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Le chantier de l’autoroute relance les Chinois en Algérie Version imprimable
04-12-2007

La première vague d’immigration chinoise liée au bâtiment était retombée en 2005-2006.

Par Ihsane El Kadi, Alger.

Le Centre d’affaires de Zhong Bei était mal vu des islamistes.
Le Centre d’affaires de Zhong Bei était mal vu des islamistes.

Le gigantesque chantier de l’autoroute est-ouest a relancé l’immigration temporaire chinoise vers l’Algérie. Sur les 950 km en cours de réalisation, 550 km du lot centre et du lot ouest reviennent au groupement chinois CITIC-CRCC. Le contrat ne contraint pas le maître d’œuvre à utiliser la main d’œuvre locale. Des camps de base peuplés de travailleurs chinois sont apparus depuis le lancement des travaux au printemps dernier tout au long du tracé ouest. « C’est une organisation impressionnante. Ils ont ouvert plus de 100 km de piste de chantier en trois mois », raconte un technicien du bâtiment de la wilaya (département) de Sidi Bel Abbes, traversée par 48 km de cet ouvrage prévu à la livraison pour juillet 2009.

Pas de Chinatown Les contrats de réalisation dans le bâtiment, enlevés en rafale par les entreprises chinoises au début des années 2000, avaient marqué une première vague d’arrivée de travailleurs chinois dans un pays tout ébahi d’être ainsi visité, à la sortie de son huit clos de violence. La diaspora chinoise en Algérie était estimée à 22 000 personnes au début de 2004. Les travailleurs chinois sous contrat se mélangent peu à la population locale. Certains ont choisi cependant de ramener leur épouse de Chine et de vendre des produits apportés du pays. Des boutiques chinoises ont fleuri dans un quartier commercial d’Alger centre, mais le Chinatown trop vite annoncé ne s’est pas développé. A cause, sans doute, des déboires de certaines entreprises chinoises indélicates. L’une d’entre elles, à Tiaret, dans l’ouest du pays, a « oublié » durant plusieurs mois de verser le salaire de ses ouvriers, provoquant, fait sensationnel, une manifestation de centaines de travailleurs chinois bloquant la route. A l’automne 2005, le chef du gouvernement, M Ahmed Ouyahia, a déclaré « nous ne ferons plus appel aux entreprises chinoises dans le bâtiment ». Les entreprises privées algériennes et les particuliers, eux, continueront à le faire pour réaliser bureaux et villas dans des délais record.

A l’automne 2005, le chef du gouvernement, M. Ahmed Ouyahia, a déclaré « nous ne ferons plus appel aux entreprises chinoises dans le bâtiment. »

Lieu de débauche 2006 aura été une année de transition. Une source proche de l’agence nationale des autoroutes (ANA), maître d’ouvrage, estime à 4000 le nombre de travailleurs en action sur le chantier de l’autoroute. Les trois-quarts seraient Chinois. Toutefois, la fixation d’une partie de l’immigration temporaire chinoise en Algérie tarde à se développer. La mésaventure de Li Rongmin aide à mieux comprendre pourquoi. Ce natif de Pékin de 49 ans est venu s’installer en Algérie dès 2002 pour y écouler toutes sortes de biens, notamment des meubles qu’il fait fabriquer en Chine. En 2004, il achète un bail de terrain dans une banlieue de la capitale et construit dessus un centre d’affaires. Sa cible, les centaines d’hommes d’affaires chinois principalement, mais aussi asiatiques et étrangers qui visitent annuellement Alger et qui disposent ainsi d’un forum de rencontre avec bureaux, restaurant et sauna. Le centre démarre à peine que des islamistes du quartier organise une cabale contre ce qu’ils qualifient de « lieu de débauche ». Cela fait une année que « Zhong Bei », c’est le nom du centre, est fermé. « Les chinois reviennent en force, mais ils repartiront à la fin des chantiers », parie Mahmoud, un collaborateur de Li, désabusé par l’attitude de ses compatriotes.

 
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