Cameroun : la Douane simplifie les procédures
12-06-2008

L’administration de douane a récemment pris des mesures de facilitation des procédures de dédouanement des marchandises. A terme, il s’agira de collecter plus et d’envisager le cap de 760 millions d’euros par an.

 

Cameroun : la Douane simplifie les procédures

 

Par Achille Mbog Pibasso, Douala

La douane camerounaise, qui doit produire 400 à 450 milliards de francs CFA (610 à 686 millions d’euros) au titre de l’exercice 2008, remplirait actuellement cette mission avec en moyenne 31 milliards de francs CFA d’apport mensuel dans les recettes de l’Etat. A ce titre, la douane constitue, aux cotés des impôts et des recettes pétrolières, l’un des principaux secteurs sur lesquels le gouvernement entend s’appuyer pour renflouer les caisses de l’Etat. Si les autorités camerounaises ne cachent pas leur satisfaction par rapport au niveau des recettes réalisées mensuellement par la douane depuis le début d’année, tel n’est pas le cas de tous les usagers, particulièrement les opérateurs économiques qui se plaignent « de la kyrielle de pesanteurs administratives » qui entravent les procédures de dédouanement des marchandises.

Cette régression, soutiennent les transitaires, s’explique en partie par des pesanteurs administratives et techniques dans les procédures de dédouanement mises en place par l’administration fiscale et la SGS.

Visites conjointes
Le rallongement des délais de passage des marchandises, observé depuis quelque temps aussi bien au Port de Douala, dans les principaux aéroports que dans les bureaux de douane disséminés à travers le pays, constitue un goulot d’étranglement pour les usagers. Une situation qui prendrait sa source aux visites conjointes instituées en 2007 par l’administration des douanes et par la Société générale de surveillance (SGS), rallongeant les délais de passage qui sont passés de deux à trois semaines. « Les délais de passage des marchandises n’ont eu de cesse de se rallonger. Pourtant, le dispositif de contrôle en place, à travers le scanner par exemple, devrait réduire considérablement ce délai (…) Avant la mise en service du scanner, il fallait au moins dix-huit jours pour les mêmes services », a indiqué un opérateur du secteur douanier. Une situation qui a entraîné la réprobation des opérateurs, frôlant de peu, à un moment donné, l’engorgement du port de Douala, de même que le service fret des aéroports de Yaoundé et de Douala, concordent des témoignages.

Univers concurrentiel
En réaction à cette situation, le directeur général de douane (DGD), Minette Libom Li Likeng, vient de rendre publique une décision supprimant les visites conjointes au port et dans les aéroports. « Cette décision de l’administration de douane vient réparer un tort. De toute évidence, les visites conjointes ont montré leur limite. Au contraire, elles constituaient un obstacle à la compétitivité de l’économie nationale en rallongeant inutilement les délais de passage alors que nous vivons dans un environnement économique très concurrentiel », a fait observer un commissaire agréé en douane. Le trafic des marchandises a considérablement baissé ces derniers mois au port de Douala, le nombre de conteneurs dédouanés mensuellement étant passé de 450 conteneurs il y a quelques mois à 250 conteneurs actuellement, ce qui représente à peu près 55% de réduction du trafic. La simplification des procédures apparaît comme l’une des solutions à l’accroissement de la production, d’autant qu’une étude conjointe de l’administration de douane et du Groupement inter patronal du Cameroun (GICAM) révèlent que l’entrée en vigueur des Accords de partenariat économique (APE) dont le Cameroun a signé un accord d’étape en décembre 2007 pourrait faire perdre chaque année 150 millions d’euros de recettes douanières.

Compétitivité
Cette régression, soutiennent les transitaires, s’explique par des pesanteurs administratives et techniques dans les procédures de dédouanement mises en place par l’administration fiscale et la SGS d’une part, et d’autre part la Douala international conteneurs (DIT), une entreprise appartenant au groupe français Bolloré qui s’occupe de la gestion des portiques du Port autonome de Douala (PAD) depuis 2004. « La nouvelle décision de l’administration de douane arrive à point nommé, parce qu’elle participe à rendre la douane camerounaise beaucoup plus productive et compétitive ». Selon des sources officielles, le délai de passage des marchandises devrait passer de 21 jours à 12 jours, ce qui, pour des usagers, représente « une première victoire », même si l’on pense qu’il est possible de « réduire encore plus, les nouveaux délais ». Moins d’un mois après l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions, l’administration de douane reconnaît qu’il y a « un léger frémissement » au niveau des recettes qui pourraient passer de 45 à 47 millions d’euros, ce qui, d’après des sources proches du dossier, pourrait permettre à terme d’envisager le cap de 760 millions d’euros de recettes annuelles.