Les «Afropreneurs» bientôt en tournée en Afrique
10-10-2017
Un véritable vent de fraîcheur souffle sur l’entrepreneuriat en Afrique. Le documentaire «Afropreneurs, l’histoire d’une révolution silencieuse» sera bientôt diffusé dans le continent. Nous avons rencontré son réalisateur, Régis Strazel.
Les Afriques : Vous avez réalisé le documentaire «Afropreneur». C’est un long format dans lequel vous retracer les parcours de chefs d’entreprises africains. Quel a été l’élément déclencheur?
Régis Strazel : Nous voulons mettre en avant la variété de profils d’entrepreneurs en Afrique. Cette jeunesse doit être valorisée. Les jeunes entrepreneurs africains sont aussi des récepteurs et des transmetteurs de l’entrepreneuriat au sens général du terme en Afrique. Cela revient à dire qu’ils portent la croissance tant recherchée par d’autres entrepreneurs issus du monde entier.

Sur quels aspects voulez-vous insister et faire ressortir durant le tournage?
Nous voulons autant montrer leur capacité que leurs défis ou problématiques auxquels ils sont confrontés, c’est donner la réflexion suffisante auprès des investisseurs sur l’état de l’entrepreneuriat en Afrique. S’il est exact que notre continent connaît une forte croissance, peu savent ce que veut dire «monter une entreprise» sur le continent. Et peu d’investisseurs n’imaginent l’étendue des avantages et défis à relever en fonction des secteurs d’activité.

Comment avez-vous démarré votre projet?
Nous avons démarré il y a 4 ans. Ce projet a nécessité un important investissement financier, soit près de 26 000 euros. Cela représente une somme conséquente que je ne pouvais investir totalement en fonds propre, c’est pourquoi nous avions procédé à une campagne de financement participative qui s’est avérée fructueuse. Mais je ne dirai pas que cet aspect était l’essentiel, même si c’est très important d’avoir des fonds, car ce que je retiens le plus de cette aventure, c’est l’espoir qu’on a suscité auprès des entrepreneurs d’Afrique de l’Ouest.

Dans le documentaire, vous mettez à l’honneur des femmes, des hommes, mais aussi des non-Africains venus s’intégrer avant de créer leur entreprise. Était-ce totalement recherché de votre part?
Oui, c’était une volonté de notre part. Nous ne voulions pas différencier, car chaque entrepreneur tente d’apporter une réponse à un besoin. Et le continent doit regrouper toutes ses forces et composantes qui tendent vers le développement. En ce qui nous concerne, notre mission n’est pas encore terminée. Tout d’abord, nous entamerons à partir du 14 octobre jusqu’au 18 novembre un «Afropreneur tour». On va commencer par Lomé. Nous irons ensuite à Abidjan, Cotonou, Brazzaville, Douala et on terminera par Dakar, le 18 novembre prochain.

Quelle pourrait être la suite de ce premier documentaire?
Notre premier documentaire s’adressait à la diaspora et à ceux qui ne connaissaient pas globalement ce que voulait dire le mot «entreprendre» en Afrique. Prochainement, nous espérons tourner un second documentaire avec l’idée de suivre et raconter ce que deviennent les entrepreneurs rencontrés durant notre premier tournage.

Entretien réalisé par Rudy Casbi