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Tunisie : la filière textile dans la tourmente Version imprimable
17-06-2009

Les exportations tunisiennes du textile-habillement enregistrent, pour la première fois depuis les années 70, une baisse à deux chiffres.

Par Walid Kéfi, Tunis

 

Les feux passent au orange dans la filière textile tunisienne. Au cours des cinq premiers mois de 2009, les exportations textiles du pays ont chuté de 16% par rapport à la même période de 2008, selon un bilan établi par le Centre technique tunisien du textile (CETTEX) dévoilé en marge de la 10e édition du Salon euro-méditerranéen du textile-habillement, tenu du 10 au 12 juin à Tunis. « C’est la première fois qu’on enregistre une chute à deux chiffres depuis le lancement d’une industrie textile tournée vers l’export au début des années 70 », s’inquiète Khaled Touibi, directeur général du textile et de l’habillement au Ministère de l’industrie, de l’énergie et des PME.

 

Amenuisement des avantages compétitifs

Depuis le début de l’année en cours, des concurrents de la Tunisie ont réussi à tirer leur épingle du jeu. C’est le cas de la Chine, qui a vu ses exportations vers l’Union européenne progresser de plus de 28% durant le premier trimestre, ou encore du Bangladesh (+10%) et du Maroc, dont le ministre de l’Economie et des Finances, Slaheddine Mezouar, a annoncé récemment une hausse de 41% des exportations en avril.

Selon les professionnels, la filière textile tunisienne, qui a enregistré la fermeture de plusieurs dizaines d’usines et la perte d’environ 2000 emplois, a pâti essentiellement de sa forte dépendance vis-à-vis des donneurs d’ordre européens. « Avec la crise, la Tunisie a vu ses principaux avantages compétitifs s’amenuiser. Les donneurs d’ordre européens ont relégué la proximité, la qualité et la réactivité, où nous sommes des champions incontestés, au second plan pour s’approvisionner auprès des pays les moins chers », explique Mourad Bacha, directeur commercial de la société VTL, qui travaille pour le compte de plusieurs marques européennes de prêt-à-porter. Et de renchérir : « Seuls les rares industriels qui ont réussi leur transition vers la co-traitance et le produit fini ont tiré les marrons du feu. »

 

Vers la conquête de nouveaux marchés

Pour limiter la casse, la Tunisie entend, en premier lieu, diversifier ses marchés. « L’intérêt se portera notamment sur la conquête de l’Europe de l’Est et du Nord, des pays scandinaves et de l’Afrique subsaharienne », précise Chokri Mamoghli, secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur. Les industriels tunisiens tenteront, par ailleurs, de donner un coup d’accélérateur au passage amorcé en 2008 du statut de « sous-traitants anonymes » à la co-traitance et au produit fini.

Un plan d’action triennal, adopté fin 2008, table sur la spécialisation de plusieurs centaines d’entreprises dans la co-traitance à partir de fin 2009 et de quelques dizaines d’autres unités, parmi les plus performantes, dans la production d’articles finis de marque locale dans le cadre d’un « programme pilote » à partir de 2010. Cette transition passera, en amont, par l’intégration des nouvelles technologies et la mise à niveau de l’outil de production. Des subventions étatiques et des crédits bancaires à des conditions souples devraient favoriser l’adhésion de 350 entreprises au programme national de mise à niveau, financé par l’Union européenne, et de 750 autres unités à un programme d’investissements technologiques prioritaires (ITP) d’ici 2010, selon le CETTEX.

En attendant ce repositionnement stratégique, les autorités viennent de décider de prolonger de six mois un plan de soutien aux entreprises affectées par la crise adopté en janvier dernier. Ce programme prévoit notamment des aides financières et une prise en charge par l’Etat de 50% du coût des contrats d’assurance des exportations.

 
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