| Crise financière: vers la nationalisation générale des banques ? |
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| 30-03-2009 | |
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Gouvernance A l’exception de HSBC, les grands établissements financiers de New-York et de Londres sont dans une situation critique. Seule la nationalisation permettrait de les sauver du dépôt de bilan pur et simple. Par Saïd Mekki, Paris
Les injections massives de fonds publics ne semblent pas affecter l’irrésistible descente aux enfers des principales banques anglo-saxonnes. Plus qu’à l’intervention directe des gouvernements, ces banques, techniquement en faillite, ne doivent leur survie qu’au soutien déterminant des Banques centrales. Ces dernières, en relevant les plafonds de réescompte, en élargissant la gamme des actifs éligibles au refinancement et en étendant la durée de leurs concours aux banques, jouent un rôle décisif dans la survie de banques dont la valeur des actifs a subi une chute verticale. L’Américaine Citigroup ou la Britannique Royal Bank of Scotland sont l’illustration exemplaire de la déconfiture d’institutions financières, considérées il y a peu, comme les plus performantes de la planète, qui ne peuvent continuer d’exister que sous le parapluie de l’Etat. Le Trésor fédéral va relever sa participation dans Citigroup, via l’échange d’actions préférentielles pour un montant de 25 milliards de dollars, permettant à l’Etat de détenir plus du tiers du capital de la banque, dont la capitalisation boursière a chuté de 41% au cours de la seule semaine écoulée. Ce nouvel engagement du Trésor, le troisième depuis l’automne dernier – 45 milliards de dollars d’aide, assortis d’une garantie de l’Etat à hauteur de 300 milliards de dollars d’actifs de Citigroup – traduit bien la spirale catastrophique dans laquelle de très nombreuses banques sont engagées.
Des évaluations des pertes difficiles En Angleterre, le Trésor britannique se dit prêt à injecter 21 milliards de livres supplémentaires au capital de Royal Bank of Scotland (RBS), tout en accordant une protection sur ses actifs à risque. Un plan équivalent pourrait être annoncé dans les prochains jours en faveur de Lloyds Banking, dont le résultat pour 2008, une perte de 11 milliards de livres, est à mettre en perspective avec le déficit de 28 milliards de livres enregistré par RBS. De fait, ces deux banques sont déjà virtuellement nationalisées, et face à des prévisions de pertes pour 2009, le phénomène risque d’être étendu à l’ensemble des systèmes bancaires américains et britanniques. Le recours spectaculaire, mais systématiquement dédramatisé – idéologie libérale oblige –, aux nationalisations est présenté par les autorités financières des deux pays comme l’inévitable réponse au risque de collapsus bancaire. Le financier George Soros a récemment évoqué « la désintégration du système financier mondial en état de survie assistée, dont la dégradation semble irrémédiable ». Plus que la transgression d’un dogme, ce qui préoccupe les experts chargés des sauvetages bancaires est l’incapacité avérée des banquiers à établir avec plus où moins de précisions la valeur réelle de leurs portefeuilles. La très difficile évaluation des pertes complique, bien entendu, la tâche de ceux qui ont pour mission de colmater les brèches d’un navire en perdition. Selon l’économiste Nouriel Roubini, la perte consolidée des banques internationales pourrait atteindre 3600 milliards de dollars. Cette estimation, qualifiée de pessimiste par des médias dont la mission semble être de calmer les inquiétudes croissantes, est indirectement corroborée par un rapport secret de la Commission européenne, cité par le quotidien britannique Daily Telegraph daté du 11 février, qui estime que le sauvetage des banques européennes devrait coûter plus de 16 300 milliards de livres.
Controverses sur les CDO Les difficultés à apprécier l’étendue des dommages sont particulièrement reflétées par les controverses sur un segment obligataire. En effet, de la fin 2005 à la mi-2007, environ 450 milliards de dollars de CDO (Collateralised Debt Obligations, titres garantis par des actifs) ont été émis. Selon une étude des banques JP Morgan-Chase et Wachowia, plus de 350 milliards de dollars de ces émissions sont en défaut de paiement. Le reste, soit environ 100 milliards de dollars, généralement les tranches seniors, notées triple A et considérées donc comme très sûres, ont été honorées avec une forte dépréciation. Les autres secteurs encore plus spéculatifs des opérations titrisées connaitront très probablement le même sort. Sur cette base, les appréhensions les plus sérieuses peuvent être nourries. Le financier George Soros a récemment évoqué « la désintégration du système financier mondial en état de survie assistée, dont la dégradation semble irrémédiable ». Les hypothèses, hier encore jugées peu sérieuses, de nationalisation intégrale des banques apparaissent aux yeux de nombreux experts comme l’unique et ultime recours, pour juguler une crise d’une ampleur et d’une complexité inégalée. A condition qu’elle ne soit pas décidée trop tardivement. (reprise de l'article du n°65 du 5 au 11 mars 2009) Voir Aussi :
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