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Mega Uranium Limited, des plus values avant même de commencer Version imprimable
Mega Uranium Limited est une société junior minière canadienne cotée au Toronto Stock Exchange . Sans avoir démarré la moindre activité minière, par la seule titrisation des gisements d’uranium acquis au Cameroun, elle déjà à émis, à ce jour, 214,1 millions de titres (actions), parmi lesquels plus de 187,8 millions sur les marchés boursiers canadiens. Elle est parvenue à se doter d’une capitalisation boursière estimée à plus de 187 millions de dollars canadiens, avec un cash flow estimé à environ 41 millions de dollars canadiens.

Pour exploiter les gisements d’uranium au Cameroun, Mega Uranium Limited a crée deux sociétés. La première, Nu Energy Uranium Corporation a été incorporée le 13 août 2007 dans le paradis fiscal des British Virgin Islands , cotée à la bourse de Toronto, puis rachetée par Mega Uranium Limited après émission de 28 240 313 de titres (actions) ordinaires, de stock options et de bons de souscription.

La seconde, Nu Energy Corporation Cameroun SA est une société de droit camerounais que Mega Uranium Limited contrôle à 92%. Cette société sert à Mega Uranium Limited comme cadre de discussion officiel avec les autorités camerounaises. Elle gère directement les titres des gisements de Mega Uranium Limited, mais elle n’a réalisé, à ce jour, aucun bénéfice au Cameroun, tandis que ses sœurs canadiennes, Nu Energy Corporation et Mega Uranium Limited, spéculent sur ses titres et réalisent des plus values consistantes.

 

Comment Mega Uranium Limited protège ses intérêts contre les lions indomptables du Cameroun ?

En anticipant sur la réaction des autorités camerounaises et des réserves que leur montage fiscal pourraient susciter au Cameroun, NU Energy Corporation a conclu un protocole d’entente avec la société Edlow Ressources Limited et la société Afrique nucléaire Carburant. Ces trois sociétés ont créé une joint venture, NEWCO, au sein duquel NU Energy Corporation détient 50% des actions, Edlow Resources Limited, 25%, et Afrique Nucléaire Carburant, 25%.

Selon le Mémorandum of Understanding de NEWCO, sans avoir consulté les autorités camerounaises, ni intégré la société Nu Energy Corporation Cameroun SA dans le deal, Mega Uranium Limited à conféré à la joint venture récemment créée une activité d’approvisionnement, d’achat, de transport et de commercialisation des produits uranifères qui seront produits au Cameroun, en intégrant des garanties internationales, peut-être pour se protéger contre toute revendication de l’Etat camerounais. D’autant plus que Nu Energy Corporation Cameroun SA a engagé la société Scowcroft Group Inc, basée à Washington DC, pour la fourniture des services consultatifs liés à la proposition d’affaires de la joint venture NEWCO au Cameroun. La société Scowcroft Group Inc est gérée directement par Brent Scowcroft, un lobbyiste, ex-conseiller de la National Security Advisor des Etats-Unis sous l’administration Bush.

 

Quels sont les actifs de Mega Uranium Limited ? Comment cette société et ses filiales créent-elles de la valeur actionnariale ?

Comme la plupart des juniors minières, Mega Uranium Limited aurait de nombreux « projets d’exploration gisements » à travers le vaste monde. Dans ce cas précis, on parle d’exploration d’uranium en Australie, au Canada, en Mongolie et en Amérique du Sud. Mais c’est seulement au Cameroun que cette junior minière possède quelque chose de vraiment tangible, à savoir des concessions sur 4654 km2.

 

Comment Mega Uranium Limited a pu se doter d’une capitalisation boursière de plus de 187 millions de dollars canadiens, sans activités minières effectives, ni au Cameroun, ni nulle part ailleurs ?

Comme les quatre autres juniors minières que nous avons étudiées dans nos précédentes chroniques, Geovic Inc, African Aura Resources, Hydromine Inc et Sundance Resources Limited, la culture de Mega Uranium Limited repose sur le modèle économique des Penny Stock Trading .

 

Qui dirige Mega Uranium Limited ?

En 2005, Mega Uranium Limited a confié sa présidence à Stewart Taylor, diplômé en géologie de l’Université de Glasgow (Ecosse), doté de 35 ans d’expérience dans l’exploration des gisements miniers en Australie, en Asie, en Afrique, en Europe et en Amérique. Peter McNally à rejoint Mega Uranium Limited en novembre 2006 et il occupe le poste de vice-président de cette société. Il a quinze ans d’expérience dans le développement opérationnel des mines d’uranium de l’Australie. C’est Marius Van Niekerk qui dirige la filiale de Mega Uranium Limited au Cameroun. Aucun Camerounais ne semble associé, de près ou de loin, à cette compagnie.

 

Conclusion

Les cinq juniors minières que nous avons présentées ne sont pas les seules à intervenir au Cameroun, mais elles représentent une très large part du secteur minier de ce pays.

Comme nous l’avons vu, ces sociétés présentent quasiment toutes les mêmes caractéristiques. 1) Les concessions qui leur sont accordées constituent la quasi-totalité de leurs actifs.

2) Elles n’ont pratiquement pas de capacités d’investissement par elles-mêmes.

3) Avant même de donner leur premier coup de pioche, leur priorité principale, et quelque fois unique, est de titriser leurs concessions sur une bourse peu regardante, afin de réaliser une forte plus-value.

4) Cette plus value n’est jamais réalisée par leur entité camerounaise, mais par une société généralement immatriculée dans un paradis fiscal. Elle échappe donc totalement au contrôle et au fisc camerounais.

 

 
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