SADC : zone de libre échange en août ?
29-03-2008

La Communauté de développement de l’Afrique australe veut lancer sa zone de libre-échange en août prochain, mais le chemin est parsemé d’embuches.

Par Robert Adande, Dakar

A l’issue d’un Conseil des ministres qui a eu lieu le 28 février dernier à Lusaka, les 14 Etats membres de la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC) ont décidé de franchir une étape supplémentaire dans leur intégration en instituant la zone de libre-échange en août prochain. La SADC s’alignerait ainsi sur les marchés communs d’Afrique australe et orientale, COMESA, et de l’Afrique de l’Ouest, CEDEAO, qui ont convenu, également, de franchir cette étape décisive.

Réglages préalables Le processus semble toutefois plus compliqué pour la SADC pour plusieurs raisons. A commencer par l’appartenance de certains de ses pays (Madagascar, Zimbabwe, Zambie…) à plusieurs organisations régionales. L’Angola a déjà annoncé son refus de rejoindre la zone de libre-échange. La SADC a une autre épine au pied, les négociations pour les Accords de partenariat économique avec l’Union européenne. Tous les pays membres ont paraphé le document à l’exception du poids lourd régional, l’Afrique du Sud. Aussi, Nkosazana Dlamini-Zuma, la ministre sud-africaine des Affaires étrangères, multiplie-t-elle les concertations pour que les pays reviennent sur leurs signatures pour ouvrir de nouvelles négociations. L’Afrique du Sud estime que, dans leur forme actuelle, les APE restreindraient ses relations avec les autres pays du monde.
Le Botswana, petit pays à l’échelle de l’Afrique du Sud mais qui joue un rôle de plus en plus important dans la région en raison de ses bons résultats sur les plans politiques et économiques, a pris la tête de la fronde contre l’Afrique du Sud. Il menace même de quitter l’Union douanière d’Afrique australe, la plus vieille union douanière au monde, créée en 1969 sur la base d'arrangements douaniers en vigueur depuis 1910, qui le lie avec l'Afrique du Sud, le Lesotho, la Namibie et le Swaziland.

 

SADC - Southern African Development Community

 

Mobilisation Consciente de tous ces obstacles, la SADC cherche à mettre tous les atouts de son côté. Dans la perspective de la mise en place de la zone de libre-échange, elle a déjà procédé à la réorganisation de son secrétariat. Pour plus d’efficacité, le nombre de directions passe de 18 à 11 et le secrétaire exécutif est secondé par deux adjoints s’occupant respectivement de l’intégration économique régionale, des finances et de l’administration.
Elle entend également profiter de la conférence sur la pauvreté qu’elle compte tenir en avril prochain pour sonner la mobilisation et sensibiliser les plus récalcitrants au libre-échange. 40% des 233 millions d’habitants de l’espace vivent avec moins d’un dollar par jour. L’intégration régionale est présentée comme la première des réponses à la lancinante question de la pauvreté.

Les pays membres de la SADC sont l’Angola, le Botswana, la République démocratique du Congo, le Lesotho, Madagascar, le Malawi, l’Ile Maurice, le Mozambique, la Namibie, l’Afrique du Sud, le Swaziland, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe.