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La détection des fuites d’eau pour préserver la ressource Version imprimable
24-04-2012
Abderrafii Mardi, Directeur de la Formation à l’Institut International de l'Eau et de l'Assainissement de l’Onep, revient sur les enjeux multidimensionnels de l’eau.

Les Afriques :Comment situez- vous la préservation des ressources dans la stratégie de l'Office national d’exploitation de l’eau potable, Onep ?

Abderrafii Mardi : En 2001, l’Onep a adopté une nouvelle stratégie qui prône le droit à l’eau tout en veillant à ce que l’action de l’Office soit conçue de manière à gérer le cycle de l’eau en intégralité et en conformité avec le respect de l’environnement. Pour opérationnaliser ladite stratégie, 3 axes ont orienté l’action de l’office depuis le début de la dernière décennie, à savoir la sécurisation de l’approvisionnement en eau potable en milieu urbain, la généralisation de l’accès à l’eau potable au milieu rural et l’implication active dans l’assainissement liquide.

LA :Actuellement, votre structure a mis en pratique, en collaboration avec la JICA (coopération japonaise), un programme de formation à la détection des fuites. En quoi consiste cette formation, en termes de moyens, de modules et de déploiement quant à sa vulgarisation dans votre réseau ?

A.M. : Nous menons effectivement avec la JICA une formation qui porte sur les techniques de détection des fuites sur les réseaux d’eau potable. Elle est suivie par une quinzaine de participants venant de 10 pays, notamment du Bénin, du Burkina Faso, du Burundi, du Cameroun, de Djibouti, dub Gabon, du Mali, du Rwanda, du Sénégal, et du Tchad. Cette session s’inscrit plus généralement dans l’atteinte de l’objectif 7 des OMD (Ndlr : Objectifs du développement pour le Millénaire), à savoir assurer un environnement durable, via la réduction de moitié, à l’horizon 2015, du pourcentage de populations n’ayant pas accès, de façon durable, à un approvisionnement en eau de boisson salubre et à un assainissement de base. Les derniers chiffres du rapport de l’OMS 2010, relatif à la situation EP & Assainissement, font certes ressortir des progrès enregistrés pour l’eau potable. Une part de 87% de la population mondiale, soit près de 5,9 milliards, a accès à l'eau potable, mais pour l’assainissement, près de 39% de la population mondiale, soit plus de 2,6 milliards de personnes, sont toujours dépourvues d'accès à un système d'assainissement amélioré. Grâce aux formations tripartites ONEP/JICA, nous contribuons à l’atteinte des OMD dans certains pays de la région Afrique. Elles sont tripartites, vu que la JICA apporte le soutien financier, l’AMCI (Ndlr : Agence marocaine de coopération internationale) coordonne et assure les relais avec les pays candidats aux formations, et que l’IEA (Institut International de l'Eau et de l'Assainissement) exécute les programmes de formations. Pendant les séances de formations nous agissons sur le renforcement des capacités dans les domaines de l’exploitation, la gestion ainsi que le contrôle et le suivi de la qualité de l’eau, au niveau des installations d’eau potable et d’assainissement.

LA : Quels ont été jusqu’à présent les acquis dans ce sens ?

A.M. : La formation Tripartite ONEP – JICA remonte, dans le passé, à 2001. Elle avait alors été entamée par un programme quinquennal de 2001 à 2005, qui a été étalée sur 5 sessions d’une durée d’un mois chacune. Elle a bénéficié à 71 participants de 15 pays d’Afrique, francophone et ressortissant du Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Côte d'Ivoire, Gabon, Mali, Mauritanie, Madagascar, Niger, Guinée, Sénégal, Togo, Tchad, République Centrafricaine. Présentement, une formation tripartite ONEP – JICA est en cours sur la période 2012- 2014. Bénéficiaire aux pays d’Afriques francophone, ce programme se déroule sur 5 sessions de formation de 2 à 3 semaines chacune.

LA : Compte tenu de vos relations et concessions dans plusieurs pays africains au sud du Sahara, envisagez- vous de déployer ce type de formation sur ces territoires ? Si oui, quelles seraient les modalités pour de tels programmes de coopérations pédagogiques ?

A.M. : L’Onep, qui avait bénéficié de l’aide internationale en matière de formation, est devenu à son tour un acteur dans la formation dans les pays du Sud, notamment en Afrique et au Moyen Orient. Afin de consolider ce rôle, l’Office a tout le temps eu le souci de développer son système de formation et à fournir un espace propice pour le partage et l’échange d’expérience. C’est ainsi qu’en 2008, l’Onep a érigé son centre de formation en un Institut International de l’Eau et de l’Assainissement avec de nouvelles missions. D’abord, il s’agissait de contribuer à la réalisation des objectifs stratégiques de l’Onep en répondant à ses besoins en matière de formation, ensuite ouvrir l’Institut sur son environnement national et international afin de répondre à la demande de formation des tiers nationaux et internationaux et d’en faire un centre de référence dans la région en matière de recherche et de formation dans les métiers de l’eau. A valeur d’aujourd’hui, plusieurs partenariats ont été entrepris avec les bailleurs de fonds et les organismes de coopération afin de promouvoir les compétences dans le secteur de l’eau et de l’assainissement à l’échelle nationale et régionale. Il s’agit notamment de la JICA, la BID, la BADEA, la CTB, la Coopération espagnole.

Propos recueillis par Daouda MBaye
 
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