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Embellie sur le marché du caoutchouc Version imprimable
13-02-2008

Matières premières : le marché international du caoutchouc connaît un nouveau printemps. Sous l’effet de la forte demande chinoise, les cours ne cessent de grimper à la grande joie des unités industrielles de transformation.

Par Louis S. Amédé, Abidjan

Culture de l’hévéa

Culture de l’hévéa.

Belle conjoncture que celle que connaît depuis quelques années la filière hévéa internationale. Les cours du précieux liquide blanc, ainsi que sa production, n’en finissent pas d’évoluer positivement. Si la production mondiale estimée à 9,526 millions de tonnes est nettement dominée par les pays d’Asie du Sud-Est, notamment la Malaisie, la Thaïlande et l’Indonésie, les experts du secteur s’accordent tous pour reconnaître que la marge de progression et de développement de cette culture reste en Afrique. Le continent ne produit pour le moment que 423 000 tonnes – soit environ 4,44% de la production mondiale – dont un peu moins de la moitié, autour de 200 000 tonnes, est fournie par la seule Côte d’Ivoire. Le pays est devenu au fil des années premier producteur africain – devant le Nigeria qui a longtemps tenu ce rang – et 7e producteur mondial de caoutchouc. Il profite bien de l’embellie marquée par des cours mondiaux qui ont franchi la barre symbolique des 1000 FCFA/kg. En 2006, le secteur « a engrangé une recette de 163 milliards de FCFA », déclare, satisfait, Fulgence Koffy, président de l’Apromac, l’Association des professionnels du caoutchouc naturel. Déjà haussière, la courbe de production du caoutchouc ne va pas cesser de croître de si tôt.

Etendre les surfaces En effet, dans la droite ligne des six précédents plans de développement de la culture de l’hévéa mis en œuvre par la Côte d’Ivoire depuis les années 70, l’Etat entend « porter la superficie cultivée de 120 000 ha actuellement à 300 000 ha, avec une production de 600 000 tonnes de caoutchouc sec à l’horizon 2020 ». Ce « 7e plan hévéa » n’est pas encore entré dans sa phase active de mise en œuvre que les différentes catégories de planteurs sont déjà à pied d’œuvre pour étendre leurs surfaces plantées. Mus, tous autant qu’ils sont, par le souci d’accroître considérablement leur production, afin, in fine, d’accroître leurs revenus. Les prix étant bons, les besoins étant, eux aussi, croissants, tout incite à la création de nouvelles plantations. Et la tendance est, pour les unités industrielles, à accompagner le processus de développement des plantations villageoises et privées. Une approche qui risque de connaître un réel progrès avec l’arrivée prochaine de deux géants asiatiques, Olam international Ltd et Wilmar international Ltd, dans le secteur aux côtés du groupe SIFCA.

« Cette unité de transformation d’un coût de12 milliards de FCFA produira annuellement 20 000 tonnes de coagulum et15 000 tonnes de caoutchouc sec, générant pour les propriétaires 10 milliards de FCFA à partager. »

Recherche de valeur ajoutée Longtemps considérée comme une simple culture de diversification, par rapport aux « spéculations reines » que demeurent encore le café et le cacao, la production ivoirienne de caoutchouc naturel connaît une montée en puissance. Elle gagne des zones jusque-là spécialisées dans la production du café et du cacao. Mais cette situation ne profite pas véritablement aux petits planteurs qui, en plus de devoir s’accommoder des « bas » prix – environ 60% moins chers que les cours internationaux – qui leur sont proposés par les manufacturiers, doivent subir des « décotes de l’ordre de 3% que ceux-ci appliquent systématiquement. » Pour le Ministère ivoirien de l’agriculture, le problème tient de ce que « les petits planteurs sont exclus de la chaîne de valeurs ». Et la solution réside dans « le dépassement de la vente du caoutchouc de fond de tasse pour aller vers la transformation, la recherche de valeurs ajoutées ». Les planteurs, unis au sein du Fonds interprofessionnel de solidarité hévéa (FISH), l’ont si bien compris qu’ils ont décidé de bâtir une usine pour traiter leur caoutchouc. « Cette unité de transformation d’un coût de 12 milliards de FCFA produira annuellement 20 000 tonnes de coagulum et 15 000 tonnes de caoutchouc sec, générant pour les propriétaires 10 milliards de FCFA à partager », se félicite Vincent Essoh Lohoues, président du conseil d’administration du FISH.
Le printemps sur le marché international du caoutchouc naturel fait naître un réel engouement pour l’hévéaculture. Planteurs, manufacturiers et l’Etat espèrent bien pouvoir surfer longtemps sur cette vague haute des cours mondiaux.

 
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