Accès abonné :              

pub0c.jpg

Journal en ligne - []
VU DE PARISPaludisme Des perspectives positives malgré les résistances
PERSPECTIVESGenève, éternelle capitale du secret bancaire
ZOOML'Union africaine face aux défis de la bonne gouvernance
PIED DE LETTREQuel contrôle alimentaire ?
RELATIONS INTERNATIONALESObama Une grosse déception pour les palestiniens
DOSSIERCentrafrique Pourquoi Bozizé est tombé
Entreprises et MarchésMaroc HPS une croissance de 12,6%
Entreprises et MarchésMaroc-France Signature de 19 accords et protocoles d'accords
Entreprises et MarchésAbidjan Bruno Leclerc, nouveau patron de l'AfD
Entreprises et MarchésMaroc Festivités du Centenaire du port de Casablanca
Entreprises et MarchésMaroc Eaton passe à la vitesse supérieure en Afrique de l'ouest
Entreprises et MarchésMaroc DLM prochainement en Côte d'Ivoire et au Ghana
Entreprises et MarchésSénégal Le casse-tête chinois du régime Macky Sall
Banque - AssurancesQuelque 25 sociétés d'assurance passent le grand oral devant la CRCA
Banque - AssurancesImportant tournant dans la lutte contre les fonds-vautours
BoursesRapprochement entre les places financières de Paris et de Casablanca
Focus«L'industrialisation de l'Afrique est une nécessité»
FocusIls n'ont jamais voulu d'une Afrique industrialisée
Politique - EconomieGuinée Soutien du Fonds saoudien de développement au gouvernement
Politique - EconomieMaroc-France Deux nations, une seule vision
Politique - EconomieTanzanie Les élections ne font pas la démocratie
Politique - EconomieCameroun Les missions lugubres du Sénat camerounais
L\'Africain de la semaineKabirou Mbodje PDG de Cellular Systems International
Mali : la douloureuse privatisation de la CMDT Version imprimable

Longtemps différée, la privatisation de la Compagnie malienne de développement des textiles est devenue inéluctable.

Par Robert Adandé, Dakar

C’est le Conseil des ministres du 4 octobre 2006 qui a donné le top pour sortir la CMDT du giron de l’Etat. Le but de cette décision était de limiter les risques financiers pour le budget de l’Etat, et d’améliorer, par la même occasion, la gestion et la rentabilité de la filière. Ceci tout en gardant 10% du capital. A travers cette dénationalisation, le gouvernement entrevoyait l’ultime porte de secours pour une redynamisation effective de la filière. Cette privation est à son dernier virage…
Jusqu’en 1999, la CMDT avait une vocation publique qui lui permettait de réaliser des travaux d’intérêt public. C’était la belle époque. La vente du coton malien sur le marché international permettait d’amortir toutes les charges de la filière, au point où 47% des recettes du pays provenaient de ce secteur. Seulement, depuis 2000, le coton malien, à l’instar des autres pays de la sous-région, a connu une descente aux enfers. Pour cause, la baisse constante du cours du dollar, la baisse du cours du coton sur le marché international, la subvention de certains pays occidentaux et européens à leurs producteurs de coton, et la surproduction de certains pays tels que la Chine et l’Inde, qui étaient les principaux acheteurs du coton africain. 22 milliards de FCFA, 33 millions d’euros, ont été puisés dans le Trésor public pour tonifier la CMDT, mais ce n’était qu’une goutte d’eau dans la mer. La filière était à terre, avec un déficit estimé à 90 millions d’euros. Une ardoise lourde à laquelle l’Etat malien ne pouvait plus faire face tout seul. Il s’imposait alors de profondes réformes, dont l’ouverture de la société au secteur privé, pour faire face à la situation.

Selon le schéma de privatisation prévu, la CMDT deviendrait un grand groupe divisé en filiales, à savoir : les succursales de Bougouni-Sikasso, Koutiala-San, Fana-OHVN, et Kita.

Précédents Les nombreux échecs des précédentes privatisations (Chemins de fer, Energie du Mali, Itema, Huicoma, etc.) continuent de hanter les producteurs maliens, qui manifestent leur désapprobation face à une privatisation dont ils redoutent l’issue. Selon le schéma de privatisation prévu, la CMDT deviendrait un grand groupe divisé en filiales, à savoir : les succursales de Bougouni-Sikasso, Koutiala-San, Fana-OHVN, et Kita.
La configuration probable de l’ex-géant cotonnier prévoit que la CMDT garderait les achats, le commercial et le contrôle de la gestion. Les fonds générés par les filiales serviront à acquitter les créanciers de l’ex-CMDT.

Danger Ce schéma, selon certains spécialistes de l’or blanc, présage une réelle catastrophe pour la filière cotonnière, car, tant sur
les plans technique qu’économique ou encore social, la mise à liquidation de la CMDT présente des risques importants. Licenciement du personnel, effondrement de la production, absence d’acquéreurs sérieux pour les filiales sont autant d’incidences qui découleraient de la privatisation de la filière coton. Ce qui pourrait porter une sérieuse entorse à l’économie malienne, le coton atteignant un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros et nourrissant un minimum de 4 millions de personnes.
Pour les Maliens, la privatisation ne doit pas être pour le gouvernement une échappatoire pour « brader » une entreprise ou société d’Etat. Même si la plupart d’entre eux conviennent qu’avec un passif d’environ 150 millions d’euros pour la CMDT, la résolution de la crise cotonnière pourrait relever de l’impossible.

 
Suivant >