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Mali : l’Australienne Resolute Mining Limited rouvre la mine de Syama Version imprimable
19-05-2010

Les activités de la mine d’or de Syama (Sud du Mali) vont être relancées, avec l’espoir de produire près de « six tonnes d’or » par an et pour une durée initiale de sept ans, annoncent des sources du Ministère malien des mines.

Donnant le coup d’envoi de la reprise de la production, qui a mobilisé 150 millions de dollars en sept ans, le Chef de l’Etat malien, Amadou Toumani Touré, a estimé qu’avec la réouverture de la mine « les jeunes ont une opportunité » de trouver des emplois. Le président malien s’appuyait en cela sur les propos de Peter Sullivan, directeur général de la compagnie australienne Resolute Mining Limited, à l’origine de la reprise des activités de la mine de Syama, qui a promis de faire en sorte que « les bénéfices économiques reviennent au Mali à travers les taxes et l’emploi ».

Me Abdoulaye Wade s’est dit convaincu qu’il faut organiser rapidement une concertation internationale sur les mines, pour redéfinir les rapports entre les gouvernements et les sociétés minières.

Les activités à la mine de Syama avaient été suspendues en 2001, lorsque l’exploitant de l’époque, Randgold Resources, s’était retiré du projet en raison de l’effondrement des cours de l’or sur le marché international. Ces retraits de capitaux avaient le don de fragiliser une économie malienne, devenue en l’espace de quelques années largement dépendante de la « monoculture » de l’or.

 

La fièvre de l’or

Avec 60 tonnes d’or produites et 700 tonnes de réserves identifiées, le Mali est depuis quelques années un des grands producteurs d’or en Afrique, où il occupe le 3e rang, après l’Afrique du Sud et le Ghana. La production d’or au Mali a connu, ces cinq dernières années, une croissance de l’ordre de 350%. Le chiffre d’affaires annuel étant estimé à 30 milliards de francs CFA (environ 46 millions d’euros). En 1994, cette production dépassait à peine les sept tonnes. La fièvre de l’or s’est emparée du Mali depuis une dizaine d’années, avec la fin du régime militaire du général Moussa Traoré et l’ouverture de l’économie nationale aux capitaux étrangers. Les grandes firmes internationales ont alors investi le secteur et la part de l’Etat est désormais fixée à aux alentours de 20%. A l’heure actuelle, 36 à 40% des revenus générés par l’or restent dans le pays sous forme d’impôts, de taxes, de salaires ou de cotisations sociales.

 

Concertation internationale

En dehors du Mali, d’autres pays de la sous-région ouest-africaine, comme le Sénégal (avec la mine d’or de Sabodala), le Burkina ou la Côte d’Ivoire, ont connu durant la dernière décennie une remarquable explosion dans le domaine de l’exploitation minière. Toutefois, les pays à la base de ce boom connaissent tous d’énormes difficultés économiques et restent sous-développés, poussant des ONG et la société civile africaine à dénoncer une complicité entre les dirigeants africains et les responsables de ces sociétés minières. A l’occasion du tout dernier Salon international des mines (SIM Sénégal), organisé à Dakar, le chef de l’Etat sénégalais s’en était d’ailleurs ému. Me Abdoulaye Wade s’est dit convaincu qu’il faut organiser rapidement une concertation internationale sur les mines pour redéfinir les rapports entre les gouvernements et les sociétés minières, en instaurant ainsi un partenariat win-win (gagnant-gagnant) au bénéfice des populations riveraines des mines, souvent démunies. 

Mamadou Lamine Diatta, Dakar

 
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