neuf mois après leur entrée en vigueur. Et pour cause, «les ODD, rappelons-le, sont le premier programme mondial à prendre en considération la problématique du développement dans toutes ses dimensions : sécuritaire, économique, sociale, humaine et environnementale». Il s’agit là d’une avancée significative, en ce sens que l’Agenda 2030 transcende les indicateurs classiques de croissance économique et se préoccupe réellement du progrès humain, du patrimoine de l’humanité, du bien-être commun, de la sécurité de tous.

Prospérité partagée


Au-delà des déclamations, la réalisation de ce programme ambitieux demande la franche implication de tous de telle sorte que «notre ambition commune est d’éradiquer la pauvreté et de ne laisser personne pour compte. C’est un défi que nous nous sommes donné et que nous devons assumer solidairement pour répondre à l’attente de nos peuples et à l’appel de l’Histoire tout court», a rappelé le numéro un camerounais comme pour dire qu’il est temps de passer à l’action et de ranger dans les placards de l’Histoire les beaux discours. Pour ne pas retomber dans les mêmes travers, «organisons-nous aujourd’hui pour que les ODD connaissent un sort meilleur. Puisqu’il s’agit de “transformer le monde et de ne laisser personne en marge”, donnons-nous alors les moyens de nos ambitions. Ces moyens, à notre avis, sont de trois ordres : d’ordre politique d’abord. Notre volonté politique devra s’exercer de façon continue et ne pas varier selon les circonstances. D’ordre financier ensuite. Il faudra que les contributions soient effectives, sûres et suffisantes. Ce qui nécessitera une mobilisation sans précédent. D’ordre moral enfin. Le principe d’obligation de solidarité entre les peuples devra être réaffirmé et observé», a insisté Paul Biya.

Sur ce chemin qui mène vers la prospérité que les uns et les autres appellent de tous leurs vœux, la construction d’un monde en paix demeure une condition sine qua non, car «ce n’est plus une affaire de promesses. C’est le temps de l’engagement. C’est le temps de l’action», a tranché le président camerounais. En tout état de cause, il faudra se montrer assez fort pour surmonter des obstacles qui se dressent sur le chemin du développement commun, notamment la persistance des conflits et la montée du terrorisme. Visiblement mieux placé, «mon pays peut en parler en connaissance de cause, lui qui mène depuis trois ans une véritable guerre contre ce dernier fléau. Cette menace, d’un type nouveau, à la paix et au développement, appelle, je le redis volontiers, une réponse, une détermination et une action collectives». Le Cameroun qui fait les frais des attaques des organisations terroristes comme d’autres pays sait davantage compter sur la mobilisation de la communauté internationale pour aboutir à un monde en paix.

On comprend pourquoi «l’objectif 16 du programme de développement durable, qui met l’accent sur la promotion et l’avènement de sociétés pacifiques et ouvertes à tous, devrait, en ce qui nous concerne, nous permettre de lutter efficacement contre Boko Haram». Comme le souligne l’une des cibles de cet objectif, nous devons, je cite : «Appuyer, dans le cadre de la coopération internationale, les institutions nationales chargées de renforcer, à tous les niveaux, les moyens de prévenir la violence et de lutter contre le terrorisme et la criminalité, en particulier dans les pays en développement», a vivement plaidé Paul Biya.

Achille Mbog Pibasso, Rédacteur en chef, Zone Cemac