Kenya : le fisc se reprend
05-09-2008

Malgré la vague de violence qui l’a secoué ces derniers temps, le Kenya recommence à assumer son rôle de locomotive économique de l’Afrique de l’Est.

Par Robert Adande, Cotonou

Au lendemain des échauffourées, les économistes ont révisé leurs pronostics, ramenant le taux de croissance de la région à un taux inférieur d’au moins 1,5%. Mais malgré les graves répercussions de cette crise, le Kenya a fait, pour le trimestre écoulé, mieux que prévu. Le fisc kenyan a récemment annoncé avoir dépassé de 4,1 milliards de shillings kenyans (38,6 millions d’euros) les prévisions de recettes de la période. Entre avril et juin dernier, les sommes collectées se chiffraient à 118,4 milliards de shillings.

Nouveaux contribuables
L'année financière précédente, 2007/2008, a enregistré 433,9 milliards de shillings kenyans de recettes. Ce qui correspond à une augmentation de 9,2 milliards de shillings. Interrogé au sujet de ces prouesses fiscales inattendues, le commissaire des services kenyans des impôts, Michael Waweru, a précisé que ce montant incluait celui de 1,6 milliard de shillings kenyans généré par plus de 123 000 nouveaux contribuables identifiés dans le cadre des mesures prises afin d'élargir l'assiette de l'impôt.
Pour mieux contrôler les stocks pétroliers gérés et utilisés par les négociants en produits pétroliers, les autorités compétentes se sont servies du système douanier en ligne d'information sur les stocks pétroliers (COSIS). Disposition qui a permis d’obtenir pour les hydrocarbures des rentrées consistantes. Pourtant, les statistiques des services fiscaux révèlent tout de même que, malgré l’énorme potentiel du secteur pétrolier kenyan en termes de collecte de recettes, les recettes pétrolières n'ont rapporté que 53,2 milliards de shillings kenyans, soit seulement 12,3% des recettes globales. Un état de choses qui pourrait signifier, selon Michael Waweru, que de considérables quantités de produits pétroliers exportées sont encore déversées sur le marché pour des recettes négligeables.

Modernisation
Il explique également que les services fiscaux ont installé, aussi bien à Mombasa que dans les aéroports Jomo Kenyatta (Nairobi) et d'Eldoret, un système de contrôle aux rayons X du fret palettisé.
Enfin, « Simba 2005 », un système de gestion des véhicules, a rendu possible le paiement des droits d'importation au moment de l'immatriculation des véhicules motorisés. Cette formule a permis au système kenyan des impôts d’augmenter de 20,5% les recettes, permettant d’envisager pour l'année 2008/2009 492,9 milliards de shillings.