Tourisme en Afrique : La bataille est lancée!
17-03-2017
Le nombre de touristes augmente sur le continent. Cela représente une manne financière importante, mais des défis qui ne le sont pas moins devront être également relevés pour transformer ces prévisions de croissance en une activité économique génératrice d’emplois durables pour l’ensemble du secteur touristique du continent.
Le constat est accablant. Sur les principaux moteurs de recherche, il n’est pas aisé de trouver un site internet capable d’expliquer les bons plans et astuces pour voyager sur le continent africain. Peut-on y déceler un paradoxe sur ce point précis, au regard des données démontrant une forte croissance du secteur du tourisme sur le continent africain? Selon l’Organisation mondiale du tourisme, 63,6 millions de vacanciers étrangers sont entrés sur le continent en 2012 contre 17,4 millions en 1990. Au-delà de ces données économiques prometteuses, certains indicateurs tendraient cependant à souligner également les disparités en matière de création d’emplois dans ce secteur. Selon des chiffres datés de 2015 du World Travel and Tourism Co, l’Égypte était en tête de ce classement avec près de 3 millions d’emplois créés, suivi de l’Éthiopie et du Nigéria avec près de 2 millions d’emplois. Des chiffres considérables même s’ils ne tiennent pas compte de l’influence touristique réelle. Ces États ayant souvent fait l’actualité en raison des instabilités chroniques qui les secouent.

Tourisme : Le casse-tête administratif
Si chacun semble percevoir les opportunités qu’offrirait un meilleur développement de l’activité touristique, plusieurs politiques ont été ainsi récemment mises en place afin de faciliter la libre circulation intra puis extra-continentale. La Communauté d’Afrique de l’Est a ainsi lancé un visa commun entre le Kenya, le Rwanda et l’Ouganda. «Ces programmes de facilitation des procédures d’obtention de visas pourraient faire croître les emplois générés par le tourisme de 5 à 25%», explique un rapport de la World Travel and Tourism Co. C’est dans cette perspective que la SADC, représentant les pays membres de la Communauté de développement d’Afrique australe, a décidé d’instaurer le visa «Kaza» (pour Kavango-Zambèze) mis en place entre le Zimbabwé et la Zambie. Les États de la zone Cedeao sont actuellement en train de travailler sur une initiative similaire. C’est par ailleurs dans cet esprit que le Bénin a annoncé une exonération de visa pour une trentaine d’États du continent, le mois dernier.

La bataille rude de l’information
Si le secteur du tourisme affiche quelques promesses alléchantes sur le continent, plusieurs obstacles pourraient tout de même freiner son développement à l’international. Les conflits (Boko Haram, AQMI, Shebabs) et les risques sanitaires (famine et Ebola) occupant encore une large place dans les actualités internationales des pays émetteurs de clientèle internationale. Cependant, un autre facteur peut également enrayer cette dynamique : le manque d’informations! Car s’il est exact que le nombre de touristes augmente, l’accès aux informations de qualité sur le continent demeure cependant une réelle problématique. «Peu de sites sur le net sont en mesure d’apporter une information de qualité sur les réservations de billets de cars, de trains, d’avions ou même sur les activités sur place. C’est aussi la raison pour laquelle nous avons lancé Tripafrique, en 2016», nous explique un de ses fondateurs, Adama Touré. Cette start-up , appelée souvent le «Kayak africain» en référence au célèbre comparateur de billets en ligne, tente de devenir un acteur clé du développement touristique dans onze Etats du continent. «Pour l’heure, nous comptons environ 5 000 clients et nous espérons – avec mes associés – engranger 20 000 clients supplémentaires d’ici la fin de l’année», affirme-t-il.

Rudy Casbi