Jean-Michel Sévérino : «L’Africa Time va attirer des investisseurs»
18-07-2017
Investisseurs et Partenaires, un fonds de financement français destiné à accompagner le développement des entreprises sur le continent africain, ne relâche pas la pression en cette période estivale. Rencontre avec Jean-Michel Sévérino, patron d’Investisseurs et Partenaires.
Les Afriques : Jean-Michel Sévérino, vous êtes un ancien dirigeant de l’Agence française de développement. Vous êtes à la tête du fonds d’investissement Investisseurs et Partenaires. Vous soutenez des entreprises qui s’inscrivent dans le social impact. Vous avez six bureaux régionaux sur tout le continent africain. Comment définiriez-vous l’engouement économique que suscite le continent africain?
Jean-Michel Sévérino : L’Africa Time va attirer des investisseurs. Plusieurs facteurs expliquent cette tendance. D’une part, il y a une défaillance des services publics. D’autre part, on assiste à l’irruption de nouvelles technologies qui créent des possibilités économiques comme la banque, l’énergie, la santé avec des révolutions des usages. Du coup, cette économie africaine qui était une économie d’imitation devient une économie d’innovation. Cela est déjà le cas dans le domaine de l’énergie, car l’Afrique est en train d’inventer des phénomènes de productions décentralisées qu’on va voir arriver ici à un moment donné. Les populations et les besoins en énergie augmentent en Europe, donc nous n’aurons d’autre choix que d’adopter une rationalisation des énergies.

Comment convaincre des investisseurs étrangers quand les images qui nous parviennent du continent sont globalement négatives?
Je crois qu’il faut équilibrer les opinions à propos du continent africain. Les réalités sont très diverses. On ne peut pas contester les difficultés, mais on ne peut pas occulter les réalités plus positives. On ne peut pas ignorer la créativité de ce continent ni sa croissance économique. Il faut que cette Afrique créative dynamique et créatrice d’emplois accélère son développement pour retenir ces jeunes qui sont candidats à l’immigration. Pour ma part, je pense aussi qu’il faut être aux côtés de l’Afrique qui souffre, mais il faut soutenir aussi cette Afrique qui gagne. C’est l’enjeu d’aujourd’hui. On a besoin d’entrepreneurs au Mali, au Niger, au Burkina. Ils sont les locomotives de leurs économies nationales. Ils représentent un espoir pour chacun.

Enfin, revenons à votre actualité au sein d’Investisseurs et Partenaires. Vous êtes habitué aux levées de fonds pour financer vos activités dans le social impact. Comment comptez-vous cette fois-ci procéder aux financements des entreprises que vous accompagnez dans leur développement sur le continent?
Parce que nous agissons dans le domaine du social impact, nous sommes aux côtés des entreprises africaines créatrices d’emplois. Nous avons une activité de militantisme en faveur de l’entrepreneuriat en Afrique et nous menons une autre activité de militantisme auprès d’investisseurs européens.

Tout d’abord, nous optons pour une capitalisation de nos services et conseils que nous proposons aux entreprises en vue de leurs investissements sur place. Ce sont des marchés que nous obtenons grâce à des appels d’offres qu’on fait parvenir aux grandes entreprises privées ou instituts supra-étatiques comme les Nations unies ou la Banque mondiale. Nous aidons des structures privées et publiques à créer leurs propres entreprises en Afrique.

Puis, cette année sera innovante, car nous allons organiser à l’automne prochain, en France, une formation inédite sur le social impact. Nous espérons accueillir une dizaine ou une quinzaine de personnes. Enfin, actuellement nous procédons à une levée de fonds importante qu’on va communiquer le moment opportun.

Entretien réalisé par Rudy Casbi