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Maroc : sociétés de financement et banques provisionnent Version imprimable

Le coût du risque s’est apprécié en général au Maroc. Les sociétés de financement et, dans une moindre mesure, les banques, provisionnent. Détails.

Certaines branches du secteur financier voient le volume des créances en souffrance à des niveaux jusque-là jamais égalés. Nombre d’établissements bancaires, tout comme des sociétés de financement, sont en train de constituer des provisions conséquentes. On est alors en droit de se demander si le crédit n’est pas en train de subir la dégradation du risque, suite aux effets de facteurs restrictifs de liquidités, consécutifs au volume important du déficit de la balance commerciale et de l’évolution moins dynamique des investissements directs étrangers ?

Dans tous les cas, le corollaire a été un marché monétaire qui est demeuré en sous-liquidité, expliquant des taux d’intérêt en quasi-stabilité au premier semestre, en lien avec les interventions de Bank Al Maghrib (BAM – institut d’émission).

Au niveau des sociétés de financement, la possibilité de procéder, sous conditions, à la radiation des anciennes créances en souffrance est accueillie avec soulagement.

 

Des provisions massives

La dernière enquête de BAM sur l’endettement des ménages révélait, à juste titre, qu’entre 2008 et 2009 le taux de créances en souffrance a augmenté de 2 points, pour se situer à 16% pour ceux âgés entre 30 et 39 ans, mais qu’il a reculé pour les plus de 50 ans. Cependant, par rapport à la catégorie professionnelle, il a augmenté de 2 points (8%) pour les fonctionnaires, de 3 points pour les salariés (19%), et s’est maintenu pour les professions libérales (12%). Pourtant entre 2010 et le premier semestre de 2011, le niveau des créances en souffrance a évolué de manière différenciée.

Au niveau des banques, si des professionnels déclarent que le coût du risque reste maîtrisé, parce que relativement bas (autour de 1%), il ne faut pas perdre de vue que les volumes de créances en souffrance ont conduit les premières banques de la place à provisionner massivement. La Banque Populaire, qui présente un taux de créances en souffrance à 3,4%, l’un des meilleurs de la place, a constitué 800 millions DH de provisions pour risques généraux.

Pour faire face à un coût du risque élevé, la BMCE a constitué 500 millions DH de provisions, tandis qu’Attijariwafa Bank a constitué 325 millions de provisions. Certes, il y a eu une chute de 6% en 2009, avec 29,7 milliards de créances en souffrance, mais la maîtrise évoquée, due essentiellement aux facteurs conjugués de l’assainissement des comptes, de l’importance des opérations de recouvrement, du rajeunissement du stock de créances, suffira-t-il à alléger le coût du risque dans une conjoncture marquée par quelque incertitude ?

 

La radiation pour assainir les comptes

Au niveau des sociétés de financement, la possibilité de procéder, sous conditions, à la radiation des anciennes créances en souffrance est accueillie avec soulagement. Mustapha Melsa, directeur délégué de l’Association professionnelle des sociétés de financement (APSF), nous a indiqué que la Direction générale des impôts a en effet accédé à la requête des opérateurs au sujet de la radiation des créances en souffrance anciennes, dans une lettre de Zouhaïr Chorfi, directeur général des impôts, à Abdelkrim Bencherki, président de l’APSF, datée du 2 septembre 2011. Le directeur délégué de cette corporation a soutenu que cette situation des créances en souffrance ne pouvait perdurer éternellement.

Avec cette acceptation, les sociétés de financement pourront enfin engager un processus d’assainissement de leurs bilans, « les conduisant d’ailleurs à privilégier une recommandation de Bank Al Maghrib en la matière », a-t-il ajouté.

Actuellement, tout semble pourtant repartir de plus belle. Et les mesures d’approvisionnement de créances en souffrance semblent davantage orientées dans le sens d’une anticipation sur des risques futurs, avec des incertitudes sur les marchés.

D. MBaye

 
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