Journal en ligne - [n°85 du 23 juillet au 26 août 2009 ]
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Coton : le Mali se bride Version imprimable
22-07-2009

Le Mali a renoncé à son objectif de tripler sa production de coton pour l’actuelle campagne, faute de pouvoir supporter la subvention du prix d’achat du coton.

Par Hance Guèye, Dakar

 

La dernière campagne cotonnière n’a pas été bonne au Mali. Celle-ci risque d’être encore pire pour deux raisons très différentes. Le paiement par la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) du coton collecté a connu de sérieux retards. Certains producteurs disent n’avoir toujours pas été payés, des mois après avoir livré leurs récoltes. Ces impayés vont peser lourd sur les choix des agriculteurs. Ils pourraient être de plus en plus nombreux à se détourner d’une culture qui nourrit de moins en moins son homme.

Ces impayés vont peser lourd sur les choix des agriculteurs. Ils pourraient être de plus en plus nombreux à se détourner d’une culture qui nourrit de moins en moins son homme.

La deuxième raison est tout aussi préoccupante. L’interprofession du coton, l’organe paritaire qui gère la filière, tirant peut-être les leçons de cette situation, a décidé de limiter la production à 250 000 tonnes seulement, pour la campagne 2009-2010. 288 000 hectares seront emblavés, pour un rendement moyen de 900 kilos à l’ha.

Le président directeur général de la CMDT, Tiènan Coulibaly, a expliqué cette décision par la nécessité de limiter la charge pour l’Etat de la subvention au coton. Le cours mondial du coton est déterminé par les Etats-Unis, premier exportateur mondial avec 40% du total, qui accordent annuellement, en moyenne, 3,2 milliards de dollars aux producteurs et 1,6 milliard de dollars d’aide à l’exportation.

Pour maintenir le pouvoir d’achat des cotonculteurs maliens, la CMDT rachète la production à un cours supérieur, dans un complexe montage.

Selon Philippe Hugon, professeur émérite à Paris X-Nanterre, qui a consacré de nombreux travaux aux filières cotonnières africaines, la baisse du cours du coton sur le marché international s’est traduite en 2001 par une perte du revenu des producteurs de coton de 57,3 milliards de FCFA (90 millions d’euros).

C’est en partie ce qui explique que la CMDT, après un déficit en 2002 de 39 millions d’euros, soit redevenue bénéficiaire en 2003, parce que les cours mondiaux étaient favorables. La tendance ayant tourné, elle est redevenue déficitaire en 2004/2005 et 2005/2006. Les coûts de production étaient estimés à 750 FCFA, contre un prix de commercialisation de 560 FCFA.

 

Décision contradictoire

La décision de l’Interprofession contredit une première décision, annoncée en novembre de l’année dernière. Les concertations entre les producteurs et l’Etat avaient abouti à la décision de tripler la production nationale, en la portant à 600 000 tonnes pour la campagne 2009/2010. Mais, apparemment, le gouvernement n’a pas les moyens de subventionner une telle production. L’avenir s’annonce difficile pour les cotonculteurs dont dépendent, selon les estimations officielles, quelque 3,3 millions de personnes. D’autant que la météo ne s’annonce pas prometteuse pour cette campagne. Les cotonculteurs maliens ont bien raison de proclamer : « Tout ce qui se décide pour nous et sans nous, se décide contre nous. »

 
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