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Mali : la douloureuse privatisation de la CMDT Version imprimable
12-03-2008

Longtemps différée, la privatisation de la Compagnie malienne de développement des textiles est devenue inéluctable.

Par Robert Adandé, Dakar

C’est le Conseil des ministres du 4 octobre 2006 qui a donné le top pour sortir la CMDT du giron de l’Etat. Le but de cette décision était de limiter les risques financiers pour le budget de l’Etat, et d’améliorer, par la même occasion, la gestion et la rentabilité de la filière. Ceci tout en gardant 10% du capital. A travers cette dénationalisation, le gouvernement entrevoyait l’ultime porte de secours pour une redynamisation effective de la filière. Cette privation est à son dernier virage…
Jusqu’en 1999, la CMDT avait une vocation publique qui lui permettait de réaliser des travaux d’intérêt public. C’était la belle époque. La vente du coton malien sur le marché international permettait d’amortir toutes les charges de la filière, au point où 47% des recettes du pays provenaient de ce secteur. Seulement, depuis 2000, le coton malien, à l’instar des autres pays de la sous-région, a connu une descente aux enfers. Pour cause, la baisse constante du cours du dollar, la baisse du cours du coton sur le marché international, la subvention de certains pays occidentaux et européens à leurs producteurs de coton, et la surproduction de certains pays tels que la Chine et l’Inde, qui étaient les principaux acheteurs du coton africain. 22 milliards de FCFA, 33 millions d’euros, ont été puisés dans le Trésor public pour tonifier la CMDT, mais ce n’était qu’une goutte d’eau dans la mer. La filière était à terre, avec un déficit estimé à 90 millions d’euros. Une ardoise lourde à laquelle l’Etat malien ne pouvait plus faire face tout seul. Il s’imposait alors de profondes réformes, dont l’ouverture de la société au secteur privé, pour faire face à la situation.

Selon le schéma de privatisation prévu, la CMDT deviendrait un grand groupe divisé en filiales, à savoir : les succursales de Bougouni-Sikasso, Koutiala-San, Fana-OHVN, et Kita.

Précédents Les nombreux échecs des précédentes privatisations (Chemins de fer, Energie du Mali, Itema, Huicoma, etc.) continuent de hanter les producteurs maliens, qui manifestent leur désapprobation face à une privatisation dont ils redoutent l’issue. Selon le schéma de privatisation prévu, la CMDT deviendrait un grand groupe divisé en filiales, à savoir : les succursales de Bougouni-Sikasso, Koutiala-San, Fana-OHVN, et Kita.
La configuration probable de l’ex-géant cotonnier prévoit que la CMDT garderait les achats, le commercial et le contrôle de la gestion. Les fonds générés par les filiales serviront à acquitter les créanciers de l’ex-CMDT.

Danger Ce schéma, selon certains spécialistes de l’or blanc, présage une réelle catastrophe pour la filière cotonnière, car, tant sur
les plans technique qu’économique ou encore social, la mise à liquidation de la CMDT présente des risques importants. Licenciement du personnel, effondrement de la production, absence d’acquéreurs sérieux pour les filiales sont autant d’incidences qui découleraient de la privatisation de la filière coton. Ce qui pourrait porter une sérieuse entorse à l’économie malienne, le coton atteignant un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros et nourrissant un minimum de 4 millions de personnes.
Pour les Maliens, la privatisation ne doit pas être pour le gouvernement une échappatoire pour « brader » une entreprise ou société d’Etat. Même si la plupart d’entre eux conviennent qu’avec un passif d’environ 150 millions d’euros pour la CMDT, la résolution de la crise cotonnière pourrait relever de l’impossible.

 
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