Maroc : Séisme politique suite au limogeage de 3 ministres
25-10-2017
Suite à la réception du rapport du premier président de la Cour des comptes, Driss Jettou, sur le programme d’Al Hoceima «Manarat Al Moutawassit», le 24 octobre 2017 à Rabat, le Roi Mohammed VI du Maroc a décidé de mettre fin aux fonctions de plusieurs responsables ministériels.
Les retards, le non-respect des engagements et autres dysfonctionnements dans la réalisation d’un certain nombre de projetsà Al Hoceima et environs auront coûté cher à 3 ministres marocains et à bien d’autres hauts responsables. En application des dispositions de l’article 47 de la Constitution marocaine, notamment dans son alinéa 3, le Roi du Maroc a décidé de remercier Mohamed Hassad, ministre de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, en sa qualité de ministrede l’Intérieur du précédent gouvernement, Mohamed Nabil Benabdellah, ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, en sa qualité de ministre de l’Habitat et de la politique de la ville de l’ancien gouvernement, et El Hossein El Ouardi, ministre de la Santé, en sa qualité de ministre de la Santédu précédent gouvernement. Aussi, LarbiBencheikh, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, a été limogé en sa qualité d’ex-directeur général de l’Ofppt (Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail. Le même sort a été réservé à Ali Fassi Fihri, directeur général de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE).

Une nouvelle politique
Quant aux personnalités suivantes, à savoir Rachid Belmokhtar, ancien ministre de l’Éducation nationale et de la formation professionnelle, Lahcen Haddad, ex-ministre du Tourisme, Lahcen Sekkouri, ancien ministre de la Jeunesse et des sports, Mohamed Amine Sbihi, ministre de la Culture sortant, et Hakima El Haite, ex-secrétaire d’État auprès du ministre de l’Énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement, chargée de l’Environnement, aucune fonction officielle ne leur sera confiée à l’avenir, pour n’avoir pas assumé leurs responsabilités. Des écarts de 16 mois, entre la signature de la convention afférente au programme Manarat Al Moutawassit et la réunion de la Commission centrale de suivi, composée de responsables gouvernementaux au mois de février 2017, mais aussi l’insuffisance et l’absence d’initiatives dans le démarrage exécutif des projets, avec des ratios ridicules de 5 réalisations sur 644, ont été fatals pour eux.

Dans un document, rendu public par le Cabinet royal, il ressort : «Il est de notoriété publique que Sa Majesté le Roi, depuis Son accession au Trône, veille personnellement au suivi des projets lancés par le Souverain, adoptant une approche spécifique basée sur l’efficience, l’efficacité et la célérité dans l’exécution, et sur le strict respect des engagements. Il est à souligner que ces décisions royales s’inscrivent dans le cadre d’une nouvelle politique qui ne se limite pas uniquement à la région d’Al Hoceïma, mais englobe toutes les régions du Maroc, et qui concerne tout responsable, tous niveaux confondus, en application du principe de corrélation entre la responsabilité et la reddition des comptes, d’encouragement des initiatives constructives et de promotion des valeurs de patriotisme sincère et de citoyenneté engagée au service de l’intérêt général».

On y relève aussi que dans ce contexte, Sa Majesté le Roi a donné Ses Hautes Instructions au ministre de l’Intérieur, en vue de mener les investigations nécessaires au niveau national, au sujet des responsables relevant du ministère de l’Intérieur à l’Administration territoriale, tous grades confondus.Dans le même sillage, il a donné Ses Hautes Orientations au Premier président de la Cour des comptes pour l’examen et l’évaluation de l’action des Conseils régionaux d’investissement.

Abdelmalek El Mekkaoui, journaliste